Berlin 2016
18 films en compétition pour le jury de Meryl Streep. Le grand chelem des festivals est lancé pour la saison 2016, avec, au programme Denis Côté, Jeff Nichols, André Téchiné et Mia Hansen-Love.


- Oscars 2018

- Césars 2018

- Oscars 2017

- Césars 2017








 (c) Ecran Noir 96 - 22






Toronto en chiffres

23ème édition.
16ème ouverture avec un film canadien. En 97 il s'agissait d'Egoyan, en 98, Girard.
311 films projetés (contre 281 en 97)
53 pays représentés (58 en 97)
25 667 minutes de films au total...
17 ans: âge du plus jeune cinéaste (Samira Makhmalbaf, Iran)
89 ans: âge du plus vieux cinéaste (Manuel de Oliveira, Portugal)
15 films dont le titre comprend le mot "Last" dont The Last Night en ouverture de Perpective Canada.
3 films comprenant le mot "first".
1er festival de Toronto où Ecran Noir est accrédité, après Cannes, Montréal, St Denis, Pantin, ... Et 1er Festival de Toronto où se déplace aussi Mr Unifrance, Daniel Toscan Du Plantier.

Conte d'automne aux 4 saisons

L'hôtel du festival est le prestigieux Four Seasons.
Complet durant les 10 jours, il a attiré plus de 6000 invités, dont un William Baldwyn croisé au 28è étage, et un peu ivre....
Quelques chiffres pour connaître les goûts de nos stars favorites....
Le plat le plus prisé en chambre: la Pêche Melba marmelade, avec des pêches d'Ontario, des framboises et de la vanille de Tahiti...1450 coupes vendues Le Martini le plus bu parmi les 20 recettes de cocktail: The Beverley , mix de Vodka, vermouth, avec un twist de citron et une olive. 316 verres ont été servis.
772 bouquets de fleurs , soit 10 000 fleurs venues du monde entier, ont décoré les chambres.
Et sinon 2000 limousines ont circulé durant les 10 jours du festival, 9000 valises déplacées (300 tonnes de bagages!), 20000 coups de téléphones et 4426 fax (dont un ECRAN NOIR), 100 cigares cubains, 36 000 tasses de café, 162 paniers de fruits, 256 bouteilles de champagne....
Les américains adorent les chiffres...mais reconnaissons le, l'impact économique d'un tel évènement est autant indéniable qu'impressionnant... On se croierait presque à Cannes...

Toronto e bella / Palmarès

- Metro Media Award (presse)
1e Happiness de Todd Solondz
2e La vita e bella de Roberto Benigni
3e Central Station de Walter Salles
- Prix de la critique (FIPRESCI)
West Beyrouth de Ziad Doueiri et Praise de John Curran
- Prix du public Air Canada
1e La vita e bella de Roberto Benigni
2e Waking ned Devine de Kirk Jones
3e Central Station de Walter Salles

- Meilleur court métrage - Prix John Spotton When ponds freeze over de Mary Lewis
- Meilleur premier film canadien - Prix CityTv : Last Night de Don McKellar
- Prix Ville de Toronto pour le meilleur film canadien : Nô de Robert Lepage

Benigni une fois de plus couvert de lauriers, publics et critiques. Le Grand Prix du jury de Cannes part ainsi favori pour 2 ou 3 nominations aux Oscars.
Central Station de Walter Salles, pour son premier grand festival depuis Berlin (Ours d'or) s'attire aussi les faveurs du public et de la presse nord américaine.
Et Happiness, primé à Sundance et à Cannes, récolte aussi les louanges à Toronto.
On notera l'absence du film évènenement d'ouverture , The Red Violin. En effet c'est le très québécois Robert Lepage qui a enlevé le prix du meilleur film canadien.
Nô, détesté au Québec, avait déjà reçu de bonnes critiques à l'étranger (Variety, Libération) et sur Ecran Noir. Ce portrait dérangeant mais véridique du Québec a donc aussi plu aux voisins ontariens.
Une belle bataille en perspective pour les Génies (Césars canadiens): Nô de Lepage, 2 secondes de Briand, Le coeur au poing de Biname et aussi Last Night et sûrement The Red Violin...de Girard.
Cette année, le cinéma canadien est made in Québec.



