Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Diamant noir


France / 2016

08.01.2016
 



BLOOD TIES





«- Tu es pas chez toi, ici. »

Diamant brut que ce Diamant noir. Il est rare qu’un polar français soit aussi bien écrit, découpé et interprété de manière impeccable. Le premier film d’Arthur Harari impressionne même par l’exigence de sa mise en scène. Dès le premier plan, on est happé par cette histoire de diamantaire, fasciné par la beauté de la pierre, effrayé par le cri de douleur animal d’une main qui se fait broyer.

Mais c’est bien dans sa manière de nous manipuler que le cinéaste entend nous mener. Sorte de survival aux héros fatigués, le film se veut aussi précis que le ciselage d’un diamant. Au fur et à mesure de l’accélération du tempo, du brouillage des pistes, de la complexification du récit, on comprend que cette histoire de vengeance (et d’héritage) est une histoire de sang : celui qui irrigue l’oeil épuisé à scruté l’infiniment petit, celui d’une main qui peut être charcutée par une machine, celui qui coule dans les veines, et son ADN qui va avec.

Le film porte bien son titre : c’est un diamant dans la production actuelle, et il est noir, dans son genre. Ce n’est pas un simple exercice de style mais bien une manière de rendre hommage au cinéma en faisant du cinéma, loin d’un formatage préconçu pour la télévision. Comme un diamant, le film a plusieurs facettes, hypnotise parfois, et garde son mystère. Car c’est étouffant, intense, pervers, ambiguë. Un jeu de miroir où l’on ne sait plus distinguer le reflet original et même celui qui s’y reflète.

Bourré de références, de rebondissements, et sans temps morts, il nous happe très vite avec son mélo-polar familial anversois aux influences américaines. Peut-être que l’aspect cinématographique et kaléidoscopique nous aveugle. Mais on veut croire qu’un grand cinéaste est né. A moins qu’il n’est mis toute sa ferveur dans ce premier film. Il y a dans son intention, cependant, un désir de prouver que l’émancipation n’est pas un fleuve tranquille et que la liberté peut coûter cher. Le danger était quand même de se piéger dans un scénario trop habile et une réalisation trop construite. Pourtant, de cette noirceur, la lumière jaillit et la les sentiments sont bien en chair. Le casting n’y est pas étranger. A commencer par le beau Niels Schneider, qui prend enfin du corps et des épaules, éphèbe blond muant en prince shakespearien, et sublime incarnation d’un homme un peu maudit, dont la jeunesse n’empêche pas son personnage d’exister et de s’imposer au milieu d’une troupe qui compose autant d’obstacles à sa quête. La gravité sombre lui sied bien et illumine, paradoxalement, ce clan obscur qui l’entoure.

Avec tous ses éléments, Diamant noir prouve qu’un film européen peut être à la hauteur de ses maîtres américains. Entre James Gray et Jean-Pierre Melville, ce film de « voyous » sur les liens du sang et sur un « sans rien », prouve qu’on peut encore fasciner avec un cinéma qui ne cherche pas à revisiter un style mais, au contraire, a son style (singulier) en cherchant une certaine préciosité. Avec précision.
 
vincy

 
 
 
 

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