BIFFF 2013 : Ghost Graduation marque des points en compétition

Posté par kristofy, le 9 avril 2013

ghost graduationLa compétition internationale du BIFFF réunit 13 films que le jury va devoir départager.

Celui-ci est composé de personnalités éclectiques qui ont comme point commun de tous parler un peu français : le président en est le réalisateur Roland Joffé (multi-primé pour Mission, La cité de la joieLes amants du nouveau monde) et il est accompagné de l’actrice Marina Anna Eich, et des réalisateur Frédéric Fonteyne et Ian Softley.

A mi-parcours de ce 31e BIFFF, un des favoris du public est l’espagnol Ghost Graduation (Promoción fantasma). Il met en scène une école dont la réputation est entachée d’incidents en tout genre qui font réduire les effectifs. Un nouveau prof pourrait bien aider. Car lui voit des morts… et les fauteurs de troubles sont justement cinq élèves morts depuis longtemps et devenus des fantômes.

C’est une comédie très rythmée et très drôle qui mélange de manière subtile plusieurs histoires d’amour maladroites et touchantes, des cascades de répliques humoristiques, quelques gags spectaculaires, quelques situations potaches, des musiques irrésistibles... un vrai petit concentré de bonne humeur.

Le réalisateur Javier Ruiz Caldera et le scénariste Adolfo Valor (photo ci-dessous) se sont livrés aux questions des festivaliers avec la même bonne humeur communicative que celle de leur film. Le scénario a en fait d’abord été écrit pour le plaisir, sans aucun contrat ni engagement, et ce n’est qu’après avoir une version jugée bonne qu'a débuté la recherche d’un producteur.

Adolfo Valor (l’un des deux scénaristes) avait ghost graduation déjà vu et bien aimé le film Spanish movie (qui était déjà une parodie de films fantastiques) de Javier Ruiz Caldera, alors il a voulu qu’il dirige cette histoire.

Le réalisateur explique : " on avait peu de budget et on devait montrer cette relation spéciale qu’ont certains personnages avec les fantômes : on a d’abord tourné la scène avec l’acteur fantôme puis on l’a refait avec le personnage seul, au montage on a alterné les prises quand il est seul et quand il est avec, et ça fonctionne tout à fait sans aucun effets spéciaux. Le film est réussi parce qu’on joue le jeu de la comédie. Visuellement, il y a des éléments américains comme dans les vêtements par exemple, mais dans mon école c’était un peu comme ça déjà, je voulais faire comme un de ces films américains des années 80, j’ai été élevé avec ces films plus qu’avec mes parents."

Pour les rôles principaux des adultes de l’école ils ont choisis les acteurs qu’ils avaient en tête en commençant par Raúl Arévalo, vu auparavant dans Balada triste de trompeta de Alex de la Iglésia et à l’affiche dans Les amants passagers de Pedro Almodovar, Alexandra Jiménez, et aussi Carlos Aceres dont les premiers pas au cinéma (après de la télévision) ont déjà eu lieu dans le film précédent de Javier Ruiz Caldera et qui depuis est très demandé :  Carlos Aceres est lui aussi au générique de Balada triste de trompeta et des amants passagers, et aussi dans les films fantastiques Extraterrestre et Lobos de Arga (comédie avec des loups-garrous) déjà passés par le BIFFF. Pour les rôles des élèves fantômes de l’école il y a eu là un casting pour trouver les bonnes personnes, en particulier la fille qui chante.

Le scénariste est lui ravi de leur succès : "quand on fait une comédie comme celle-ci en Espagne on entend que certaines choses ne peuvent pas forcément fonctionner ailleurs. Le film est 100% espagnol avec certains éléments typiques du pays, et on a été surpris de la qualité des sous-titres qui font que certaines blagues ont encore mieux marché dans d’autres pays comme au festival de Toronto et ici à Bruxelles qu'en Espagne. Il se pourrait bien qu’il y ait un remake américain, les droits ont été achetés par Will Smith qui veut le produire."

