Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Un beau dimanche


France / 2013

05.02.2014
 



UN WEEK-END EN DEUX PARTIES





«- Toi, t’es content ? T’as 1400 € par mois ? Ça te va ?
- Oui, ça me va.
- Bah moi non. Alors je rêve !
»

Nicole Garcia aime les chroniques dramatiques familiales. Un beau dimanche en est une. Elle créé un beau couple de cinéma par la même occasion : Louise Bourgoin et Pierre Rochefort. Deux comédiens séduisants, fragiles, denses, déterminés qui collent très bien à leurs personnages. Une femme et un homme qui refusent les attaches mais qui s’attachent à leur liberté.

Deux déracinés aussi, arrachés à leur passé par fatalité ou par choix. Progressivement, leurs fantômes vont ressurgir, leurs démons vont se réveiller. Ce ne serait qu’un film sur deux âmes en perdition, avec cette force que seuls les survivants sont capables d’avoir, avec cette sensibilité que seuls les idéalistes (irréalistes ?) possèdent, l’œuvre aurait été magnifique.

Mais Garcia a peur de la chair, préférant juste la peau. La réalisatrice craint les excès et optent pour une modération : chacun s’épaule, se porte l’un et l’autre. L’alchimie est palpable. Mais jamais nous ne croyons à l’attirance sexuelle, le désir amoureux. Ils sont associés par la force des choses, ils sont amants par accident, ils sont aimants sans que l’on comprenne vraiment comment.

La tranquillité est impossible. Pourtant tout semble paisible. Le scénario manque de tensions, hormis celles, factices, créées pour donner un but à ce week-end écrasé par un soleil, légèrement noirci par les angoisses des tourtereaux. Ni polar, ni mélo, ni portrait social à la Chabrol, ni romance passionnelle à la Beinex, Garcia ne sait pas quel chemin emprunter. La Cendrillon et son chevalier serviable nous sauvent de l’ennui parce que les comédiens les incarnent sans compromis.

Le film, divisé en deux partie trop distinctes – la ville balnéaire et la résidence familiale – semble bancal. Seule la musique et les deux acteurs parviennent à relier les deux chapitres pour donner une cohérence à l’ensemble. D’autant qu’on ne voit pas très bien où veut en venir la cinéaste : critique de la haute bourgeoise ou difficulté à s’épanouir dans un système trop codé ? jeunesse maudite ou utopie d’un monde juste ? fable autour de deux rebelles ou conte cruel d’un prince déchu ?

A trop effleurer chacun de ses sujets, la réalisatrice ne nous satisfait jamais pleinement. C’est d’autant plus regrettable qu’Un beau dimanche est un beau moment de cinéma. Garcia n’est jamais aussi bonne que lorsqu’elle décrit le désenchantement des êtres, la tristesse insondable de ceux qui auraient pu être heureux. En étant plus dure avec la laideur des uns, les corrompus et les cupides, elle aurait, par contraste, embellit son couple, humble, intègre et sentimental. Cette famille composée avant même d'exister.
Le dimanche aurait alors été magnifique.
 
vincy

 
 
 
 

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