Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



Ailleurs
Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary
Effacer l'historique
Ema
Enorme
La daronne
Lux Æterna
Peninsula
Petit pays
Rocks
Tenet
Un pays qui se tient sage



J'ai perdu mon corps
Les misérables
The Irishman
Marriage Story
Les filles du Docteur March
L'extraordinaire voyage de Marona
1917
Jojo Rabbit
L'odyssée de Choum
La dernière vie de Simon
Notre-Dame du Nil
Uncut Gems
Un divan à Tunis
Le cas Richard Jewell
Dark Waters
La communion



Les deux papes
Les siffleurs
Les enfants du temps
Je ne rêve que de vous
La Llorana
Scandale
Bad Boys For Life
Cuban Network
La Voie de la justice
Les traducteurs
Revenir
Un jour si blanc
Birds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn
La fille au bracelet
Jinpa, un conte tibétain
L'appel de la forêt
Lettre à Franco
Wet Season
Judy
Lara Jenkins
En avant
De Gaulle






 (c) Ecran Noir 96 - 24


  



Donnez votre avis...


Nombre de votes : 14

 
Harry Potter et le prince de sang-mêlé (Harry Potter 6) (Harry Potter and the half-Blood Prince)


USA / 2009

15.07.2009
 



MON SORCIER BIEN-AIMÉ





"Tu n’as pas le choix. Tu n’as pas le droit d’échouer."

Les nuages noirs s’amoncellent au-dessus du monde des sorciers. Pourtant, après le point d’orgue de L’ordre du phénix, qui vit la confirmation du retour de Voldemort, plus fort et puissant que jamais, ce nouveau volet des aventures d’Harry Potter fait à nouveau l’effet d’un épisode de transition. Ce n’est pas encore cette fois que la guerre va éclater ! Bien que la menace soit désormais omniprésente dans un monde clairement divisé en deux camps fratricides, l’heure n’est toujours pas à l’action. Celle-ci est même en totale régression par rapport au film précédant qui organisait la résistance armée. Les adultes ont repris le contrôle : Harry et ses amis sont renvoyés à leurs chères études.

Teen-movie romantique

Il faut dire que dans l’enceinte protégée de Poudlard, la menace semble moins immédiate. La vie et l’insouciance reprennent donc le dessus, d’autant que la peur n’a jamais empêché les hormones de travailler. Les couples se font et se défont donc dans les couloirs du château, n’épargnant personne, ni Harry, qui a pourtant autre chose en tête, ni même Hermione la tête de classe. Ainsi, hormis quelques flash-back vaguement instructifs et plusieurs spectaculaires attaques de mangemorts, Harry Potter et le prince de sang mêlé évoque plus un teen-movie romantique et joyeux qu’un film de guerre ou même d’action… D’ailleurs, c’est à peine si Harry prend le temps de jouer des tours pendables à ses ennemis jurés, l’infâme professeur Rogue et le détestable Drago Malefoy ! Heureusement, il y a le professeur Dumbledore pour préparer le combat final qui ne manquera pas d’opposer les forces de la magie noire aux sorciers loyaux. Encore le fait-il à sa façon, mystérieuse et fantasque, donnant l’impression au spectateur comme à Harry qu’il n’est pas forcément l’homme de la situation…

Noirceur occultée : calcul commercial ?

Là où l’on peut être déçu, c’est qu’à force d’alterner humour et sentimentalisme, le film de David Yates occulte toute noirceur et même tout violence. Les crimes perpétrés par les mangemorts sont à peine évoqués, les doutes et écarts de Harry sont inexistants, et l’une des plus importantes scènes de confrontation est tout simplement passée à l’as. On sent, derrière cette volonté d’édulcorer l’intrigue, un calcul plus commercial que scénaristique : en se présentant comme un film tout public (sans restriction d’âge), ce 6e volet de la série pourrait remporter un jackpot sans précédent. Une manière comme une autre de compenser le déficit des deux prochains épisodes, forcément moins légers ?!

Univers familier et personnages amis

Pourtant, une fois qu’on en a pris son parti, le reste fonctionne admirablement. Au fil des films, Harry, Ron, Hermione et les autres sont devenus des amis que l’on est ravi de retrouver. Leur univers, ses codes, ses lieux et ses protagonistes nous sont si familiers que scènes d’explication ou d’exposition sont inutiles. Deux plans d’un match de quidditch, une visite rapide à Hagrid, la mention du Choipeaux ou la vision d’un avis de recherche suffisent à nourrir et l’intrigue et l’imaginaire. Intelligemment, le scénariste Steve Kloves a préféré mettre l’accent sur les personnages eux-mêmes, même secondaires, et les interactions qui les lient. De ce fait, on a moins l’impression de survol ou de superficialité que l’on a pu ressentir lors des épisodes précédents. Un exemple, parmi d’autres, avec la très jolie scène où Hermione et Harry ouvrent leur cœur l’un à l’autre. En l’espace de quelques secondes, on perçoit la force de l’amitié qui les réunit. Même chose pour les rapports entre Ginny et Harry, traités avec énormément de pudeur et de délicatesse. Tout comme cela était initié dans le volet précédent, les aventures de Harry Potter sont définitivement devenues celles de toute une communauté et surtout de ce noyau d’amis que le jeune sorcier a su se construire au fil des années. En temps de guerre et face à un avenir incertain, savoir jouer collectif pourrait s’avérer indispensable…

La fin d'une époque

Si, clairement, le film répond à peu de questions et donne l’impression qu’il ne se passe pas grand-chose de spectaculaire, ce serait pourtant une erreur d’y voir une simple parenthèse entre deux combats. Car, bien que moins profond et plus divertissant que les précédents opus, Harry Potter et le prince de sang-mêlé pose avant tout les bases du dénouement final. Chacune des forces en présence connaît maintenant la composition de son armée, ainsi que les armes à sa disposition. Cinématographiquement, c’est aussi le moment déterminant où la franchise prouve qu’elle est capable de captiver en faisant passer les artifices habituels du genre au second plan (action violente, effets spéciaux et fantastique débridé). Presqu'exclusivement concentré sur la transmission de connaissances et la passation de pouvoir, ce 6e Harry Potter est en effet l’opus le plus dépouillé de la saga, celui qui voit l’apprentissage du jeune héros toucher à sa fin. Symboliquement devenu adulte (après la mort de ses différents pères de substitution), Harry a désormais toutes les cartes en mains pour choisir son destin.
 
MpM

 
 
 
 

haut