Almodovar évoque sept projets

Posté par vincy, le 26 mars 2013

Lors d'un entretien au journal Le Monde, Pedro Almodovar évoque pas moins de sept projets en développement! Peu de chance que tous voient le jour. A raison d'un film tous les deux trois ans, le cinéaste fera sans doute des choix en cours d'écriture.

Passage en revue :
- l'adaptation des mémoires d'un communiste ayant participé à la guerre d'Espagne. Le réalisateur n'a jamais réalisé de film de guerre jusqu'à présent.
- un film à New York et tourné en anglais. Almodovar n'a jamais tourné hors d'Espagne.
- un film en panjabi ou en ourdou, sur le ghetto pakistanais de Barcelone.
- une suite très personnelle, très espagnoles et sans effets spéciaux de Blade Runner.
- un film à teneur écolo, sur les catastrophes maritimes.
- une sorte de remake de La Féline, de Jacques Tourneur.
- un Don Quichotte de la maternité.

Mais pour l'instant ce sont Les amants passagers, son nouveau film, qui sort en salles demain. Le film a attiré 450 000 spectateurs en trois semaines en Espagne.

Espagne : Almodovar remplit son avion malgré des critiques désastreuses

Posté par vincy, le 12 mars 2013

pedro almodovar et son casting de los amantes pasajerosA trois semaines de sa sortie française, Les amants passagers, le nouveau film d'Almodovar, a réussit, sans fanfare, son décollage au box office espagnol. Le film a séduit 250 000 spectateurs durant son premier week-end d'exploitation. Il sortait le 8 mars dans 295 salles espagnoles. Le monde fantastique d'Oz a fait un peu mieux, mais sans panache puisqu'il sortait dans deux fois plus de salles.

C'est le quatrième meilleur démarrage en Espagne de l'année et le deuxième pour un film espagnol, après le phénoménal Mama, qui a tenu la tête du box office durant trois semaines. Almodovar est loin de ce score mais c'est, en euros, son meilleur premier week-end, devant Volver. En nombre d'entrées, il est, cependant loin derrière son film de 2006 qui avait séduit 335 000 spectateurs lors de sa sortie. Et ce qui est certain, c'est que Les amants passagers ne battra pas le record de Femmes au bord de la crise de nerfs (3,3 millions de spectateurs) ou de ses plus grands succès. Mais il conjure le mauvais sort de ses deux derniers films, échecs en demi-teinte, Etreintes brisées et La piel que habito. Au final, Les amants passagers ne devrait cependant pas récolter beaucoup plus de recettes que ces deux films (environ 6 millions d'euros) ; ce qui signifie que le nombre de spectateurs pourraient même être inférieur en fin d'exploitation.

Le risque est d'autant plus grand que le film n'a pas été aidé par la critique. Le respectueux El Pais lui a même décerné une quasi bulle! Le quotidien ABC a quand même mis une étoile ! Film naïf, ridicule, certains parlent même d'un désastre... La provocation et le burlesque n'ont pas été au goût des médias institutionnels, lui reprochant d'avoir réalisé une comédie régressive.

Si le public français peut suivre, rien ne dit que Les amants passagers réussira à séduire les fans du cinéaste à l'étranger, où il cartonne habituellement. D'autant que le film n'a pas été diffusé dans un grand festival. Le réalisateur s'est sans doute amusé pour reconquérir un public espagnol préférant se divertir en ces temps de crise. Mais le rire est rarement exportable.

Les Goyas sacrent 10 fois Blancanieves et récompensent Intouchables

Posté par vincy, le 18 février 2013

10 Goyas pour le film en noir et blanc de Pablo Berger (photo). Blancanieves est le grand vainqueur de cette 27e soirée des Goyas espagnols avec le prix suprême du meilleur film. Il a également remporté le prix du scénario original, de la musique (Alfonso de Vilallonga), de la chanson ("No te puedo encontrar"), de la meilleure actrice (Maribel Verdu), de l'espoir féminin (Macarena Garcia), de l'image (Kiko de la Rica), de la direction artistique, des costumes, du maquillage.

The Impossible a réussit le tour de force de résister légèrement à cette razzia avec le prix du meilleur réalisateur (J.A. Bayona), du montage, du son, des effets spéciaux et de la production.

