Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Hellboy (Hellboy: Rise of the Blood Queen)


USA / 2018

08.05.2019
 



L’ENFER DES REBOOTS





- Il va me falloir une carte d’identité, amour. - T’es sérieuse ?

Onze après Ron Perlman, c’est au tour de David Harbour d’enfiler le costume infernal de Hellboy. Petite analyse d’un désastre annoncé.

Une histoire sans intérêt

De retour pour de nouvelles aventures, Hellboy est contraint d’affronter la Reine de Sang Nimue afin d’éviter que les forces obscures ne reviennent sur Terre. Cette quête lui permet d’en apprendre davantage sur ses origines. Voilà pour le pitch de ce reboot qui n’aurait vraisemblablement jamais dû voir le jour.

Pourquoi cela ? Précisément parce que le Hellboy de Neil Marshall n’a pas grand intérêt. Pensé comme le premier volet d’une nouvelle saga, ce film n’est qu’une accumulation de scènettes se voulant comiques et plombées par une sur-utilisation d’effets spéciaux. Plus qu’une histoire centrée sur les origines de Hellboy ou une profonde réflexion sur l’opposition bien-mal, Hellboy (que certains ont l’audace d’appeler Hellboy 3) n’est qu’un prétexte à une surenchère d’effets numériques loin d’être toujours convaincants.

Il faut dire qu’avec un scénario signé écrit à six mains mais sans consistance, il était nécessaire de chercher à remplir la mission principale d’un film fantastique de cet acabit : divertir. Et même là, Neil Marshall ne parvient pas à s’en sortir avec les honneurs. Persuadé que les mouvements de caméra incessants et les champs-contrechamps frénétiques sont efficaces, il n’a pas réalisé que l’ensemble était souvent illisible. A l’instar d’un Michael Bay période Transformers 2, Neil Marshall use jusqu’à la corde des avancées technologiques propres à notre époque.

Malheureusement pour lui et les producteurs qui ont financé le film, cela ne suffit pas. Faire gicler du sang ici et là et offrir au spectateur un dilemme qui pourrait être résolu en moins d’une heure ne suffit pas. Quant aux rebondissements grossièrement disséminés par Andrew Cosby, Christopher Golden et Mike Magnola, ils n’atteignent jamais leur but. Pour ne pas voir où les trois hommes tentent d’aller lorsqu’ils font intervenir le Roi Arthur, Merlin et l’épée d’Excalibur, il faudrait être aveugle.

Un désastre industriel

Les décors tiennent la route tandis que les costumes sont à l’image du scénario : brouillons. Si la musique de Benjamin Wallfisch offre quelques coups d’éclat, elle est loin d’être aussi subtile que celle de Marco Beltrami ou Danny Elfman. Quant à la direction artistique, seuls les plus fervents adorateurs du comics de Mike Mignola applaudiront face au résultat.

Ne reste alors à ce Hellboy que son casting pour s’en sortir. Et là encore, le film à 50 millions de dollars est bancal. Oubliez Guillermo del Toro, Ron Perlman, Selma Blair et John Hurt. Ils ont été remplacés par les bien moins expérimentés David Harbour, Sasha Lane, Daniel Dae Kim et Ian McShane. Superstar depuis que Stranger Things fait un carton sur Netflix, David Harbour fait son possible pour donner vie au personnage diabolique qu’est Hellboy sans jamais copier son prédécesseur. Résultat : sa performance tient la route sans être extraordinaire.

Seconds rôles de choix, Sasha Lane (American Honey) et Daniel Dae Kim (The Good Doctor) font tout juste l’affaire. Quant à Ian McShane, force est de reconnaître qu’il fait le boulot sans que son charisme ne soit aussi fort que dans American Gods. Un sacré gâchis ! La seule plus-value aurait pu venir de Milla Jovovich. En Reine du Sang, elle en fait parfois des caisses mais contre toute attente, cela fonctionne. Voilà pourquoi le spectateur ne peut s’empêcher de se demander pendant près de deux heures pourquoi une actrice avec un tel talent continue de jouer dans des films du genre et surtout, pourquoi elle a accepté de jouer les futures décapitées pour un projet bien moins porteur que ses Resident Evil.

Plus qu’un désastre, Hellboy est un film que l’on aimerait pouvoir oublier. Véritable flop outre-Atlantique, le film de Neil Marshall brille par sa médiocrité et son manque de cohérence. Espérons que Guillermo Del Toro ne prenne jamais la peine de le regarder !
 
wyzman

 
 
 
 

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