Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Kingsman: Le cercle d'or (Kingsman: The Golden Circle)


USA / 2017

11.10.2017
 



Y A-T-IL UN GENTLEMAN POUR SAUVER LE MONDE ?





« Ton ami Charles a déconné. C’est tout ce que tu dois savoir. Je veux que tu le mettes dans le hachoir. »

Le premier film des agents de Kingsman, pas si loin d’un OSS 117, avait surpris par sa fraîcheur, son ton légèrement décalé et son succès imprévu. La suite ne pouvait qu’être un cran en dessous. D’abord parce qu’à Hollywood on ne conçoit un sequel qu’en vertu d’une surenchère tape-à-l’œil, ce qui enlève le charme naturel des premiers films. Ensuite parce que l’effet de surprise ne peut plus avoir lieu. Enfin, et surtout, la bonne idée de départ qui jouait sur les contraires (un ado normal et mal élevé se confronte à des agents secrets doués et bien éduqués), il était difficile de renouveler le concept. L’ado est devenu dandy lui aussi.

Kingsman : Le cercle d’or ne faillit pas à la règle. Le divertissement multiplie les personnages (et les stars), ce qui le contraint à raconter beaucoup de petites histoires en plus de l’intrigue (basique). Ceci explique en partie pourquoi on ressent la longueur du film d’action qui s’étire sur deux heures vingt. Phénomène accentué quand on note que l’intrigue ne démarre qu’au bout d’une demi heure, après de multiples digressions. Le film est presque boursouflé. La musique en rajoute, soulignant pompeusement des effets visuels vaniteux et frimeurs. Sans oublier les invraisemblances (particulièrement la chronologie et la temporalité : un seul exemple, il est impossible d’aller du nord-est des Etats-Unis au Cambodge en moins de douze heures).

On peut s’amuser de cette moquerie, aux frontières de la parodie d’un James Bond, format XXL. Le prologue rappelle d’ailleurs furieusement une intro à la 007, avec cascades, gadgets, coups de poings, poursuite, le tout à vive allure (c’est d’ailleurs la seule séquence vraiment rythmée du film). Kingsman ajoute quand même une dose d’humour décalé très british bienvenue.

Colin Firth papillonne

Pour l’antagonisme, en revanche, il ne faut plus vraiment compter sur l’opposition entre Taron Egerton, désormais membre du club, et Colin Firth. Ce dernier, qui se laisse attendre dans le scénario, est un peu à a ramasse et hérite, sans aucun doute, d’un des rôles les plus mal écrit dans sa carrière. C’en est choquant : Colin Firth, qui papillonne, joue même comme un pied. Taron Egerton doit donc se frotter à d’autres « oppositions » : la famille royale de sa « blonde » (il reste un roturier), l’agence consœur américaine (aux méthodes un peu différentes), la méchante vilaine qui veut tuer l’humanité (Julianne Moore qui se régale toute seule à jouer les psychopathes, perdue dans les fifties et au milieu de la jungle). On l’aura compris, c’est beaucoup plus classique. C’est davantage un plaisir de cinéphile qui rend l’aventure distrayante grâce à Julianne, mais aussi l’exhib Channing Tatum, la revenante Halle Berry, la toujours parfaite Emily Watson, et le vétéran Jeff Bridges. Même s’ils sont tous sous-exploités.

Un Blockbuster qui cherche son style

Ce qui n’empêche pas quelques bonnes séquences comiques - le dîner royal, le caméo d’Elton John -, quelques bonnes scènes d’action – la très james bondiennes partie dans les Alpes italiennes –, un président américain aussi barré que Donald Trump, et des twists pas inintéressants – dont le sacrifice d’un des personnages principaux. On remarquera aussi un humour grivois (le placement d’un mouchard dans le sexe d’une femme est sans aucun doute un futur moment culte) qui détonne dans la production actuelle et rappelle les films de Zucker-Abrahams-Zucker.

Au final, Kingsman 2 s’avère bâclé au niveau du scénario et s’en sort grâce à ses gros moyens et à son héros, toujours à l’aise en costume cintré. On regrette même que le film n’aille pas plus loin dans la satire sur les élites, du président américain aux diplômés d’Harvard. Mais à vouloir jouer la surdose, l’outrance et l’excès, le film perd ce qui avait fait le charme du premier : son originalité.
 
vincy

 
 
 
 

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