The Opposite of FFM





Les Stars. Les producteurs. L'argent. Les cinéastes. Toronto a tout ce que Montréal n'a plus.
Pourtant rien ne distinguait a priori les 2 estivals. Toronto partait même avec un handicap. Toronto est avant tout un marché. Tandis que Montréal est un Festival de compétition, au même titre que Cannes et Venise.
Les 2 sont ouverts au public. Ils offrent à peu près autant de films, et tous venus du mond eentier. Cette année Toronto honore le Japon alors que Montréal s'offrait la Corée du Sud. Les 2 ont une section Amérique Latine.
Enfin ils sont tous les deux nés à un an d'intervalle...
Aujourd'hui Toronto domine l'ensemble des Festivals d'Amérique du Nord. Certes le FFm est toujours de catégorie A. Mais Toronto est un des 5 rendez-vous obligé du cinéma qui inclus Cannes, Sundance, Venise et Berlin. Le FFM, quant à lui, meurt doucement...
Le plus simple résumé comparatif a été fait par ma conseour Odile Tremblay du Devoir. Morceaux choisi de son édito:
"Le FFM de Montréal possède un as de pique dans son jeu: il s'appuie sur un immense succès populaire. Le fidèle public répond présent chaque année et se met en file pour prendre d'assaut les salles. (...) N'empêche... En amont du festival, dans les coulisses en somme, le portrait paraît moins rose et vire en fait au gris.
Bien des chroniqueurs se sont alarmés cette année du manque d'effervescence, d'ambiance, qui régnait au Wyndham, le quartier général du FFM tenant du champagne sans bulles. Le FFM n'a jamais particulièrement suscité le sens de la fête, mais cette 22e édition brillait par sa morosité. Le marché, nerf de la guerre dans un rendez-vous cinématographique, paraissait déserté, les participants clairsemés.
Que le FFM s'avère trop souvent en panne de stars, passe encore, mais tout est lié. Les stars et les grands réalisateurs suivent l'industrie qui apporte films et visiteurs sur un plateau d'argent quand les acheteurs se pointent le nez dans l'arrière-cour. Or les acheteurs en question ont déserté Montréal au profit de Toronto. Les deux rendez-vous canadiens sont si rapprochés, leurs dates collées aussi sur celles de la Mostra de Venise.
Le milieu du cinéma doit faire des choix. Le marché de Toronto, pourtant informel, est devenu un monstre d'activité. Les majors américaines sont là-bas, les acheteurs et les vendeurs européens suivent derrière. Si Le Violon rouge de notre compatriote François Girard est projeté en première nord-américaine lors de la soirée d'ouverture du Festival de Toronto, c'est parce que l'industrie se trouve là-bas. (...)
Pourtant, Montréal est une ville plus agréable que Toronto, les cinémas plus rapprochés, le public si... bon public, et cinéphile en plus. (...) Que le milieu, distributeurs et acheteurs, n'inscrive plus de toute évidence le rendez-vous de Montréal sur la liste de ses priorités a des effets directs sur la qualité des oeuvres présentées. Cette année, la défection du distributeur Lions Gate, qui n'a pas mis ses films français au FFM, résonne comme un signal d'alarme. Ceux qui m'aiment prendront le train de Patrice Chéreau, Le Dîner de cons de Francis Weber, La Vie rêvée des anges d'Érick Zonca ou Lautrec de Roger Planchon nous sont passés sous le nez et iront à Toronto. (...)
Le Festival de Toronto peut pavoiser en comptant Tom Cruise, Meryl Streep, Sylvester Stallone, Holly Hunter, Helena Bonham Carter et Isabelle Huppert au nombre de ses invités; là encore, on se dit que Montréal peut se passer de ces gros noms. Mais quand des cinéastes comme Roberto Benigni et Nanni Moretti, qui ne se sont pas pointés au FFM, se proposent d'atterrir à Toronto - en autant que la grève d'Air Canada, cauchemar des deux rendez-vous, ne multiplie pas les défections -, ça fait mal.
Et quand des gens importants de l'industrie venus d'Europe nous disent qu'au rythme où la morosité s'institutionnalise ici, il n'y aura plus de FFM dans trois ans - ou sinon, dans quel état? -, le milieu s'affole, et il a raison.
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Quels lendemains???
Le Festival de Toronto est avant-tout une vitrine du cinéma canadien dans le monde. Avant même d'être un tremplin vers l'Amérique du nord pour l'Europe et l'Asie ou encore une rampe de lancement pour les films d'art et d'essai made in Hollywood...
Un an après le doublé The Sweet hereafter (Egoyan) - The Hanging garden (Fitzgerald), où en est le cinéma canadien? En 97, Egoyan et Fitzgerald avait tout raflé. Egoyan s'octroyant le luxe d,une reconnaissance inetrenationale jamais vue pour un cinéaste canadien: multiples prix à Cannes, nominations aux Oscars...
Pas étonnant donc que 98 mette l'accent sur les productions locales, avec des films aussi différents que 2 secondes de Manon Briand ou The Red viloin de François Girard. Cette dernière production est la plus chère de l'histoire du 7ème Art canadien, embauchant ainsi Greta Scacchi et Samuel L.Jackson, s'offrant un tour du monde, et une avant-première à Venise.
C'est aussi en 23 éditions, la 16ème fois qu'un film canadien s'arroge l'ouverture de ce Festival devenu l'un des 5 plus importants rendez-vous de l'industrie dans le monde. Une mise en valeur unique pour un film canadien...Car l'idée est de vendre les productions "made in erable" aux distributeurs internationaux. You can thank me later a trouvé ainsi acquéreur avec Sony Classics.
Le cinéma canadien connaît sans doute sa plus belle décennie grâce à des auteurs et réalisateurs brillants, imaginatifs, créatifs. Egoyan, Cronenberg, Girard, McKellar, McDonald, Lepage...
La perception qu'ont les professionnels américains et européens du cinéma local a changé. Désormais les attentes sont énormes.
Et Toronto est là pour faire le défilé de saison; pour un cinéma sur-subventionné (pas d'autres choix), il s'agit d'aller chercher un financement, des capitaux hors Canada.
Perpective Canada présente cette année 22 longs métrages et 42 courts - l'ONF est une des écuries favorites pour les Oscars en animations et en docus. Les films n'ont rien d'hollywoodien. Ils ont tous un budget en dessous des normes, des vedettes locales, un style propre et une signature plus ou moins réputée.
Puisqu'on n'a jamais autant produit de films (grâce à des encouragements fiscaux et des aides gouvernementales, leur problème demeure la distribution et l'exportation.
Au premier problème, Alliance a répondu en formant avec Famous Players une chaîne de cinéams spécialisés dans les films d'art et d'essai et les films canadiens.
Au second, certains réalisateurs n'hésitent pas à engager des vedettes internationales. C'est le cas de François Girard mais aussi de David Cronenberg pour son prochain opus, Existenz.

