Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Supercondriaque


France / 2014

26.02.2014
 



LE MALADE IMAGINAIRE





6 ans après Bienvenue chez les Ch'tis, Dany Boon et Kad Merad reforment leur duo en vue d'émoustiller le le spectateur. Hélas, les deux acteurs finissent par ternir cette comédie, sur fonds de problèmes psychologiques, en la rendant plate.

Robert (Dany Boon), célibataire de 40 ans, est photographe pour un dictionnaire médical en ligne. Ce métier original est un véritable cauchemar pour cet homme qui souffre d'une hypocondrie maladive qui guide son style de vie depuis bien trop longtemps et fait de lui un peureux névropathe. Lorsque vous, vous riez de voir que Google vous prédit une tumeur à cause d'une simple migraine, lui le prend au sérieux, panique et se met à harceler son seul ami, le Docteur Dimitri Zvenska (Kad Merad). Pour se débarrasser de ce boulet sur patte, son ami pense avoir la solution: lui trouver l'amour (si c'était aussi simple, Howard Hugues n'aurait pas eu la même vie). C'est ainsi qu'il part en quête de la femme parfaite...

De prime abord, sans préjugés, on se dit que la farce va être amusante. Mais cette pensée s'efface très rapidement lorsque l'on prend conscience que le rire est aux abonnés absents, tout bon public qu'on soit. À la question rit-on? La réponse est non. On ricane, mais rien de plus. Et pour cause les scènes les plus drôles ont été dévoilées dans la bande annonce (pour l'effet de surprise on repassera), c'est dire le niveau. Le reste n'est qu'un trop plein de gags assez lourds qui fini par lasser le spectateur.

De par son statut, Dany Boon aurait pu réaliser une grande comédie populaire. En complexifiant inutilement son scénario avec une histoire rocambolesque d'asile politique, en flirtant avec Borat (sans jamais atteindre le génie du délire de Sacha Baron Cohen), en mixant un Woody Allen névrosé (mais pas aussi fin) et un Pierre Richard maladroit (mais pas assez gourde), il échoue à donner un souffle, un élan comique à son récit. Soit par manque d'ambition (ou de confiance), soit par paresse, Supercondriaque devient conformiste et ne dépasse jamais le stade de la compilation de sketches, sans liant.

A 30 millions d'euros (tout compris), Supercondriaque coûte cher pour compenser un antidépresseur. C'est propre, c'est chic, mais c'est aussi bancal et incohérent. Le scénario oublie parfois ses personnages en cours de route (l'hypocondrie devient même un accessoire du récit alors qu'elle en était le moteur). On passe de la comédie sociologique à la Chatiliez (en plus grossier) à la comédie d'aventures à la Veber (sans l'efficacité), en faisant escale par du théâtre de boulevard. Les rebondissements n'emballent pas la machine, au contraire, ils la rendent pesante. La mise en scène gâche de nombreux effets. L'histoire se cherche. Le message est sans doute généreux (l'étranger n'est pas le mal absolu). Mais à trop se répéter ou se contredire, le film est surtout prescripteur d'ennui. Mais, on l'a vu avec Les trois frères le retour, on peut croire qu'il sera recommandé par les spectateurs et servira de pilule anti-crise : un médicament générique, imparfait, sans effets secondaires autres que quelques sourires.
 
cynthia

 
 
 
 

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