LOUIS DE FUNES

IL ÉTAIT UNE FOIS SERGIO LEONE




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 (c) Ecran Noir 96 - 24


Mars 2005

B.O.F. La fiancée Syrienne (The Syrian Bride)
A épouser immédiatement

Cyril Morin est un compositeur habitué aux mélanges de musiques, entre world et symphonique. A la manière d'un Peter Gabriel (The Passion pour La dernière tentation du Christ), il revisite les mélopées arabisantes avec l'ambition de nous séduire grâce aux voix, aux Ouds et aux violons... Sans oublier le Ney égyptien ou le Kanoun Arménien.
La force de cette BOF est évidemment la richesse des mélodies et la variété des sons. Aucun des morceaux ne nous lasse, ne nous ennuie, ne nous endort. La vitalité et la joyeuseté qui se dégagent de chacun des airs, sans dépayser, nous évadent. Fidèle à l'intention du cinéaste, Eran Riklis : "Tout cela est conté au long d'une histoire pessimiste et peut-être parfois optimiste."
Le disque a reçu, légitimement, le Grand prix du Festival Musique et Cinéma l'an dernier. Le cinéaste affirme même : "La musique transgresse la base émotionnelle de La Fiancée Syrienne." D'une part, le thème principal est un "tube" en soi. Ensuite, ses variations, dramatiques ou symphoniques, nous amènent aux quelques joyaux de ce CD. Car si La fiancée syrienne est un film qui a reçu de nombreux prix (Locarno, Montréal, Gand), sa BOF n'y est sûrement pas étrangère, tant elle se détache des autres "soundtracks". 'est un véritable album en soi. En effet, en juxtaposant des airs plus classiques (et envoûtants) avec des airs traditionnels (rappelant les comédies musicales égyptiennes ou les concerts qu'on insert dans certains films pour faire couleur locale), Morin fait le pari que les passerelles sont évidentes. "Il était important pour moi de marquer l'époque actuelle en précisant musicalement que tout se passe aujourd'hui. J'ai donc utilisé des sons synthétiques mélangés à des voix ou à des flûtes sans oublier un orchestre de cordes et des percussions." Mais il ajoute un caractère plus moderne à ce disque avec l'ajout de deux morceaux contemporains : "Be my Bride" et "The Wedding Convoy Song". On quitte alors les chants et les percussions pour entrer dans la musique du monde telle qu'elle est aussi écoutée là bas. "The Wedding Convoy Songs" est plus proche des hits de Natcha Atlas ou de la BOF des Soapkills pour Intervention divine. Ca change de "Dabke Song", où l'on pourrait presque entendre les moutons bêler... On est tout aussi loin de ces compositions aériennes, presque spirituelles dans le sens mystique. Quand on écoute "Be My Bride" (interprétée par Clara Khoury et Dirar Sliman), le métissage est complet entre rap, world et pop. L'envie de danser (à un mariage ou ailleurs) devient pressante tellement l'air est entraînant. Le synthétique et le folklorique s'allient pour le meilleur. Il y a pire!
- vincy    


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