Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Un amour d'hiver (Winter's Tale)


USA / 2014

12.03.2014
 



UN MANÈGE EN CHANTIER





"Nous sommes tous reliés par la lumière"

« Rien n'arrive par hasard » L'adage, qui n'est pas sans rappeler la philosophie de Paulo Coelho, constitue le leitmotiv d' Un amour d'hiver, premier long métrage du scénariste et producteur Akiva Goldsman. Adapté du roman éponyme de Mark Helprin, le film raconte une histoire d'amour extraordinaire à la fin du XXe siècle, entre un cambrioleur au cœur pur, Peter Lake, (Colin Farrell) et une jeune femme condamnée par la maladie, Beverly Penn (troublante Jessica Brown Findlay). Outre la perspective d'une mort soudaine et prématurée, le couple doit surmonter les manigances de l'ancien mentor de Peter, Pearly Soames (Russel Crowe), un être maléfique assoiffé de vengeance.

Goldsman ne fait ainsi qu'emprunter les codes du conte (le titre original est Winter's tale soit Conte d'hiver). L'idylle de Peter et Beverly s'inscrit dans la lignée des couples mythiques et intemporels. A l'instar de Roméo et Juliette, nés sous une « mauvaise étoile », les deux protagonistes connaissent un amour fulgurant que la mort même ne vainc pas. L'élément perturbateur n'est autre qu'un sbire de Satan, archétype du mal qui cherche à étouffer tout espoir.

Le bien et le mal. La chaleur et le froid. Si le personnage principal, Peter Lake, est présenté comme un antihéros, le film, lui, est essentiellement manichéen (Peter tue le méchant grâce à une plaque métallique sur laquelle est inscrit « City of Justice » !). Ce qui n'a rien de surprenant tant les références religieuses abondent (le « miracle », l'ange gardien, Lucifer...). Pas étonnant non plus que Goldsman ait choisi d'adapter le roman sous forme de parabole, procédé allégorique qui permet de délivrer un enseignement moral ou religieux. « Nous sommes tous reliés par la lumière » répète à l'envi Beverly, vierge incandescente qui finira sacrifiée sous un rayon de lune. Chaque personnage d'ailleurs irradie à sa façon. Peter Lake mise sa vie sur un penny, quand l'avare Pearly Soames possède quantité de gemmes et bijoux. Les décors conçus par Naomi Shohan, célèbre pour son travail dans l'onirique « Lovely Bones » de Peter Jackson, parviennent à sublimer la lumière, en soulignant sa puissance et sa capacité à consumer tout ce qu'elle touche.

C'est là que le bât blesse. Un amour d'hiver est labellisé "film fantastique". Or, le fantastique, ici, n'a rien à voir avec l'idée de réalité quotidienne perturbée par un élément irrationnel. Bien sûr, l'irruption d'un cheval blanc ailé ou autre créature fantasmagorique n'a rien de naturel. Mais les personnages s'en accommodent très bien. Pour illustrer l'intemporalité de l'histoire d'amour, le récit s'étend jusqu'à nos jours. Peter Lake erre dans les rues de New York, inchangé, et hanté par l'image de la jeune femme qu'il a aimée près de 100 ans auparavant. Cela crée forcément des situations embarrassantes, voire comiques, qui ne cadrent pas avec la gravité du film.

Ce qui faisait alors la force du conte devient sa principale faiblesse. A force d'accumuler les éléments invraisemblables, le film glisse vers le ridicule. Les personnages passent d'archétypes à des caricatures grotesques. Si bien que certaines répliques – censées élever le propos – tombent inévitablement à plat. Une maladresse qui entache le scénario et sa crédibilité. Au final, Goldsman donne l'impression de ne pas assumer la dimension fantastique de son premier long métrage.
 
Emeline

 
 
 
 

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