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Un bordel salutaire
Dès le premier jour j'ai pu me rendre compte de la différence réelle entre le FFM de montréal et le Festival de Toronto. En un mot : bordélique. Et que ça fait du bien.
Ici Roger diffuse sur des écrans TV des conférences de presse (qui se tiennent au Four Season hôtel), des bandes-annonces, des comptes-rendus... On se croirait presque à Cannes.
Le coeur du Festival se situe à Yorkville, au nord de Toronto, sur l'artère prestigieuse de Bloor Street (Chanel, Tommy Hilfiger, Louis Vuitton, Aveda...). En 15 minutes l'accréditation était en mains, passeport provisoire et miracle vers l'orgie cinématographique. La liste des invités est aussi plus épaisse qu'à Montréal.
Détail à noter, ici les projections presse -une trentaine par jour- sont mélangées à l'industrie. Preuve que les businessmen sont bien au rendez-vous et sont la clès de cet évenement. Le bureau de la presse est aussi mélangé au bureau des ventes, à Unifrance, aux symposiums. D'où un joyeux chaos dans cette tonne de paperasse promotionnelle et de bureaux temporaires fonctionnels. Une fourmilière.
Tout ce fatras montre à quel point seuls comptent les projections et le business. L'action se déroule dans les salles de ciné et les salons des palaces. On repassera pour le charme et la convivialité.
Il restera le culturel. Un zapping entre un film de Resnais à la télé et le dossier de presse du prochain navet de Drew Barrymore.
Ironiquement, alors que j'écris cette chronique. la télévision diffuse un épisode de Mad About You. Derrière Helen Hunt, au mur est accroché un vieux poster du FFM. Comme si déjà on devait le ranger au rayon des antiquités.

