Berlin 2016
18 films en compétition pour le jury de Meryl Streep. Le grand chelem des festivals est lancé pour la saison 2016, avec, au programme Denis Côté, Jeff Nichols, André Téchiné et Mia Hansen-Love.


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Parcours de l'exposition

"Dans l'univers d'Hitchcock, la douche est un lieu mortel, les corneilles tuent et les moulin à vent tournent dans le sens contraire du vent.
L'exposition offre un spectacle qui conjugue cinéma , art visuel, musique, mise en scène et photographie pour faire vivre plus d'un siècle d'images.
" (in Dossier de presse)

-Fétichisme : un objet par films (le soutien gorge de Psycho, le verre d elait de Suspicion, le trousseau de clefs de Notorious), soutenu par les musique d'Herrmann.

-Apparitions : les caméos du cinéaste dans chacun des films, 32 extraits où la silhouette, le visage, l'ombre du maître plane sur la scène.

-Sir A.H. : illustration de la célébrité du cinéaste (photos, publications, objets promotionnels, honneurs) et de sa vie familiale.

-Origines : inspiration par le romantisme et le symbolisme, de l'Angleterre Victorienne à Edgar Allan Poe. On entre dans l'univers de Rebecca.

-Spectacles : Les 39 marches, L'homme qui en savait tropŠ tous les spectacles vivants ont eu leur place dans les films d'Hitchcock : cirque, concert, magicien, salle de cinéma.

-Les thèmes : la femme, le désir et le double, les lieux d'inquiétude, terreurs, le monde du spectacle et le spectacle du monde; certains deviennent des salles à part entière, d'autres se mélangent à des thématiques plus larges.

-Le désir et le double : "On tue ce qu'on aime" disait le cinéaste en paraphrasant Wilde. Rien ne sépare l'amour de la mort (La mort aux trousses, le crime était presque parfait, Topaz).

-Idoles : la femme hitchockienne, c'est une blonde glaciale qui devient ardente. Grace Kelly entrant dans une pièce et embrassant James Stewart dans Fenêtre sur cour. Enigmatique.

-Inquiétudes : ce sont des maisons pleines d'ombres, des forêts noires, une architecture monumentaleŠ l'imagerie d'un romantisme noir, d'un symbolisme idéologique.

-Onirisme : le plus fragrant exemple est La Maison du Dr Edwards, mélange de Freud et de Dali. Toute cette partie est consacrée à un rêve, la collaboration entre Dali et le réalisateur.

-Terreurs : le décor évoque une chambre de Motel. Un poste de TV d'époque passe en boucle la scène du meurtre sous la douche. Psychose à l'étage.

-Formes, rythmes, figures : Hitchcock inventa la peur. Mais il y avait aussi l'Artiste (dixit Godard) qui intégra la géométrie, le labyrinthe et l'architecture dans sa perfection visuelle.

-Birds : les Oiseaux hantent le fantastique, le surréalisme, et concluent l'exposition.



Présentation





"Pour la première fois, les réalisations d'un cinéaste, et plus d'un siècle de création artistique, sont placés au même niveau. Une lecture renouvelée du cinéma et des autres arts visuels est ainsi proposée au visiteur, qui établira lui-même les liens entre ces rencontres, ces juxtapositions, ces coïncidences, tout au long d'un parcours qui se veut spectacle et divertissement, tout autant que découverte et réflexion."
(in Dossier de presse)

200 oeuvres d'art du XIXème siècle à nos jours. 300 photos de tournage, affiches, storyboards
40 extraits de films.
Et 3 points de vue : franck muller replica watches
- savant et documentaire, contribution à une connaissance de l'oeuvre filmée.
- spectaculaire et onirique, retransposant des décors, des atmosphères, des obsessions.
- Interprétatif, montrant les influences, les inspirations, les héritages.

"En fait, Hitchcock est ici moins exposé que rêvé. Nous nous sommes laissés aller à la méthode de Robert Bresson, qui recommande dans ses Notes sur le cinématographe : "Rapprocher les choses qui n'ont encore jamais été rapprochées et ne semblaient pas être prédisposées de l'être." Nous nous sommes confiés aux intuitives constellations d'images qui s'imposaient à nous en revoyant ces films."
(Dominique Païni, commissaire de l'exposition)

Plus de 20 ans après la mort du cinéaste reconnu comme le plus grand maître du cinéma par les Américains (pas moins d'une dizaine de ses oeuvres composent le Top 100 de l'American Film Institute), on a imaginé des liens entre l'époque, l'art et la création cinématographique. Celui qui fait l'unanimité auprès des cinéastes, des critiques et du grand public a réussi la "parfaite formule artistique".
"Cette exposition se voudrait préfiguration du Musée du Cinéma dont Henri Langlois construisit les premières cimaises." (Dominique Païni, commissaire de l'exposition)
Henri Langlois, le père de la cinémathèque, est celui qui a remis la Légion d'Honneur à Sir Alfred Hitchcock.