Autre gagnant, Las aventuras de Tadeo Jones, un film d'animation qui repart avec le prix du meilleur nouveau réalisateur, du scénario adapté et du film d'animation.

Il ne reste donc que quelques miettes aux autres : El muerto y ser Feliz est couronné pour son acteur (José Sacristan), Grupo 7 pour le second rôle masculin (Julian Villagran) et pour l'espoir masculin (Joaquin Nunez), Una pistola en cada mano pour le second rôle féminin (Candala Pena).

Dans les autres catégories, c'est évidemment la victoire d'Intouchables que l'on retient en tant que meilleur film européen, devançant ainsi De rouille et d'os, Dans la maison et Shame. "Nous sommes très émus. Recevoir ce prix constitue un grand honneur" a déclaré l'un des deux réalisateurs, Eric Tolédano. Intouchables avait fait son avant-première internationale au Festival de San Sebastian, en Espagne, en septembre 2011.

Juan de los muertos d'Alejandro Brugués, une comédie cubaine avec des zombies, primée aux Festival de Miami et Porto et présentée à Gerardmer l'an dernier, remporte le prix du meilleur film latino américain. Hijos de las nubes, la ultima colonia, produit par Javier Bardem, a gagné le prix du meilleur documentaire.

Côté courts métrages, Aquel no era yo (fiction), El vendedor de humo (animation) et A story for the Modlins (documentaires) ont été victorieux.

La soirée fut monopolisée par les discours politiques ou révoltés de la profession, en colère contre la hausse de la TVA sur les billets de cinéma, notamment, mais aussi sur la nécessité d'avoir un cinéma diversifié, entre petites et grosses productions. Ironiquement, on a ainsi pu voir parmi "les disparus de l'année", l'exploitant de salle de cinéma espagnol. Paradoxalement, l'industrie cinématographique espagnole n'a jamais gagné autant d'argent avec des revenus au box office s'élevant à 106 millions d'euros en 2012, et une part de marché de près de 18% pour les films nationaux. La soirée télévisée a aussi battu des records d'audience avec 4 millions de téléspectateurs!

Espagnolas à Paris : hommage à Maribel Verdú et avant-première de Blancanieves de Pablo Berger

Posté par MpM, le 14 décembre 2012

Cette année, l'excellent rendez-vous Espagnolas à Paris propose aux Franciliens férus de cinéma et d'Espagne de célébrer Noël avec une semaine d'avance. Le 17 décembre prochain, la grande salle du Majestic Passy accueillera en effet l'avant-première du film Blancanieves de Pablo Berger qui a reçu deux prix au Festival de San Sebastian (prix spécial du jury et meilleure interprétation féminine) et représente l'Espagne dans la course aux oscars.

Le film, qui est une adaptation libre du fameux conte de Grimm Blanche Neige (la troisième de l'année... mais qui promet de se distinguer pas mal des deux autres !), met en scène la grande comédienne Maribel Verdú dans le rôle de la méchante marâtre. A cette occasion, un hommage sera rendu à l'actrice en sa présence. Trop peu connue en France, Maribel Verdú est l'une des très grandes comédiennes espagnoles actuelles, qui a à son actif plus de soixante-dix films, dont Belle époque de Fernando Trueba (Oscar du meilleur film étranger en 1994), Y tú mamá también, d'Alfonso Cuarón, Tetro de Francis Ford Coppola, ou encore Le labyrinthe de Pan de Guillermo del Toro.

A l'issue de la projection, la chanteuse Silvia Pérez Cruz, qui interprète le thème principal du film, et le guitariste Mario Mas donneront un concert. Le coup d'envoi des agapes de fin d'année sera ensuite donné autour des désormais célèbres plats de jambon des soirées Espagnolas à Paris.

Autant dire qu'il n'y aura pas de place pour tout le monde ! Pour ce qui est du jambon, du récital et de la chance de rencontrer Maribel Verdú, on ne peut rien faire pour les malchanceux qui resteront à la porte. Mais pour ce qui est du film, il sera heureusement possible de le rattraper sur grand écran dès sa sortie française le 23 janvier prochain.