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Nuit blanche
Si le cinéma français bégaye (Lelouch à Montréal, Guédiguian à Toronto), le cinéma indépendant américain varie les plaisirs. Deux bonnes surprises déjà programmées à Telluride, The Impostors et Rushmore.
Le nouveau Guédiguian voit la vie en noir et a déçu les attentes post Marius et Jeannette.
Le cinéaste ne s'est d'ailleurs pas déplacé. Un oubli dans une délégation française massive. Cependant on croise quelques figures du cinéma, critiques (Henri Béhar), chroniqueurs (Francine Grimaldi), ou célèbrités : ici une célèbre productrice française travaillant à New-York, là Hope Davis, star de Next stop Wonderland et second rôle exquis dans The Imposter.
Bloor Street est envahie de "badgés" mangeant des cellulaires et parlant à des hots-dogs. Ici on lit Libération et on parle chinois. Et par faute de temps, on pique-nique dans les cinémas entre les séances.
Car en dehors du travail il s'agit de subir des désastres audiovisuels ayant pour ambition de s'appeler films, tandis qu'on les monte vidéo faute de temps. De souffrir à l'écoute de la radio, Radio Canada Toronto et les commentateurs meublent avec leurs opinions personnels des extraits du comptoir le plus proche. De s'affliger à l'annonce de certaines nouvelles comme la reprise de l'Académie des 9, avec Whoopi Goldberg en vedette, en attendant Whitney Houston, Sharon Stone et Garth Brooks.
Pendant ce temps nous "bouffons" du Festival. Run Lola Run, You can thank me later, tous deux au FFM, ont trouvé un distributeur nord-américain à Toronto. Toute actu hors-festival, toute donnée étrangère au cinéma nous indiffére ou nous fait rire.
Evidement aucun film n'atteint les sommets d'invraisemblance du Clinton-Show. Mais si je commence la lecture du rapport Kenneth Starr, j'ai peur de passer une autre nuit blanche...

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Une journée ordinaire
En marchant dans la rue, en face de la mairie, j'ai eu l'occasion de reluquer une femme aussi moche qu'une actrice porno, assise nue sur un cheval. Cette vulgarité allait s'afficher le lendemain à la une du Toronto Sun. Dans l'hôtel où je suis actuellement, il n'y a que 6 étages sur 32 qui sont autorisés aux fumeurs. Et le dernier gadget à la mode serait une épée laser de style Star Wars. Welcome in America!
La salle était pleine pour voir le Lion d'Or 98. J'ai un peu de mal à imaginer que Ferrara, Kusturica, Garcia soient moins bons que ce film...La stupidité des concours...Reste que la profession semblait s'intéresser à cet ovni qui aura du mal à s'exporter. N'est pas Benigni qui veut...Roberto a connu ici aussi un vrai triomphe avec sa Vita e bella. La plupart des journalistes québécois sont déjà repartis. Pourtant à voir le nombre d'entrevues possibles (Caine, Quinn, Nolot, Ivory...), ce festival devient un rendez-vous incontournable pour les médias. En plus découvrir une ville intéressante.
Les francais ne s'y sont pas trompés. Si Henri Behar, le critique du Monde, a délaissé le FFM cette année, c'est pour faire acte de présence dans la Ville Reine. Idem pour le "dépucelage" ontarien de Daniel Toscan Du Plantier. Jacquot a confimé que l'année prochaine il tournerait avec Deneuve à New York. Huppert ne se soucie toujours que de son profil droit. Et Anémone reste fidèle à sa réputation de chieuse non professionnelle. Gaspard Noé avoue montrer la violence uniquement dans le but de provoquer. Jeanne et le Garcon formidable est traduit en Jeanne and the perfect guy, tandis que Les Demoiselles de Rochefort sont ressorties sur quelques écrans du continent. Il y avait 3 avant-premieres mondiales: Assayas, Guédiguian et Le Pêcheur.
Le nouveau film d'Assayas, fin août début septembre, reunit Viriginie Ledoyen (au total 3 films avec l'actrice dont le Ivory: A soldats's daughter never cries), Mathieu Almaric, Jeanne Balibar et Francois Cluzet. Le Guédiguian, décevant, a été vu par 25 professssionnels au total, seulement.
Enfin le Didier Le Pêcheur, J'aimerais pas crever un dimanche, rassemblait l'autre jeune actrice très hot du cinema francais (Elodie Bouchez) , Jean-Marc Barr (dans un rôle défendable) et la chanteuse Zazie dans un double rôle. Si les 3 films sont très différents, on ne peut pas dire qu'ils soient légers. le cinéma frenchy est plutôt représenté à travers des films graves, psychologiques, des drames sombres et souvent cérébraux. Seul Le Diner de cons (en première à Montréal lundi alors qu'il vient de passer le cap des 8 millions d'entrées en France) pouvait apporter un brin de comédie. Même Jeanne et Lautrec sont des divertissements tragiques. Au total, ce sont 30 professionnels français, 14 cinéastes (dont Veber, Angelo, Balasko...), plusieurs acteurs...bref 19 films, sans compter les 21 co-productions, français qui ont atteris en Ontario. Ici encore, hélàs, ce sont les films américains qui bénéfecient de la meilleure couverture médiatique...
Et le film qui a eu le plus de succès? Le x-ième episode de The Clinton Show (La k7 sera-t-elle en vente???)

