Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Jumper


USA / 2008

20.02.2008
 



UN BOND EN ARRIERE

Le livre Bye Bye Bahia



«- Il n’y a que Dieu qui a le droit d’être omniscient.»

« Jump, jump », comme le titre d’une célèbre chanson de rap US au début des années 90. Jumper, toujours plus vite et encore plus haut, comme une nouvelle manière de vivre, où le temps ne détruit rien et où ouvrir une porte avec sa main n’a plus de sens.

Qu’est ce qu’un Jumper ? Tout simplement un homme qui peut se téléporter où il veut, quand il veut, et où le concept de murs, portes et autres cloisons ne signifie plus rien pour lui. L’occasion lui est ainsi offerte de visiter les plus beaux endroits de la planète : un déjeuner sur la tête du sphinx, une visite privée dans le Colisée de Rome et un surf sur les plages d’Australie tout cela en trois heures de temps. Et l’histoire n’ira guère au-delà de ce résumé dans ce film qui semble avoir été pensé comme un guide touristique pour des X-men jeunes, beaux, et ... un peu ennuyeux au bout du compte.

La très bonne idée du film tient à cette histoire de téléportation, excellente au demeurant et jamais exploitée de cette manière au cinéma. Après nombre d’adaptation de super-héros à l’écran, on tenait enfin là un nouvel univers, avec ses codes et son potentiel imaginaire démesuré. Traverser le temps, transpercer la matière, le tout sans cape rouge ou sans X tatoué sur le front. Bref, un super-héros à échelle humaine, qui surfe sur tous les fronts, est partout et nulle part, omniscience faisant écho à la toile du web qui abroge les frontières et se permet toutes les extravagances. Si seulement il en était de même pour le film. Le réalisateur a entre les mains un concept en or et tel l’alchimiste le transforme en plomb.

Car une fois la présentation d’usage des personnages terminée, Doug Liman se demande ce qu’il va bien pouvoir faire faire à son héros, un Hayden Christensen bien falot sans le masque de Dark Vador, qui ne s’intéresse pas à grand-chose si ce n’est à se balader ici, ou là. Il aurait été préférable pour le réalisateur de se concentrer sur l’autre Jumper, incarné par l’électrique Jamie Bell. Libre, sans attache, lui au moins n’a pas pour seule envie de retrouver son flirt d’adolescent. Les séquences des retrouvailles sont à cet égard dignes d’un soap opéra où Liman ne nous épargne rien avec les têtes de guimauve des deux tourtereaux et la bagarre avec l’ancien petit ami. On se croirait dans un épisode de Beverly Hills. Et surtout, surtout, on tient là l’argument primordial de toute l’intrigue : talon d’Achille de notre Jumper favori, sa petite amie sera le fil par lequel le méchant Samuel Jackson – teint en blond pour l’occasion- le retrouvera. Impression de déjà vu ? Oui, mille fois. Alors qu’il y avait tellement d’autres pistes à explorer…même la théorie des trous de verre - à savoir un rétrécissement de la courbe spatio-temporelle créant une passerelle dans l’espace - est traitée par-dessus la jambe. Trop scientifique peut être, mais c’est ce qui explique tout de même le concept du jumper. Avec le jumper tout est possible, ce qui n’est pas le cas du réalisateur. Mais l’explication est toute trouvée : cet univers étant trop riche pour être traité en un seul film, Jumper n’est que l’ébauche d’une trilogie. Les créateurs gardent le meilleur pour la suite...

Reste qu’une fois cette première heure assez molle digérée, la poursuite des Jumpers par les Palladins, les méchants donc, vaut son pesant de n’importe quoi jouissif et décérébré. Les effets spéciaux sont remarquables sur un plan technique, avec multiples effets de flous et d’étirement de l’image, et les chorégraphies lors de l’ultime bataille entre Palladins et Jumpers sont étourdissantes. Difficile de suivre l’action des personnages, mais peu importe, les situations sont tellement abracadabrantesques que le plaisir est là. On sait que c’est le bouquet final et on en profite. Consolation agréable mais insuffisante au regard du potentiel du film. Tout compte fait, le jumper ne saute pas si haut que cela.
 
Denis

 
 
 
 

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