Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Half Nelson


USA / 2006

18.07.2007
 



DES INTOX...






On s’interroge sur les frontières, à la sortie de ce film. Ces limites invisibles entre les cultures, le réel et l’ailleurs, le passé et le futur. Half Nelson brouille les pistes et mélange non pas les genres mais les repères. Car les deux êtres qui vont se trouver, se concilier, sont deux individus à la dérive. Leur bouée de sauvetage c’est l’un et l’autre. Un enseignant en histoire désillusionné mais pédagogue, défoncé (notamment à l’héro) mais coach de l’équipe de basket. Un blanc qui s’injecte la culture noire dans les veine. Et puis il a une de ses élèves en histoire et bonne joueuse en basket. Une ado black qui cherche une issue à sa condition sociale : une mère travaillant avec acharnement et donc rarement présente, un frère en prison, un père absent. C’est le choix qui lui est offert qui va amener les deux à s’entraider, s’apprécier, se sauver. Elle aurait pu tomber dans le fric facile, le trafic de saloperies. Mais, témoin de la descente aux enfers de son prof, dans un mal être à la fois sensible et sobre, elle va comprendre le cauchemar de la drogue tout en prenant conscience de son affection pour cet homme.
Tout le brio du film, à moitié plein d’émotion et à moitié vide de surprise, est de ne pas être hypocrite. Si le rythme laisse parfois à désirer au point de dévier notre attention, la morale finale est inéluctable et bien maîtrisée. Il n’y a pas de compromis et la fin, plutôt optimiste, ne s’avère pas factice. Cette épure, cette simplicité dans la mise en scène est d’ailleurs très bien imagée dans ce plan conclusif. Tout est dit en quelques détails...
Mais au-delà du portrait d’un homme que sa culture et son statut social ne parviennent pas à maintenir à flot, il s’agit d’un conte moral sur une Amérique en perdition. Une impossibilité d’exprimer sa douleur au nom d’une méfiance ou d’un positivisme absurde. La notion sacrée de la famille américaine en prend un sérieux coup. Travailler plus pour aimer moins de côté des précaires. Et du côté des bourgeois, on s’ennuie ferme. Dans tous les cas, il s’agit plus d’un duel entre le déterminisme et le fatalisme. Echapper au réel ou le comprendre. Deux forces qui s’opposent. L’une l’emportera fatalement sur l’autre. Tout le film montre légèrement (à travers des petits intermèdes de lycéens) ou intelligemment (avec le discours du prof) que ces frottements créent un dynamisme qui fait avancer l’Histoire. Au-delà des combats politiques ou individuels, des grandes causes égalitaristes ou du respect mutuel ce demi Mandela refusant l’apartheid voit bien que cette lutte peut aussi l’écraser. Changer le monde, changer ces jeunes, même un, est un travail épuisant (mais valorisant).
Ce film américain frôlant l’aspect documentaire, s’attardant sur ces deux comédiens (car Shareeka Epps est aussi talentueuse que Ryan Gosling), s’attachant aux gestes du quotidien, font du film une jolie surprise qui ne tombe pas dans les travers complaisants habituels du cinéma indépendant.
Cependant, parce que le montage n’est pas assez resserré, il s’étire un peu inutilement, ou s’enlise dans de beaux plans. Il faudra toute l’alchimie de ce duo d’acteurs, beaux et magnétiques, pour nous toucher, subtilement.
 
vincy

 
 
 
 

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