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Avis après visite

On ne peut qu'approuver l'initiative du Centre Pompidou de reprendre l'exposition du MBAM tentant un lien entre Hitchcock et son époque. L'art moderne ne s'arrêt pas aux tableaux et le cinéma y a toute sa place. Dans la lignée de l'expo Pop, le Centre Pompidou semble vouloir séduire les masses avec des sujets grand public. Il est regrettable que l'exigence qui caractérise ce lieu ne soit pas au rendez-vous de ces grandes messes qui se transforment en parc d'attraction, en compilation des meilleurs moments, voire en grand magasin populaire où l'on trouve de tout pour remplir de l'espace.

Cependant, il y a un vrai plaisir à parcourir cette exposition si l'on aime le cinéma d'Hitchcock. On y découvre des objets familiers, on revoie des scènes cultes, on s'imprègne de l'ambiance d'un film.
Hélas, le mélange ne fonctionne pas. On ne sait pas où les commissaires de l'exposition ont voulu en venir. Quel est l'objectif réel de cette démonstration?
Est-ce un hommage à Hitchcock? Est-ce le lien entre le cinéma d'Hitchcock et les autres arts? Est-ce la preuve qu'Hitchcock fut visionnaire ou inspirateur?
Les trois confluent vers un océan tourmenté et vague qui laisse une impression d'insatisfaction en sortant de l'expo.
Quel rapport entre les ciseaux de Dial M for murder, les 32 photos où l'on voit Hitchcock dans son film, les affiches de ses films, les photos de tournage, des oeuvres de Hopper et Braque, ou encore Man Ray?
Le lien de cause à effet, de l'oeuvre d'art à la scène cinématographique, n'est pas avéré. C'est même souvent tiré par les cheveux. L'exposition est symptomatique de cette volonté de refléter l'air du temps, en exploitant la culture pop à travers notre époque. On recycle. Et souvent on interprète tellement subjectivement que cela diminue l'intérêt du sujet. Cela réduit même les oeuvres des uns et des autres.
Magritte, un favori de l'exposition, n'avait pas de propos cinématographique. De même, Hitchcock n'avait pas de propos pictural. Ce qui en ressort c'est bien qu'Hitchcock est un produit de son époque, de sa culture. Rien d'étonnant chez un cinéaste. Et de même, il a influencé le regard artistique qui lui a survécu.
Mais il est difficile d'analyser les influences artistiques d'une scène, en se basant simplement sur des oeuvres qui lui étaient contemporaines.

Parfois, c'est grossièrement mis en avant : quand on fait le rapport entre un magazine de mode (Harper's bazaar) et une robe de Grace Kelly, on est dans une lapalissade complète.
C'est de temps en temps subtil. Et surtout intéressant. La recherche des thématiques est à ce titre l'objet le plus fascinant de l'expo : le voyeurisme (Fenêtre sur cour) est largement supérieur aux autres même si on reconnaît que la Femme noyée, le Désir et le double, les Inquiétudes, les Monuments fascinent.
La mise en scène est brillante par moments, incohérente tout le temps. On navigue entre anachronismes, cocktails de thèmes,...
Il y a heureusement de belles salles : les objets dans ses films, les caméos, les storyboards originaux...
Il y aussi des gâchis : l'oubli du parallèle entre la chute de la Statue de la Liberté (Saboteur) et celle du Mont Rushmore (North by Northwest).
Il y a enfin des évidences comme Dali, un chouchou du Centre Pompidou.

Au final, on reprochera la confusion des genres, des points de vue. Le motif de l'exposition est totalement justifié, notamment, en effet, si cela sert de référence pour un futur Musée du cinéma.
Mais on assiste plus à un Best Of d'Hitchcock; les visiteurs s'intéressent plus aux produits dérivés ou aux objets en rapports directs avec les films plutôt qu'aux oeuvres d'art ayant censé inspiré le maître.
A trop vouloir expliquer le mystère, on tue la magie du cinéma. Cette exposition multimédia (musiques, films, tableaux, dessins, objets...) est une réussite dans sa forme. Elle est une frustration dans son fond. Peut-être qu'il s'agissait d'une mission impossible de disséquer l'inspiration artistique d'un maître du septième art et d'essayer d'en percevoir ses influences.
Les choix sont arbitraires et donc contestables.

Mais il reste au moins une chose : l'éloge d'une oeuvre d'art, cinématographique qui plus est, et donc la consécration d'un Artiste nommé Hitchcock. En cela, on sent déjà que le cinéma va devoir rentrer au Musée. En espérant qu'il reste un spectacle "vivant".