Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Need for Speed


USA / 2014

16.04.2014
 



FUEL FOR LIFE





Need for Speed est un film pop corn avec de belles voitures qui font des courses dangereuses, de belles nanas, un héros sexy blond aux yeux bleus et un méchant à battre sur le bitume. Ça démarre comme un remake de Fast and furious. Pourtant cette adaptation du jeu vidéo éponyme n'a rien à voir avec la célèbre saga de feu Paul Walker. Plus étoffé et plus dramatique, Need for speed frôle le drame shakespearien (light) dopé à la testostérone et au gasoil.

«Les amants maudits»! Voilà comment le personnage de Michael Keaton -un commentateur sportif complètement barré- s'amuse à surnommer les deux protagonistes masculins du film. Petit clin d'œil à l'œuvre de Shakespeare Roméo et Juliette. Clin d'œil plus que mérité avec cette histoire de haine vieille de plusieurs années. D'un côté, il y a Dino (Dominic Cooper), gosse de riche et vendeur de voiture qui aime courir à ses heures. De l'autre, il y a Tobey (Aaron Paul), pauvre petit mécanicien aussi talentueux avec un tournevis qu'avec un volant, qui doit joindre les deux bouts pour ne pas perdre son entreprise. La fracture sociale, c'est manichéen mais chacun peut s'y identifier. Ils se détestent à en mourir et se disputent la même femme (ce qui n'est jamais très bon). Du coup ces deux comparses se défient à tout bouts de champs et se menacent à coup de plaquage contre le mur (très sexy sur certains angles). Vous l'aurez compris, deux mâles se battent par vanité, pour marquer leur territoire (on se croirait dans un documentaire animalier) et pour une jolie fille qui aurait bien besoin de manger un bon McDo pour remplir son 36. Poussé à 370 km/h, on nage en pleine tragédie grecque version Mustang bleu acier avec ce drame à l'américaine où la frustration sexuelle et l'ébullition des hormones dégagent un propos fortement masculin, entre virilité exacerbée et concours de celui qui a la plus grosse.

Mise à part l'image dramaturgique revue au goût du jour et la puissance mâle du film, Need for speed traite aussi de la place de la femme dans l'univers des voitures. Ici, et contrairement à Fast and furious, il ne s'agit pas de mettre en avant (ou presque) des bimbos en mini-short, décolletés plongeants (ou étroits) et cheveux décolorés. Les personnages sont un peu moins stéréotypés que dans les autres films du genre. La blonde est une vraie blonde (c'est important), vêtue d'un long jean (pour une fois) et dotée d'esprit et d'humour. La belle n'est pas là pour le décor, ou simple objet de convoitise à conquérir. Elle n'hésite pas à le montrer en déversant sa science du moteur devant le héros ou en n'hésitant pas à balancer sur un flic tout ce qui lui passe par la main. Quant aux amis du héros, ils sont sarcastiques et se jouent d'eux-mêmes quitte à baisser parfois le pantalon. Les clichés sont souvent détournés par la dérision.

Certes, il s'agit d'un pur divertissement: grosses cylindrées, musique à fond, répliques à la va vite mais Need for speed à beau être un film du samedi soir, cela reste un petit spectacle plaisant. En apéritif de l'été qui approche, ce sous-blockbuster (à 66 millions de $ tout de même) n'est pas si mauvais. Pas plus que les autres films du genre en tout cas.
 
cynthia

 
 
 
 

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