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Lundi 17 décembre 2012
Majestic Passy (18 rue de Passy - 75016 Paris)
Informations sur le site de la manifestation

Le gouvernement espagnol assassine son industrie cinématographique

Posté par vincy, le 4 octobre 2012

Le Festival de San Sebastian vient de s'achever. Les prix décernés à des films espagnols sont malheureusement l'arbre qui cache une forêt dévastée. Le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy continue de couper sauvagement dans un secteur culturel qu'il considère comme hostile à son parti.

Le secteur cinématographique n'est pas épargné alors que la fréquentation des salles de cinéma est en forte baisse. A la même époque, on comptait 4 films au dessus des 20 millions de $ au box office, 5 en 2010, 3 en 2011. Ils ne sont que 2 en 2012 : Intouchables (voir actualité du 10 septembre) et The Avengers. Pire, le plus gros succès espagnol est Tengo ganas de ti avec seulement 15,4 millions de $ (1,5 millions de spectateurs), deux fois moins que Torrente 4 (2,6 millions d'entrées) l'an dernier ou Agora en 2009 (3,5 millions d'entrées).

L’ICAA (Instituto de la Cinematografia y las Artes Audiovisuales) va perdre 30 % de sa dotation en 2013. Elle s’élevait en 2012 à 68,86 millions d'€. Le Fonds National de la Cinématographie, de son côté, passera de 49 M€ à 30 l’an prochain. L'Etat se désengage aussi des musées et des centres culturels espagnols à l'étranger.

Le secteur culturel contribue pourtant à 4% du PIB espagnol et fait vivre 600 000 personnes.

Ce carnage budgétaire annonce de mauvais jours pour l'une des productions cinématographiques européennes les plus vivantes. Et ce n'est pas la hausse de la TVA le 1er septembre dernier qui va l'aider. Malgré les groupes de pression et la mobilisation des artistes (La crise espagnole va faire mal au cinéma, qui se rebelle), la culture a perdu la bataille.

La TVA sur les produits culturels est passée de 7 à 21%, soit la taxe la plus élevée d'Europe pour le secteur. Autant dire que les salles se vident (-32% depuis 2004!) et le piratage explose. On s'attend à une chute de la fréquentation de plus de 28% d'ici la fin de l'année : une apocalypse. Une salle sur cinq pourrait fermer. 2 000 emplois sont en péril selon une étude du cabinet d'audit PricewaterhouseCoopers (PwC). Ainsi le propriétaire de la chaîne de cinémas Renoir, Enrique Gonzalez Macho, également président de l'Académie du cinéma espagnol, vient de baisser le rideau dans plusieurs villes comme Bilbao, Saragosse ou Barcelone. Il possédait 250 salles. Il ne lui en reste plus que 60.

Le gouvernement ne veut rien savoir et fait la sourde oreille. Pour lui, le cinéma n'est pas un produit culturel mais un divertissement. Ainsi les spectacles (théâtre, cinéma, concerts, opéra) voient leur TVA bondir tandis que les musées, bibliothèques et galeries d'art ont réussit à contenir la hausse de la TVA (de 8 à 10%). Le secrétaire d'Etat à la culture paraît fataliste et semble impuissant. Le gouvernement a bien prévu de favoriser le mécénat et les exonérations fiscales en guise de compensation mais aucune de ces aides n'a été votée.

Revanche politique sur la défaite en 2004 du parti actuellement au pouvoir comme l'estime la profession? Il y a 8 ans, les professionnels avaient en effet mis tout leur poids médiatique dans la balance pour s'opposer à l'engagement du pays dans la guerre en Irak. La gauche était passée.

Les conséquences de cette politique de la terre brûlée sont simples : moins de films espagnols produits (environ 200 par an), moins de salles de cinémas, moins de spectateurs. La part de marché des films étrangers va exploser. Les cinéastes espagnols les plus connus iront tourner à l'étranger. L'Espagne tire un trait sur l'exportation de sa culture, instrument diplomatique et économique essentiel pour le monde hispanophone dans un contexte où le Japon, la Corée du sud, la Chine ont décidé d'en faire leur vitrine.

