Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Le chat potté (Puss in Boots)


USA / 2011

30.11.2011
 



JEU DE L’OIE POUR HORS-LA-LOI





«- Je vais te battle-danser jusqu’à ce que mort s’ensuive

Comme tous les films animés de DreamWorks, le divertissement est bien là mais la profondeur n’y est pas. Avec trois orphelins comme « héros », il y avait matière à nous émouvoir pourtant… Certes, ce Chat potté ne souffre pas, à l’instar de la série dont il est issu, les Shrek, d’une déferlante de références et de pastiche. Il y a bien des clins d’œil, mais cette parodie de Zorro ne puise pas dans des contes de fée existants, privilégiant une histoire originale, entre Western et « fantasy ».

Ce flirt avec le fantastique est d’ailleurs le point faible du scénario. Entre grosse tige de maïs de géant vert, château dans le ciel, et oie gigantesque, cette sortie « du réel » laisse perplexe. La laideur même de cet univers dans les nuages rebute. Délire stratosphérique, où l’on croise des plans pompés sur Jurassic Park et légende de poule aux œufs d’or. Baroque.
On préfère davantage les aventures du Diablomatou, du Bad Cat, du Chat-nasova et de sa Catwoman, deux hors-la-loi aux grand cœur, s’amusant à se chasser comme dans La main au collet d’Hitchcock. Le duel dansant de ces voleurs et séducteurs, intrépides et dangereux, emballe le spectateur. Bien sûr, on a déjà vu plusieurs fois ce genre de « couple de cinéma », style je te griffe moi non plus, mais ils sont largement plus attachants que le couple d’ogres verts de Shrek. L’humour n’est jamais très loin : les réflexes idiots des chats, les petites moqueries à l’égard des scénarios hollywoodiens prévisibles (celui-ci compris), … l’absurde aurait pu être davantage exploré. D’autant que cette histoire de trahisons à tiroirs, avec, au cœur des péripéties, un œuf-boulet au teint hépatique (très expressif dans le rôle du lâche et fourbe ami) avait un potentiel plus large. Avec un tel œuf-pourri, on pouvait aisément inventer une aventure plus noire…

Reste qu’il s’agit d’une comédie où l’on ne s’ennuie pas. Les répliques sont bonnes. Le chat potté s’en sort grâce à son esprit. Ainsi, le corps dans le vide au bord d’un précipice, les méchants lui demandent : « - Est-ce qu’un chat retombe toujours sur ses pattes ? » et il répond « – Non, c’est rumeur lancée par les chiens ». L’action (trois grosses séquences) ne manque pas mais ne marque pas (serait-on gavés ?).
Le Chat potté a cependant plus d’originalité dans sa mise en scène. L’usage multiplié de « split-screen » donne une dimension intéressante (le relief n’ayant pas énormément d’intérêt), un rythme particulier et une perspective visuelle singulière aux séquences. Et le chat fait le show. On a évidemment le droit à son regard incroyable (« Ton truc avec les yeux, c’est fabuleux ») qui nous fait fondre comme chocolat au soleil.

Cette spin-off est loin d’être la plus mauvaise idée de DreamWorks. Le chat potté mériterait juste de sortir de son costume de Zorro comique pour s’approprier sa propre histoire… Chez Pixar, on ne doute pas que les félins auraient été traités avec de bien meilleures idées et surtout, un peu de sens. Cependant, les chats ont neuf vies… le studio donnera peut-être un peu plus de calcium à la prochaine…
 
vincy

 
 
 
 

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