Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Le village des ombres


France / 2010

17.11.2010
 



BASSE TENSION





Et revoila la malédiction du film de genre français, soit le fantastique sans le budget adéquat et sans même une crédibilité nécessaire. Ces films avec l’étiquette ‘qui font peur’ ont l’obligation (au contraire de certaines comédies…) de réunir une mise en scène soignée ET des interprètes inspirés. Depuis que Alexandre Aja a réveillé le genre avec Haute Tension, les français se défendent assez bien avec une créativité qui dépasse le manque de moyen comme avec Ils, A l’intérieur, Mutants, La Horde… Autant de premiers films qui ne seront pas suivis par un second long-métrage sauf si le réalisateur exporte son talent aux Etats-Unis, le meilleur d’entre eux Pascal Laugier avec Saint-Ange et Martyrs est aussi en exil professionnel. Pour Le village des ombres c’est malheureusement une belle tentative pas assez convaincante.

Le film commence par un prologue assez particulier, il est tellement réussi que l’on regrette même qu’il ne soit qu’une courte parenthèse. Sur la route pour aller passer quelques jours au village Ruiflec, une bande de jeunes a un problème de voiture. Le temps pour le spectateur de faire connaissance avec chacun des personnages ; puis ils disparaissent mystérieusement. Une sortilège hante Ruiflec...

Là-bas on ne sait jamais ce qui peut se cacher dans le noir. Le village des ombres repose sur un scénario qui évite le cliché du village paumé où il ne faut pas s’égarer sous peine de se faire trucider par des dégénérés. L’histoire s’oriente vers un mystère qu’il faut découvrir au gré des péripéties de nos héros involontaires qui vont réunir des indices. Ici il n’y aura aucune scène de violence brutale, il n’y a pas de sang, il s’agit beaucoup plus d’un climat propice à l’angoisse. Ruiflec semble devenir un labyrinthe duquel on ne peut s’échapper… Si il est évident que les meilleurs films sont ceux où le fantastique s’insinue dans le réel, il est tout aussi évident qu’il vaut mieux garder un semblant de réalité. Quand le surnaturel est tellement alambiqué comme ici, alors le risque de ne pas se sentir impliqué est bien là. On reste à l’extérieur de ce qui se passe, aussi peu concerné par ce jeu de piste que certains des acteurs du film qui n’arrivent pas à communiquer la moindre inquiétude.

La personne à mettre en lumière dans cette sombre histoire est vraiment le réalisateur Fouad Benhammou. En véritable passionné de cinéma il a quasiment tout appris en autodidacte, avec quantité de courts-métrages amateurs autoproduits sous le nom ‘UnFilmDe’ (avec même la participation de Bérénice Béjo) avant de devenir un professionnel de l’image. Le parcours a été long avant de réussir à passer au long-métrage, en passant par un projet Fixion remonté en série diffusée sur internet. Avec Le village des ombres il peut enfin montrer quel réalisateur il est, et il le fait de belle manière. Partant avec plusieurs handicaps (un budget insuffisant, un scénario bancal, des acteurs inégaux) il arrive à proposer un film pas inintéressant. Fouad Benhammou montre qu’il maîtrise les mouvements de caméra, le bon usage de l’éclairage ou de la musique. C’est son talent de savoir suggérer une ambiance (visuelle et sonore) extra-ordinaire au déroulement de l’histoire qui donne son intérêt à Ruiflec ; ça ne fait pas de ce village des ombres un film fantastique ou une légende culte. On disparaît même assez vite de la salle, une fois la lumière revenue.
 
krystofy

 
 
 
 

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