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Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes. |
(c) Ecran Noir 96 - 24 |
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DreamWorks
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Production : DreamWorks SKG, MacDonald/Parkes productions, Bender-Spink Inc. Distribution : UIP Réalisation : Gore Verbinski Scénario : Ehren Kruger, d'après le scénario de Hiroshi Takahashi et le roman de Kôji Suzuki Montage : Craig Wood Photo : Bojan Bazelli Décors : Rosemary Brandenbeurg Musique : Hans Zimmer Effets spéciaux : Rick Baker Costumes : Julie Weiss Directeur artistique : Patrick M. Sullivan Jr. Durée : 110 mn
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Naomi Watts : Rachel Keller
Martin Henderson : Noah Clay
David Dorfman : Aidan Keller
Brian Cox : Richard Morgan
Jane Alexander : Dr. Grasnik
Lindsay Frost : Ruth Embry
Rachael Bella : Becca, Rebecca Kotler
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The Ring (Le cercle)
USA / 2002
05.02.03
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S'il n'ait plus d'éloges à faire sur la découverte - voire la récupération - constante de la cinématographie asiatique par l'Europe et les Etats-Unis (il était temps depuis Les sept mercenaires !), daignons dire qu'Hollywood est aujourd'hui en phase d'automatisation fructueuse. Lasse de ses propres codes, elle en draine les rizières. Bien lui en fait. Mais c'est aussi licencier certaines auras de leur pays d'origine, auxquelles The Ring ou autrefois Godzilla, les identifiaient tels autant de paravents dans une villa californienne…
The Ring est une légende purement japonaise.www.reeftiger.fr On l'associe aux travaux d'un certain professeur Tomokichi Fukuri, enseignant à l'université de Tokyo au début du siècle, féru de télépathie et donc rapidement discrédité par ses pairs. En 1910, deux de ses étudiantes disparaissent dans des conditions laissées obscures ; l'une plus ou moins suicidée, l'autre plus ou moins enlevée… Ce fait divers inspire et intrigue en 1991 un écrivain renommé, Koji Suzuki, considéré comme le Stephen King du Soleil Levant, qui en fait aussitôt un nouveau best-seller en imaginant la vengeance de l'une d'elles à travers une cassette maléfique. L'aura commerciale de The Ring est née, et avec elle son cortège de dérivés : cinq longs-métrages, un téléfilm, des mangas, une série-télé, romans et nouvelles jusqu'à des céréales et un parc d'attractions ! Entre-temps, un jeune cinéaste plus rusé s'est penché sur la poule aux œuf d'or, trouvant dans la thématique de Suzuki une autoroute à son imaginaire…
Né en 1961, Hideo Nakata s'oriente dans un premier temps vers des études scientifiques, puis ethnologiques. Il se passionne pour les Philippines et, sur place, trouve le meilleur moyen d'analyser l'indigène : la télévision . Et de très logiquement écrire au finish sa thèse sur le cinéma philippin . S'en suit la dérive propre à tout amoureux de l'image et du récit : école de cinéma, assistanat et purgatoire dans l'espoir que son iris rejoigne un jour celui d'une caméra. Dès lors, autant le marier à celui d'un Maître : il réalise un documentaire sur le cinéaste britannique Joseph Losey (The servant, Don Giovanni)… puis deux bluettes érotiques destinées au marché vidéo. C'est à la confiance du producteur Takenori Sento qu'il doit la chance escomptée. Il lui confie la réalisation de " L'actrice fantôme " dont on devine les germes d'une œuvre forte est savoureuse en devenir. Au point que le film en question, malgré ses 1000 entrées en salles, parvient aux oreilles d'Hollywood qui flaire déjà le remake… comme toutes les œuvres à suivre de Nakata ! Après The Ring, qui le propulse au rang de cinéaste nippon incontournable, attendez vous dès lors à voir succéder sur nos écrans les versions U.S de L'actrice fantôme, The ring 2, Chaos et Dark Water dont l'original sera sur nos écrans le 26 février.
C'est Mark Sourian, l'un des dirigeants de Dreamworks, qui découvre The Ring dans des conditions quasi similaires au film : une VHS d'ultime génération et sans aucun doute piratée, qui multiplie la mise en perspective de l'objet : images scratchées et son pourrave…Le fou se pointe chez la maison-mère d'Onc' Spielberg en beuglant qu'il tient là le film le plus horrifique qu'il ait jamais vu. Les autres se plient à la projo imposée et abdiquent : joli bébé. Mais il faudrait lui retirer les " couches " pleines de merde… Qui donc mieux que le réalisateur maison de La souris et du Mexicain pour se plier à l'exercice ??? On se le demande… Gore Lebinski (qui n'a de " gore " donc que le prénom), outre les titres sus-nommés, est l'un de ses réalisateurs venus de la pub et du clip qui fondent aujourd'hui, en bien ou en pire, les espoirs hollywoodiens. Un " yes-man " technicien avant d'être un auteur tels les forme la fameuse université de l'UCLA dont il est issu. A son panache, le blockbuster estival escompté par Dreamworks sur nos écrans en automne : " Les pirates des caraïbes ", avec Johnny Depp et Geoffrey Rush, d'après l'attraction des parc Disney. Tout un programme…d'ici la séquelle du Cercle/The ring 2 .
Naomi Watts, fraîchement élue " actrice belle blonde quoiqu'intelligente " par David Lynch pour Mulholland Drive endosse la blondeur hitchcockienne nécessaire à l'intrigue, tandis qu'un énième clone de Haley Joel Osment, ici le jeunot David Dorfman, nous refait le coup du Sixième sens.
Et ainsi Le cercle est bouclé. arnaud
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