Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Cendrillon (Cinderella)


USA / 2015

25.03.2015
 



COUP DE POMPE





"Sois courageuse et sois bonne."

Après Alice au Pays des Merveilles de Tim Burton, Blanche Neige et le chasseur de Rupert Sanders, et Maléfique de Robert Stromberg et en attendant Pan de Joe Wright ainsi que Le Livre de la Jungle de John Favreau, Disney dégaine son nouveau conte revisité en live-action. Ou comment se faire de l'argent avec une histoire vieille comme le monde. Comprenez ici que Cendrillon (Kenneth Branagh ou pas) n'apporte rien au dessin animé mythique!

Ella, jeune fille dont le père meurt accidentellement, vit au service de sa belle-mère et de ses deux méchantes demi-sœurs. Malheureuse et souvent seule, la demoiselle croise un jour le Prince du royaume dans lequel elle vit. Grâce à la bienveillance de sa bonne fée et de ses amis les animaux, son destin en est bouleversé.

Entre héritage… et simple copie !

Avant même que le film ne commence, on attend, on espère, on rêve d'une relecture. De manière étrange, on se dit que Disney ne va pas nous ressortir la même recette qui avait fait le succès de la première version, il y a de cela 65 ans. Non, Disney ne va pas nous faire ça, pas à nous, spectateurs et consommateurs de 2015. Et si, Disney le fait - et sans aucun remord. Aidé par un budget conséquent, Kenneth Branagh s'en donne à cœur joie. L'homme de théâtre a en effet la possibilité de nous servir un grand film, un de ceux qui marquent les esprits et dont le succès est insoupçonné. Après tout, avec Thor, il avait su insuffler un peu de son amour pour les drames Shakespeariens...

Du coup, cette version ressemble à un fâcheux copier-coller de la première version. La trame principale est la même : Cendrillon ne peut finir heureuse et épanouie qu'au bras de son prince charmant, même si pour cela, elle doit affronter sa cruelle belle-mère. A cause de sa longueur, le scénariste Chris Weitz réduit rapidement mais proprement au silence les parents de celle qui s'appelle encore Ella. Ils ne font que poser le cadre, introduire l'héroïne, nous donner des raisons de l'apprécier. Et ça marche ! Quand elle ne gambade pas dans son jardin, elle donne à manger aux animaux. Quand elle n'écoute pas les conseils avisés de sa mère, elle veille sur son père. Bref, Ella est une fille attachante et généreuse. Et bien qu'on la trouve un peu niaise (allez savoir si c'est le personnage ou l'actrice !?) on ne peut s'empêcher d'être touché par son histoire.

De la surenchère à l'état pur

Pour se différencier de l'autre version, ce Cendrillon 2015 fait dans l'extravagance. Une mise en scène plutôt impressionnante, des acteurs plutôt bien castés et surtout, un maximum d'effets spéciaux. Il y en a partout, tout le temps. Et si l'on a conscience que Cendrillon doit impressionner et faire rêver, le film ne fait qu'éblouir - sans doute pour nous faire oublier ce scénario complètement vide. Ainsi, l'arrivée soudaine de la Fée est l'occasion d'une flopée de plans tournés sur fond vert et la fuite de Cendrillon n'est qu'un prétexte pour nous montrer l'ampleur du château et de ses jardins.

Même au niveau de son casting, les producteurs tendent à rentabiliser le tout. Cendrillon doit parler aux plus jeunes, mais toucher les plus grands, les accompagnateurs. Pari réussi avec cette Lily James qui fait le boulot et devrait faire rêver un bon moment les petites filles. Quant aux plus grands, ils peuvent apprécier les talentueuses Cate Blanchett et Helena Bonham Carter qui tentent d'apporter crédibilité et charisme à un film qui pue la resucée. Enfin, Richard Madden (alias Robb Stark de Game of Thrones) prend un plaisir incompréhensible à incarner ce prince charmant un chouïa désuet.

Cela étant, on trouve tout de même quelques touches de modernité dans Cendrillon. Entre les renflements visibles et inattendus des personnages masculins et les décolletés plongeants des actrices, on en prend effectivement plein la vue. Sans rien nous proposer de nouveau, Kenneth Branagh fait un boulot correct au niveau de la réalisation. Mais à la fin, on a simplement de la peine pour cette ribambelle d'acteurs - pourtant talentueux - qui tombent régulièrement dans la caricature et ne sont pas sans rappeler Meryl Streep dans le très mauvais Into The Woods, où, déjà Cendrillon (Anna Kendrick) n'étincelait pas tant que ça.
A croire que ce conte populaire qui a traversé les siècles et les continents a perdu de sa beauté au contact d'un cinéma opulent et trop ostentatoire. La pantoufle de verre/ de vair (selon les versions) s'est voulue Louboutin et, pour le coup, ça marche mal.
 
wyzman

 
 
 
 

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