En pleine incertitude sur ses futurs moyens, l'industrie cinématographique a déjà anticipé l'onde de choc. La production de films a baissé de 40% au premier semestre 2012! C'est la pire crise depuis l'arrivée de la démocratie dans le pays dans les années 70.

A cela il faut ajouter la faillite des studios de la Ciudad de la Luz à Valence. Créés il y a 5 ans (avec le tournage d'Astérix aux Jeux Olympiques), ils n'ont pas pu rivaliser avec les innombrables studios qui sortent de terre chaque année et les coûts de productions en Europe centrale ou au Maroc. Valence n'a même plus de festival de cinéma (voir également La crise touche les festivals de cinéma en Espagne, excepté San Sebastian).

Un gâchis global et gigantesque pour l'un des cinémas les plus passionnants et les plus diversifiés dans le monde. En 2011, déjà, pour la première fois depuis 1995, le cap des 100 millions d'entrées n'avait pas été franchis. L'âge d'or serait-il à son crépuscule?

La crise touche les festivals de cinéma en Espagne, excepté San Sebastian

Posté par vincy, le 22 septembre 2012

Jeudi soir, le Festival de Saint-Sébastien s'est ouvert dans un contexte particulier. La TVA sur les billets de cinéma est désormais de 21% en Espagne. Les régions, l'Etat et les banques espagnoles sont en faillite. La fréquentation des cinémas est en chute libre depuis trois ans. Autant dire que le plus grand festival cinématographique de la péninisule ibérique n'avait pas forcément le sourire.

Et pourtant.

Le Festival de Saint-Sébastien échappe à la rigueur. Avec un budget confortable de 7,4 millions d'€, il n'a pas subit de coupes budgétaires pour son 60e anniversaire. "Si malgré la crise Saint-Sébastien veut continuer à être l'un des grands festivals, derrière Venise et Berlin qui ont plus du double de notre budget, il doit augmenter ses moyens" explique le directeur du Festival, José Luis Rebordinos. Il s'offre même un forum de coproduction Europe-Amérique Latine en guise de nouveautés. Et même une bonne dose de glamour avec plusieurs vedettes invitées. Seul bémol à la fête : mercredi 26 septembre, une grève générale contre les réformes d'austérité devraient paralyser la manifestation. Presque tous les actes du festival, excepté les projections des films en compétition, seront suspendus ce jour-là.

Tout le monde n'a pas cette chance en Espagne. le Festival international de cinéma de Gijon, qui fête sa 50e édition en novembre, est dans la tourmente. Pedro Almodovar, Atom Egoyan, Todd Solondz, Monte Hellman, Hal Hartley, Victor Erice, Abel Ferrara, Fernando Trueba, Geraldine Chaplin, Harmony Korine, Carlos Reygadas, Lucia Puenzo font partie de 375 personnalités qui avaient annoncé leur intention de boycotter le Festival si Jose Luis Cienfuegos n'était pas réinstallé à son poste de directeur. Cienfuegos, en poste depuis 1995, a été viré en janvier dernier, la mairie (extrême-droite), principal pourvoyeur de fonds du Festival, transformé durant son mandat en grand rendez-vous national et international.

Depuis Gijon a un nouveau directeur. Et Cienfuengos a rejoint, en mai, la direction du Festival du film européen de Séville, qui a subit d'importantes coupes budgétaires ces dernières années (pour atteindre un petit million d'euros). Le Festival se déroulera du 2 au 10 novembre, juste avant celui de Gijon. Il aborde cette 9e édition en position de combat face à l'adversité de la situation économique.

Dustin Hoffman, Ewan McGregor, Tommy Lee Jones, Oliver Stone et John Travolta honorés à San Sebastian

Posté par vincy, le 15 septembre 2012

Pour son 60e anniversaire, et ce malgré la crise économique qui frappe durement l'Espagne, le Festival international de cinéma de Saint-Sébastien (21-29 septembre), l'événement cinématographique le plus important du monde hispanique, remettra une flopée de prix honorifiques.