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Coups de coeurs
Les Festivals sont l'occasion de voir des films avant tout le monde. Mais avant tout il s'agit de voir des films, point. Et plus ils sont bons, plus cela contribue à notre bonheur.
Demain le Festival prend fin et ce sera l'habituel défilé de bilans et critiques, et pour nous de faire un zapping de cet évenement. Les projections se rarifient après les 2 pics (mardi, mercredi). La clôture sera sous le signe de la fourmi. Antz apportera son lot de stars: Jennifer Lopez, Danny Glover, Gene Hackman....et DreamWorks. Le studio fait pour la première fois une fermeture d'un festival majeur (après avoir fait l'ouverture de Venise cette année). Ce sera aussi le choix du public, celui de la presse, bref quelques prix. Ici le concours Air Canada vous envoie à L.A. quand celui du FFM vous promettait Paris. Chacun son colonisateur de rêves. Ce matin, a Radio Canada, Denis Villeneuve, autre produit de l'écurie Frappier, a déclaré avoir choisi le TIFF plutôt que le "pas assez rigide" FFM pour la première nord américaine du film québécois Un 32 août sur la terre.
Et plus les jours avancent, plus le FFM, "seul festival de catégorie A en Amérique", ressemble à un festival de province. Toronto ressemble en tout point de vue à Cannes, sans le charme de la côte d'azur. Pour les soirées, ce sera le propos du dernier article (celle de Antz). Toronto fait un parfait compromis entre un festival public et un festival professionnel, en respectant ses 2 publics.
Mais à force de vous parler de business, on en oublie le côté artistique de ce genre de manifestations... L'année dernière, les 2 films évènements étaient canadiens. le public comme la critique avaient louangé The Sweet Hereafter et The Hanging Garden. Le premier à récolter 8 millions de $ dans le monde et 2 nominations aux Oscars (scénario, réalisation) tandis que le second, pas encore sorti dans tous les pays (en France il passerait sur ARTE) a fait une carrière plus modeste (2 millions de $ en Amerique du Nord).
Cette année, on notera deux bonnes surprises: The Impostors, américain, indépendant signé Stanley Tucci (le déjà acclamé Big Night) et Little Voice , de Mark Herman, déjà auteur de Brassed Off (Les Virtuoses). Deux films qui imposent soit un ton soit une histoire qui sont tout sauf conformes aux machines hollywoodiennes, de plus en plus stéréotypées, et prévisibles.
Comme quoi il est encore possible de surprendre ou de plaire les plus blasés.... Le prochain grand rendez vous est Sundance, en janvier 99. Un paradis pour les indies où business et créateurs se rencontrent...

