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Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes. |
(c) Ecran Noir 96 - 24 |
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Vigo (Vigo, histoire d'une passion)
/ 1998
17.02.99
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CINEMA INDEPENDANT
"Il faut être quelqu'un pour avoir des ennemis..."
Vigo de Julien Temple n'est ni un documentaire, ni une biographie, mais une interprétation personnelle, moderne, de la vie de Jean Vigo et de l'amour passionné qu'il eut avec sa femme, Lydu Lozinska. Ainsi, on constate que, celui qui allait devenir une référence pour le cinéma indépendant, avait vécu une histoire d'amour intense et douloureuse. "Goûte à ce jour comme si c'était le dernier jour", fait dire le cinéaste à son personnage. Par-là, le film reflète une vitalité intemporelle. Une histoire digne des plus grands romans d'amour.
Comme l'esprit de Vigo est encore bien vivant, le réalisateur tenait à le célébrer en évoquant l'idylle de Jean et Lydu. Car cet amour l'amena à prendre des risques considérables. Mais c'est sans compter de l'influence qu'eut Almereyda, le père de Vigo, sur sa vie et son combat artistique. A travers des "flashback", souvent tournés au ralenti, l'auteur de cette adaptation montre à quel point l'auteur de "L'Atalante" était hanté par ce fantôme qui lui insuffla sa rage de vivre et de créer. Accompagné d'un puissant désir de vengeance.
Pour Romane Bohringer, ce film lui apporte un rôle magnifique et à la hauteur de son talent. Elle y apparaît dénuée d'artifices. En outre, ce côté animal et instinctif qui l'habite confère à son interprétation une émotion intense. Avec James Frain, ils forment un couple magnifique. Cette beauté n'a rien de conventionnelle, elle tient à leurs qualités humaines et vous subjugue à chaque plan.
Le seul bémol à cette histoire revient à la réalisation. Elle est par trop inégale et manque sérieusement d'intérêt. Et c'est bien dommage. Espérons que son souhait de vouloir permettre à beaucoup de gens de découvrir l'oeuvre de Vigo suffise à attirer les foules dans les salles. "Il y a des jours où l'échec est un signe de vertu", dit l'un des personnages dans le film. Julien Temple aura dans le pire des cas la vertu de nous faire (re)découvrir un cinéaste hors du commun dans l'histoire du cinéma. chris
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