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Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes. |
(c) Ecran Noir 96 - 24 |
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Shadow Dancer
Royaume Uni / 2012
06.02.2013
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AGENTS TROUBLES
«- Si vous faîtes une erreur, je meurs. »
Ce polar brumeux ne manque pas de style. Avec son prologue quasiment silencieux, tout autant mystérieux, il installe d’emblée un sentiment d’étrangeté. La menace pèse comme une enclume au dessus de la tête.
Shadow Dancer nous replonge dans une sale guerre entre l’Irlande et l’Angleterre. Une famille de terroristes versus le MI:5. Mais ce n’est pas aussi simple. Entre infiltrés et agents doubles, concessions politiques et convictions personnelles, les relations entre les deux camps vont se compliquer.
Les rebondissements ne manquent pas. Le suspens est bien là. Le pacte infernal conduira vers une spirale fatale, sans qu’on ne sache l’issue avant la fin. Histoire de taupes, entre balance et manipulateurs, de trahisons, de complots, tout y est pour se laisser embarquer dans ce thriller périlleux. Dommage que le scénario oublie par moments d’être plausible. On sent plus souvent le prétexte cinématographique que la logique narrative pour créer chez les spectateurs des sensations.
Le jeux de chats et de souris, sans morale ni scrupules, se distingue cependant grâce à une direction artistique singulière. On ne peut que se laisser séduire par cette héroïne fatale, vêtue d’un impair rouge, dans les paysages désolés, tristes, entre pluie et brouillard, d’une Irlande pas très sexy. Lady in Red dans un monde gris et terne. Rouge comme les liens du sang, le sang des victimes, … La barbarie l’emporte sur la passion, la fidélité sur la liaison. Le piège se referme et nous restons stupéfaits d’avoir été piégés nous-mêmes. Ça balance pas mal à Belfast.
Mais, le film a beau être plaisant, la mise en scène bien cadrée, l’histoire captivante et les acteurs excellents, on regrette les méandres inutiles, les ellipses un peu foirées qui empêchent au suspens d’être tenu. Le film devient indécis, flirtant parfois avec un film d’auteur sur fond de réalité sociale, une banale histoire de malfrats au sein d’un clan prêt à s’entretuer ou un pur film d’espionnage, austère et réaliste. L’atmosphère y est. La surprise finale scotche. Mais il manque une cohérence à l’ensemble pour que le film se hisse au niveau de ses ambitions.
vincy
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