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Toronto without a map
- Piers Handling directeur du Festival.
Le succès attire le succès. Une fois que vous êtes dans le Top 3 des Festivals, un grand nombre de films vous sont offerts, beaucoup de gens veulent venir pour la première de leurs films, et de nombreux professionnels veulent lancer leurs productions ici. Et puis nous avons un bon historique en terme de choix, y compris pour les Oscars. En 97, nous avions sélectionné Karakter que beaucoup de festivals avaient refusé, et il a eu l'Oscar du meilleur film étranger. De plus notre public n'est pas un public festivalier traditionnel. C'est à la fois le grand public et des cinépiles. Cannes et Venise sont plus orientés vers la profession.
- Roberto Benigni, futur abonné aux Top 10 de 98.
Il y a des gens , pas beaucoup, mais quelques uns, qui se sont sentis génés que je touche a quelques chose d'intouchable. La dernière chose que je voulais c'était de blesser quelqu'un ou d'être offensant avec la mémoire de l'Holocauste, parce que mon idée de base était justement l'inverse: je voulais faire un beau film et surtout quelque chose de poètique. Je suis un réalisateur, par un historien et mon devoir est d'inventer des histoires, alors je les invente complétement. C'est une fable inventée a partir d'une vérité.
- Todd Solondz, serial psychosexuel.
Le dysfocnctionnement est un aspect du monde dans lequel nous vivons. Mais ce n'est pas à propos de dysfonctions, d'aliénation ou de pitié, mais plutôt comment on combat ça, pour atteindre une sorte d'intimité....Je pense que la cruauté et la gentillesse sont des parties de nous, et nous devenons adultes quand nous sublimons cette cruauté....mais j'échoue lorsque le public se moque de mes personnages, et en font des monstres plutôt que des gens cruels, gentils, peut être dysfonctionnés....
- Sharon Stone, superstar en second rôle.
Les studios investissent de plus en plus d'argent dans des films qui ne sont que des formules, et ils engagent des acteurs pour faire toujours la même chose. Récemment, je n'ai rien reçu des studios qui ne soit inhabituel, différent ou qui reléve un défi. Alors que les films indépendants m'ont offert de nouveaux défis...
- John Waters, pervers dandy.
Le comportement malsain des catholiques me fascine. C'est très similaire à un bar Sado Maso.

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No more irony
Ce mot revient à Lili Taylor, doublement vedette de Pecker (de John Waters) et The impostors (de Stanley Tucci). Il résume assez bien ce que la plupat des artistes pensent des films d'hollywood.
Pourtant les cinémas de Bloor Street vont reprendre leur programmation habituelle, pour vendre le pop corn et les sodas. Les affiches holywoodiennes annonçaient déjà les évenements de la saison . Antz était d'ailleurs ironiquement en clôture. Un film purement hollywoodien, à son meilleur, qui conclut un festin de 300 films venus de 53 pays, et qui souvent ne sont jamais distribués en Amérique du Nord.
Le public (nombreux puisque le TIFF est le festival le plus populaire de la planète), la presse et les stars sont au rendezz-vous. Parce qu'il s'agit de la survie d'une certaine forme de cinéma. Cette année, il n'y avait pas grands drames épiques en vedette.
Mais un nombre important de premiers films, de films canadiens, de films indépendants américains , tous répondant à une urgence: se battre contre les stéréotypes d'hollywood, revenir a des films plus intimes, basés sur les relations entre les êtres humains , leurs problèmes, leurs solutions. Le dernier Bertolucci est très révélateur à ce sujet là: Besieged raconte une histoire d'amour entre une servante noire et son employeur....on est loin du controversé Dernier Tango a Paris ou du spectaculaire Dernier Empereur ou des films à stars des années 90 du Maestro.
Comme un compositeur de symphonie revient à la musique de chambre.... Et l'enthouisasme des foules pour tous ces petits films montre à quel point il y a une demande pour ce genre d'histoires intimes, au ton moins uniforme, avec un point de vue parfois dérangeant.
Au total ce sont 250 000 billets vendus, soit un Box Offcice de 1.9 millions de $, un marché qui battra sûrement le record de 97, et plusieurs films ayant séduits la critique. Sans compter l'ambiance du Festival, qui se recentrant sur le quartier chic et hip de Yorkville, à fait vibrer la ville reine.
Tout cela du à un équilibre entre stars - Cruise, Streep, Caine, Diaz...- et bons films (souvent issus d'autres festivals: Central station venu de Berlin ou La vita e bella venu de Cannes).
Une qualité d'ensemble qui a aussi charmé les acheteurs: des films comme Run Lola Run, The Red Violin ou Besieged (respectivement des films allemands, canadiens, italiens ayant trouvés un distributeur aux USA). Les deals furent moins gros que les années précedentes, mais bien plus nombreux....