Dustin Hoffman recevra le prix spécial du 60e anniversaire du festival pour "sa carrière brillante". Deux Oscars, une carrière de réalisateur qui débute cette année avec Quartet (en clôture de l'événement) et quelques uns des rôles les plus marquants du cinéma depuis sa performance dans Le Lauréat en 1967 justifient amplement cet honneur.

Oliver Stone recevra également ce prix spécial anniversaire. Son film Savages y fera son avant-première internationale.

Ils ne seront pas les seuls à recevoir un prix d'honneur pour l'ensemble de leur carrière.

Ainsi John Travolta, Ewan Mc Gregor et Tommy Lee Jones seront récompensés par des Prix Donostia pour leur apport au 7e art.

Ils succèdent, entre autres, à une longue liste de stars occidentales.
Côté nord-américains : Glenn Close (2011), Julia Roberts (2010), Meryl Streep (2008), Richard Gere (2007), Matt Dillon (2006), Willem Dafoe et Ben Gazzara (2005), Annette Bening, Jeff Bridges et Woody Allen (2004), Robert Duvall et Sean Penn (2003), Jessca Lange et Dennis Hopper (2002), Warren Beatty (2001), Robert De Niro (2000), Anjelica Huston (1999), John Malkovich (1998), Michael Douglas (1997), Al Pacino (1996), Lana Turner et Anthony Quinn (1995), Susan Sarandon (1994), Robert Mitchum (1993), Lauren Bacall (1992), Anthony Perkins (1991), Bette Davis (1989), Glenn Ford (1987), Gregory Peck (1986).
Côté européens : Ian McKellen (2009), Antonio Banderas (2008), Liv Ullmann (2007), Max von Sydow (2006), Isabelle Huppert (2003), Bob Hoskins (2002), Julie Andrews et Francisco Rabal (2001), Michael Caine (2000), Fernando Fernan Gomez et Vanessa Redgrave (1999), Jeanne Moreau et Anthony Hopkins (1998), Jeremy Irons (1997), Catherine Deneuve (1994), Claudette Colbert (1990, naturalisée américaine), Vittorio Gassman (1988).

Les derniers films de Fernando Trueba, Costa-Gavras, Laurent Cantet, Bahman Ghobadi, Lasse Hallström, Sergio Castellitto seront en compétition. Argo de Ben Affleck sera présenté hors-compétition. Voir le programme intégral.

Intouchables, film français le plus vu dans le monde depuis 1994…

Posté par vincy, le 10 septembre 2012


Le fabuleux destin d'Amélie Poulain a été détrôné par Intouchables, qui détient désormais le record historique du film français le plus vu à l'étranger. Selon Unifrance, le film d'Olivier Nakache et Eric Toledano a été vu par 23,1 millions de spectateurs dans le monde.

Record qu'il faut atténuer. En effet, contacté par Ecran Noir, l'organisme Unifrance précise qu'il "collecte les résultats en salles de films français depuis 1994. Toutefois un grand nombre de résultats relatifs à des titres sortis à la fin des années 1980 et au début des années 1990 a été récupéré."

Ainsi La Cage aux folles, plus gros succès en fréquentation aux Etats-Unis et d'autres films populaires comme ceux avec Belmondo, Delon, Pierre Richard ne peuvent être pris en compte. Matthieu Thibaudault, responsable des données économiques, convient qu'Unifrance est "dans l'incapacité de comparer les résultats de ce film avec les vieux De Funès à l'échelle mondiale tout comme Emmanuelle par exemple qui rassembla des millions de spectateurs étrangers en salles."

Cela n'enlève rien au "fabuleux" destin d'Intouchables. D'autant que le parcours n'est pas fini : le film doit encore sortir dans des marchés majeurs comme le Royaume Uni (21 septembre), l'Australie (25 octobre) ou la Scandinavie (novembre). Il vient de sortir au Japon. Au Mexique, le film a déjà séduit 55 000 spectateurs durant sa première semaine. En Argentine, le film a attiré plus de 90 000 cinéphiles en deux semaines. Aux Etats-Unis, le film continue d'engranger des entrées et s'approche du million. Au total le film a récolté 190 millions de $ de recettes dans le monde (bien plus que ses recettes françaises estimées à 166  millions de $).

