Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Knock Knock


USA / 2015

23.09.2015
 



2 JOURS DE RÉFLEXION





« -Ce n’est pas tout le monde qui laisse entrer deux inconnues chez lui.
-Vous n’avez pas l’air si dangereuses…
-Je n’en suis pas si sûre…"


Quand un homme marié et père de famille se retrouve seul chez lui durant quelques jours et qu'un soir de pluie deux jeunes filles séduisantes et perdues sonnent à la porte… En moins de 48h, c’est l’existence tranquille de sa vie qui va être menacée.

Retour sur l’itinéraire de Eli Roth tellement biberonné de films fantastiques qu’il a contribué à en redéfinir les genres: Cabin fever sera suivi de quantité de films du genre ‘des-jeunes-dans-une-cabane-au-fond-des-bois-et-il-va-y-avoir-des-morts…’: Hostel et Hostel Chapitre 2 seront emblématiques d’une nouvelle série de films du genre ‘torture-porn’, Aftershock (sorti direct en dvd) est une nouvelle variation du genre ‘post-apocalyptique’, The Green Inferno (inédit depuis 2013, et qui sort en e-cinema sur différentes plateformes web le 16 octobre 2015), qui ressuscite le genre du ‘cannibal movie’, et ce dernier Knock Knock s’inscrit dans le genre ‘home invasion’, soit une intrusion dans la vie des gens pour la détruire…

Cependant, alors que depuis Cabin fever Eli Roth était plutôt le réalisateur précurseur qui abattait ses cartes le premier, cette fois avec Knock Knock il semble avoir passé son tour pour être un suiveur parmi d’autres. Avant lui on a pu voir récemment des films bien plus originaux comme Mother's Day de Darren Lynn Bousman, You’re next de Adam Wingard, ou Cherry Tree Lane de Paul Andrew Williams en Angleterre (resté inédit en France), soit autant de jeux de massacre. Cependant, de manière étonnante Eli Roth, assagi, s’éloigne cette fois de ce qui est sanglant. Knock Knock représente quasiment un virage à 180 degrés à l’opposé de ses films gores précédents. Ici c’est plutôt un thriller émaillé d’à peine quelques gouttes de sang mais avec un suspens grandissant. Pas de brutalité particulière mais le déroulé d’un piège sexy et machiavélique. Dans le rôle de la victime c’est Keanu Reeves, première superstar hollywoodienne dans un film du réalisateur, et face à lui deux ‘innocentes’ jeunes filles trempées et perdues qui ont sonné à sa porte…

L’histoire est en fait un remake du film Death Game (1977) avec Seymour Cassel et Colleen Camp, qui d’ailleurs joue dans une courte séquence face à Keanu Reeves, en plus fun. Il s’agit du même jeu du chat et de la souris, le prédateur étant dédoublé sous la forme de deux demoiselles qui vont inciter un homme marié à commettre une infidélité pour le punir ensuite. Les intentions suggestives des amazones se dévoilent très vite, et leur perversité va progresser crescendo. On verra une partie de cache-cache, un défi de 'cours-moi-après-que-je-t’attrape', une parodie de quizz télé, et un simulacre de mise à mort. Knock Knock est jouissif dans la mise en place du piège, mais force est de reconnaître que le film tourne un peu en rond vers une certaine frustration. Pourquoi sont-elles si méchantes ? Parce que, point. Ce genre de films comporte des éléments qui joue avec la bienséance, mais ici, contre toute attente, il ressemble davantage à un sermon moralisateur…

Le film est bien ancré dans notre époque : notre réputation auprès des voisins et notre e-réputation sur les réseaux sociaux déterminent qui nous sommes. Aujourd’hui chaque américain "dans le rang" fantasme en secret sur une jeune nymphette du genre Miley Cyrus : l’actrice Ana de Armas a presque la même apparence (l’autre actrice Lorenza Izzo est la muse de Eli Roth depuis 3 films et sa compagne avec 20 ans d'écart). Le réalisateur s’amuse d’ailleurs de tout ça avec une joyeuse anarchie qui va détruire, au propre comme au figuré, le foyer familial. Pour cette fois la cruauté et le viol de l’intimité (autant celle du corps que celle du foyer) qui font de Reeves une victime conduit à une inversion inhabituelle des rôles. Knock Knock permet pour la première fois à Eli Roth d’évoquer la famille, la cellule familiale américaine heureuse... du moins en apparence. Dommage qu'il n'est pas plus approfondit le sujet.
 
Kristofy

 
 
 
 

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