Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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La ligne droite


France / 2011

09.03.2011
 



LES ATHLÈTES DU COEUR





« Rien n’est nécessaire. T’es pas obligée de venir et je ne suis pas obligé de m’occuper de toi. »

Richard Wargnier aime l’exploit sportif. Il en a souvent introduit dans ses films précédents, on pense surtout aux séquences de natation dans Est-Ouest. Une fascination pour l’athlète qui l’a conduit à écrire une histoire centrée sur des aspirants champions (7 ans après le documentaire Cœurs d’Athlètes). Hélas, il sort vite de piste. Trop d’histoires parallèles, pas forcément très convaincantes tant les clichés se rajoutent les uns aux autres, une narration déséquilibrée qui n’arrive pas à se concentrer sur son personnage principal et ne parvient pas à savoir si le rôle de Cyril Descours est secondaire ou primordial : La ligne droite est en fait assez sinueuse.

Si Wargnier prolonge son histoire d’amour pour les personnages féminins indépendants et vulnérables, on croit beaucoup moins aux relations entre les personnages. Un manque d’alchimie, une facilité d’écriture : peu importe le responsable, le spectateur n’est jamais réellement embarqué dans cette aventure.
La véritable faut provient du découpage. Le film manque de liant. Ainsi, on passe d’une scène pathos à un douleur personnelle à un instant de bonheur sans transition, avec des coupes franches, donnant aux personnages un aspect lunatique alors que les comédiens ont construit leurs rôles avec précision.

Il n’y a rien de très original du début à la fin, mais les acteurs réussissent à les habiter. Rachida Brakni se sert de tout son talent pour donner des nuances à un personnage déjà vu. L’image est soignée. La musique de Patrick Doyle insuffle la fougue qui manque souvent à des plans figés, sauf lors des courses. Car dans le stade, tout prend un relief différent. Pas besoin de dialogues, qui ont des airs de mauvais téléfilm. Pas besoin de métaphores sur la confiance, la dépendance qui alourdissent le propos du film, peu sensuel. Dans le stade, la vie, le contact, l’hypersensibilité, le lien invisible, tout ça se voit, souvent sans beaucoup de mots, et tout ça suffit.

Mais cette Ligne droite un peu simpliste lâchée par une mise en scène qui se désaccorde d’une scène à l’autre, il y a les petits drames humains qui relancent le script jusqu’au 400 mètres final. 100 mètres au ralenti. Photo Finish. On s’attend à une libération, des pulsions cardiaques, une émotion… Et le réalisateur se retient, n’ose pas, plus hypnotisé par la beauté du mouvement que prêt à partager son élan. Il rajoute une voix off aussi agaçante qu’un commentaire sportif à la télévision. Il bride le crescendo tant attendu. Après tous ces hors-pistes, il se ramasse, assez logiquement.
 
vincy

 
 
 
 

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