Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Beaucoup de bruit pour rien (Much Ado About Nothing)


USA / 2013

29.01.2014
 



BÉATRICE 1 – BÉNÉDICT 0





« -J’ai dit que je finirai célibataire car je ne pensais pas atteindre l’âge du mariage. »

On a longtemps reproché au cinéma de ne pas moderniser les grands classiques. C’était d’ailleurs injuste : une mise en scène brillante peut faire oublier une romance ou une tragédie d’un autre siècle. Orgueil et préjugés en est un exemple récent évident. Beaucoup de bruit pour rien de Kenneth Branagh a laissé un lumineux souvenir.
Ici, la comédie romantique de Shakespeare, sans doute la pièce fondatrice de la comédie romantique hollywoodienne, est transposée à notre époque. En noir et blanc. Avec le texte d’origine (ce qui conduit à une sorte d’anachronisme bancal). Louable intention artistique. Hélas le concept vire rapidement à l’exercice de style factice où s’affrontent deux familles de maffieux batifolant dans une vaste résidence près de New York.

Au départ, on est séduit. Presque emballé par l’audace. Les comédiens sont pleinement dans leur vaudeville décalé. Joss Whedon parvient même à insuffler quelques idées ironiques (les flics sont croqués comme des Dupont, complètement à côté de la plaque) et des mises en situations cocasses. Merci Shakespeare. En revanche, entre ces rares moments de félicité cinéphilique, le film est plombé : le peps du texte est fragilisé par une réalisation assez plate, sans éclat. Comme s’il ne s’agissait que d’illustrer le propos. Comme si la troupe, trop respectueuse de l’auteur et de la pièce, oubliait de sortir le grand jeu.

Alors l’ennui nous gagne. Un comble pour un si merveilleux marivaudage. Il y a bien quelques gags (l’interrogatoire pourrait être une parodie de série TV), mais le film sombre progressivement dans un drame qui ne sait plus s’il doit être réaliste, drôle, tragique, romanesque ou simplement absurde. Des cuisines aux dépendances, les bavardages prennent le dessus, étouffant le tempo des scènes, créant une distance de plus en plus grande entre Shakespeare, les spectateurs et l’écran. Ce surréalisme était risqué. Il s’avère décevant. La consolation est ailleurs : la dérision shakespearienne demeure intemporelle, même remixée à une comédie new yorkaise « indie » et « sur-stylisée ». Que ce brûlant hymne au féminisme (relatif certes à l’époque de William Shakespeare) reste intact nous ravit.
Cela ne suffit pas à nous laisser envoûter. Malgré tout le bruit, on s’assoupit tant tout cela nous semble vain.
 
vincy

 
 
 
 

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