Dans certains pays il a cartonné : en Allemagne, avec 8,6 millions de spectateurs, il est le film le plus vu de l'année ; en Espagne (2,5 millions de spectateurs), il est également le film le plus populaire toutes nationalités confondues ; en Italie (2,47 millions de spectateurs), il se situe à la 4e place annuelle ; en Corée du sud ((1,7 million de spectateurs), le film se classe 20e (et premier qui ne soit ni coréen ni américain). Intouchables est aussi le film français le plus vu aux Pays-Bas et en Autriche. Enfin, au Québec, la comédie a rapporté 2,8 millions de CAN$.

La crise espagnole va faire mal au cinéma, qui se rebelle

Posté par vincy, le 24 juillet 2012

Déjà en 2011, ça n'allait pas très fort. Le marché cinématographique espagnol encaissait une baisse de 4,9% de ses recettes totales et de 5,9% de sa fréquentation. Dans le sixième marché européen, les salles n'en finissent plus de se vider (-12% depuis le début de l'année). Déjà en 2010, la chute de la fréquentation avait été alarmante (-7,6%). Désormais 96 millions d'espagnols ont été enregistrés à une caisse de cinéma. C'est 47 millions de moins qu'en 2004! Aucun film depuis 2010 n'a dépassé les 25 millions d'euros de recettes. Seule lueur dans ce marasme, la part de marché des films nationaux progressait de 12,7 à 15% entre 2010 et 2011.

Les nouvelles mesures du gouvernement, présentées il y a dix jours, ne vont pas arranger les choses. Afin de réduire les déficits et d'augmenter les recettes, le premier ministre Mariano Rajoy a décidé de faire passer la TVA sur la place de cinéma de 8 à 21%! Ce serait le taux le plus important en Europe pour un billet de cinéma. Les billets de théâtres et de concerts et ceux des musées sont également concernés. Mais les livres (sauf s'ils sont numériques à cause d'une aberration règlementaire européenne) restent taxés à 4%. Le gouvernement affirme qu'il n'a pas le choix pour satisfaire les exigences des marchés, de la Commission européenne et du FMI.

Les lobbies s'organisent pour lutter contre cette hausse. A l'origine, les salles de cinéma voulaient se mettre en grève en guise de protestation. Finalement, ils maintiennent la menace si la TVA à 21% est actée après le vote du parlement. Des discussions institutionnelles sont en cours. Parmi les arguments, ils expliquent que les espagnols préféreront télécharger illégalement des films plutôt que de payer un ticket devenu trop cher (6,6€ en moyenne en 2011). L'autre conséquence, toute aussi importante, est que ces mesures freineraient la production de films en Espagne, notamment à cause d'un fléchissement des investissements venus des télévisions publiques. Une étude de l'Université de Navarre a calculé qu'une telle hausse de la TVA allait faire chuter la fréquentation des salles de 25%!

Depuis quelques jours, les artistes se mobilisent aussi, Pedro Almodovar (ici sur le tournage de son nouveau film), Marisa Paredes, Javier Bardem et Carlos Bardem en tête. Pour eux, la démocratie et la culture ne font qu'un. Un mouvement s'est créé sur Twitter (#porlacultura) et les réseaux sociaux pour contrer ce projet de loi de finances.

Almodovar est particulièrement engagé, pour ne pas dire remonté contre le gouvernement. "Nous vivons dans la pire période pour la culture depuis le retour de la démocratie. Nous vivons dans une situation dangereuse, non seulement pour notre cinéma, mais pour l'ensemble du pays parce que la démocratie est devenue imparfaite et affecte tous les secteurs. "

Almodóvar est convaincu que des mesures supplémentaires n'auront pas l'effet désiré. "Ces mesures sont inutiles et cruelles", dit-il. "Les plus faibles sont au bord de la misère." Pour lui, cela menace tout le système...

Certains évoquent déjà une apocalypse culturelle voyant les salles de cinéma, et les lieux culturels en général, disparaître à moyen terme.