Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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(c) Chantal Thomine  



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Dans la tourmente


France / 2010

11.01.2012
 



LE CASSE SOCIAL





«- Qu’est ce que je vais leur dire quand je vais annoncer lundi que l’usine a été démantelée durant le week-end ? ».

Dans la tourmente avait tous les ingrédients pour nous faire palpiter. Mais l’absence de choix – thriller, drame social, tragédie familiale, action – produit un divertissement honnête mais déséquilibré. D’autant que le dernier tiers du film, uniquement porté sur la traque d’un trio pris au piège, nous désintéresse. Parti sur les chapeaux de roues, au plus près des personnages, dans un contexte social explosif, la caméra se complait, sur la fin, inutilement dans des vues étirées de paysages, en pleine action. Le désamorçage de la tension est radical et paradoxal. On se sent ainsi davantage captiver par le film noir qui se dessine au début que par le dénouement « aventurier » .

Clairement, l’intérêt du film réside dans sa première moitié. Licenciements massifs, endettement des prolétaires, patrons voyous, … L’environnement conflictuel et les conséquences d’actes illégaux des deux cotés (détournement d’argent et déménagement de l’usine en pleine nuit versus braquage et meurtre) donnent un bon rythme à ce qu’on croit être un film révolté : mais ici les indignés franchissent la ligne jaune vers une descente aux enfers. La figure de la morale est portée par Mathilde Seigner, intègre et honnête. Epouse d’un des deux délinquants (le plus « innocent » puisqu’il n’a pas les mains sales de sang), amie de l’autre, elle porte le dilemme tout au long du film, devenant le seul personnage intéressant à suivre quand elle devra arbitrer, et donc se compromettre, ou pas. Cornillac dans le rôle de l’époux un peu dépassé par les événements et Attal en chien enragé font efficacement leur travail. Seigner est également à l’aise dans ce rôle de femme populaire dont la vie bascule en un week-end.

Le film a en plus l’habileté de nous faire comprendre assez aisément les comportements de chacun, leurs ambivalences, leurs tourments. Désespérés, ils deviennent des damnés. L’argent fera leur malheur. Hélas, Dans la tourmente bascule aussi dans un méli-mélo où se mélangent un secret d’état, un divorce mal réglé, une vie de famille à sauver coûte que coûte tout en écartant du scénario l’usine et ses ouvriers qui étaient pourtant le moteur du film. Celui-ci dérape au deux tiers quand le drame et le thriller se glisse dans un banal film d’action avec peu d’effets sensationnels. La dramatisation crescendo fait place à une série de scènes qui enferment le trio dans un huis-clos en plein air, chassés par des gendarmes, des flics, des super-flics, et un salaud qui veut protéger un ministre.

L’image était vive, grise et froide, elle devient alanguie, chaude et ensoleillée. Les calanques servent de décor fantastique à un final trop banal. Traque tragique où tout est cassé – l’usine, la famille, l’amitié – Dans la tourmente nous laisse un souvenir mitigé. Comme si l’histoire avait glissé vers un propos trop classique pour nous enthousiasmer alors que son sujet promettait quelque chose de plus ambitieux. A défaut d’petre tourmentés, nous voici un peu désemparés.
 
vincy

 
 
 
 

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