Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Anonymous


USA / 2011

04.01.2012
 



SHAKESPEARE IN TROUBLES





«- Tout est art politique.»

Roland Emmerich nous avait habitué aux productions spectaculaires, à la limite du grotesque, enflées aux effets spéciaux (souvent son seul argument cinématographique) et gonflées à la testostérone. En s’attaquant à un scénario « historique » et « littéraire », c’est-à-dire une Ode à Shakespeare et en costumes, il déroutera forcément ses fidèles fans.
Si, dans son allure, rien ne ressemble à Independance Day ou 2012, dans sa mise en scène, tout s’y rattache : vastes mouvements de caméras, foules, action, fin du monde (on cherche un héritier à la Reine).

Mais Anonymous se distingue dans la filmographie du cinéaste car il y aborde des sujets plus surprenant de sa part : censure, homosexualité, pouvoir… Il plonge dans les origines du divertissement comme arme du pouvoir par son art des idées propagées aux masses. Comme toujours chez Emmerich, la démocratie n’existe pas : tous les moyens sont bons pour qu’une élite, oligarque souvent, décide à la place du peuple. Catastrophes naturelles ou guerre extra-terrestre, ou comme ici, fin de règne incertain proche de la guerre civile, les histoires d’Emmerich flirtent avec l’obscurantisme.

Le film ne manque pas d’ampleur (factice) par rapport à son propos, plus intime. Des comédiens, on retient surtout la merveilleuse Vanessa Redgrave (étonnante Cate Blanchett vieillissante) en grande Queen Gaga et l’étonnant Rhys Ifans dans un registre plus subtil et moins comique que d’habitude.
Le découpage, composé d’allers retours dans le règne élizabéthain, rythme cette épopée un peu longue, sorte d’extension à la série "Les Tudors" ou de suite aux deux films sur Elizabeth de Shekhar Kapur. Complots, trahisons, esprits noirs, d’autres plus éclairés rebondissent dans cette histoire invraisemblable, mais plausible. Plus qu’un hommage au génie shakespearien, Emmerich se plait à honoré le théâtre et ses pantins : les usurpateurs, les comédiens, les clowns, les politiciens.Evidemment, cette bouille historique (Mozart en fond musical pour un enterrement c’est aussi anachronique que si l’on mettait du David Guetta sur un film de Fernandel) n’est pas déplaisante. Les liaisons dangereuses et les mensonges de chacun suffisent à produire du spectacle. Tout y passe : chantage, inceste, délation, batailles, poursuites, décapitation… Tout est aussi assez soft.

Emmerich a presque réalisé une œuvre « sobre » et « classique ». mais, sans saveur et sans chair, sans passion des mots et sans révélation d’un héros, Anonymous reste bien transparent dans la production actuelle.
 
vincy

 
 
 
 

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