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Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes. |
(c) Ecran Noir 96 - 24 |
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Home for Christmas (Hjem Til Jul)
/ 2010
08.12.2010
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LE PERE NOEL A LA VIE DURE
"On ne fête pas Noël non plus : on ne croit pas au père Noël."
Il est facile de passer à coté de Home for Christmas. Un moment d'inattention, un peu de fatigue ou de lassitude, et l'on trouve l'histoire simpliste, le rythme trop lent, le propos rabâché. Et c'est vrai que Bent Hammer, comme souvent, fait dans le minimalisme : un petit village norvégien, le soir de Noel, quelques personnages archétypaux pris dans des situations plutôt banales.
Pourtant, si l'on y prend garde, derrière chacun de ces destins croisés se cache une pépite scénaristique. Un regard acéré mais bienveillant sur l'humanité et ses travers, tantôt tragiques, tantôt comiques. Presque toujours émouvants. Car en ce soir si particulier de Noël, les récits les plus ordinaires prennent un éclat différent, teintés de cet "esprit de fête" qui devrait prédominer. Tout paraît alors encore ou plus injuste ou plus formidable, selon les cas.
A travers ces histoires toutes simples tirées du recueil de nouvelles Only soft presents under the tree de Levi Henriksen, se dessine une autre vision des hommes et de leurs rapports entre eux. Même si cela n’a pas grand-chose à voir avec leurs convictions religieuses, les personnages se laissent happer par la bienveillance empathique qui est censée présider le soir de Noël. Chacun est alors capable d’ouvrir sa maison ou son cœur à l’autre, quel qu’il soit. Ce qui n’empêche pas la vie d’exercer sa célèbre ironie en reprenant d’une main ce qu’elle a donné de l’autre. Car il n’y a pas que des destins joyeux dans Home for Christmas, et les bons sentiments apparents masquent mal la sécheresse et la solitude de certaines existences.
Petit à petit se révèle ainsi la vérité de chacun, avec beaucoup de pudeur et de subtilité. Et lorsque les morceaux du puzzle réunis forment le motif final, on ne saurait dire s’il est plus doux qu’amer. D’autant que l’on ne sait pas si cette parenthèse (dés)enchantée de Noël va se poursuivre ou tomber en poussières. C’est au spectateur de décider, voire de s’interroger sur ce que lui-même va faire du film. L’oublier, parce que pas assez spectaculaire et percutant, ou au contraire le porter un moment avec soi, et y repenser lors de chaque rencontre inattendue, à chaque visage croisé un peu par hasard, chaque fois qu’une main s’est tendue ou au contraire rétractée.
MpM
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