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Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes. |







(c) Ecran Noir 96 - 25 |
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Intraçable (Untraceable)

USA / 2008

05.03.2008
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 SERIAL WATCHER
« Chaque Américain qui ira sur ce site est un complice. Nous sommes l’arme du crime »
Après la dénonciation des excès d’une certaine télévision dans Live !, voici la critique d’un voyeurisme exacerbé et morbide sur Internet. Grégory Hoblit (auteur de polars du samedi soir comme Peur Primale, Fréquence Interdite, ou plus récemment La Faille), offre une réflexion intéressante sur les médias et ses modes de consommation, à l'ère de YouTube et Dailymotion.
Sur fond de thriller au suspense pro et efficace, la mise en scène évidemment conventionnelle remet au goût du jour ce que les sciences de l’information et de la communication appellent les « paniques morales ». Il s’agit de toutes les angoisses qui accompagnent la naissance d’un nouveau média : ses effets néfastes sur la société et ses individus (voyeurisme, images consommées comme de la drogue, médias sans scrupules, imitation de certains actes, etc.).
L’entreprise opérée par Gregory Hoblit et les scénaristes aurait été hypocrite s’il n’avait été question que d’une dénonciation unilatérale de ces médias. Sans être donneur de leçons, le film expose un état de faits : peut-on tout montrer en se protégeant derrière la liberté d’expression et la déontologie de l’information ? Mais peut-on dans le même temps tout critiquer alors que nous sommes libres d'éteindre notre télévision ou notre ordinateur ? Si les internautes du film ne se connectaient pas au site du tueur, aucune des victimes ne mourrait. Nous voici tous co-responsables, ou irresponsables.
Intraçable esquisse une réflexion sur le monde contemporain et les comportements des individus. Une de plus. Une piste intéressante, parfois mal exploitée, qui s'achève heureusement sur un plan final qui marque les esprits. Mais pas au point d'éteindre notre ordinateur. Raphael
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