Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Le Roi (The King)


/ 2018

01.11.2019
 



LE PRINCE REBELLE





« Un nouveau chapitre de ma vie s’ouvre. »

Deux ans après War Machine, Netflix a de nouveau acheté les droits d’exploitation d’un film de David Michôd, un effort audacieux et divertissant.

Naissance d’un héros

Jeune prince rebelle, Hal a toujours tourné le dos à la royauté pour vivre auprès du peuple. Mais à la mort de son père, le roi Henry IV d’Angleterre, il ne peut plus échapper à son destin et est couronné à son tour. Malheureusement, il n’est pas préparé à affronter le désordre politique et la guerre laissés par son père.

Pour incarner un personnage censé avoir 27 ans au moment de son couronnement en 1413, les producteurs du Roi Brad Pitt, Liz Watts, Dede Gardner et Jeremy Kleiner ont fait le pari de choisir Timothée Chalamet. Révélation de 2018 grâce aux films Call Me By Your Name et Lady Bird, le Franco-américain de 23 ans au corps filiforme se lâche ici et dévoile des talents d’acteurs encore insoupçonnés.

Il casse son image proprette en se muant en nouvelle icône anglaise aux accents punk. Le temps d’un « film sur l’Histoire » d’excellente facture visuellement, il prête avec conviction ses traits à un personnage dépité par son propre destin. Le roi Henri V ne trouve en effet du réconfort que dans l’amitié de son mentor Sir John Falstaff (Joel Edgerton).

Très similaire en termes de ton (le sexe en moins) aux séries Les Tudors et Borgia, Le Roi s’intéresse avec précaution à la montée en puissance d’un homme loin d’être soucieux de l’avenir en apparence. Plus complexe qu’il n’y paraît, Hal comme l’appellent ses proches prend difficilement ses marques à la tête d’un royaume dont il n’a jamais voulu. Fougueux de par son tempérament, le nouveau roi assimile rapidement les us et coutumes de la politique étrangère et nationale.Presqu’aussi à l’aise avec le sexe opposé qu’avec ses ministres, cet Henri V captive dès lors qu’il tente de déjouer les manigances des autres ou qu’on l’interroge avec insistance.

Plus encore, afin de donner consistance et enjeu à cet homme en devenir, les scénaristes Joel Edgerton et David Michôd ont eu la bonne idée d’adapter les pièces Henry IV et Henri V de William Shakespeare et donc de retranscris la bataille d’Azincourt — une lourde défaite pour la France. Emmenée par un Louis de France énigmatique et sexy à souhait, cette bataille se solde par une victoire anglaise. Comme le signe avant-coureur d’un destin voué à être exceptionnel, c’est avec sa femme Catherine de Valois (Lily-Rose Depp again!) qu’Henry V a l’échange le plus important de cette oeuvre.

Un divertissement coûteux

Une chose est sûre, Le Roi rassemble une belle brochette d’acteurs. Après ses quatre nominations au SAG Awards, Timothée Chalamet s’apprête à une nouvelle pluie de récompenses grâce à ce rôle tout en subtilité. A ses côtés, Joel Edgerton et Robert Pattinson (Louis de France) rivalisent de charisme tandis que Sean Harris brille de mille feux avec son interprétation de Sir William Gascoigne. Enfin, impossible de ne pas mentionner la fluidité des trop brèves apparitions de Lily-Rose Depp, Ben Melsohn (Henry IV) et Dean Charles Chapman (Thomas de Lancastre).

Pourtant aussi envoûtant que le présageaient les différente bandes annonces, Le Roi peine au niveau des faits historiques. En réécrivant l’Histoire, il multiplie les occasions de perdre ceux qui le regardent. Entre un Henri V aux antipodes de ce qu’il était vraiment, un Louis de France placé sur le front de la bataille d’Azincourt sans raison apparente et un champ de bataille trop favorable aux Anglais, le film de David Michôd passe facilement du statut élitiste de drame historique à celui de drame pour ados. Et ce, en dépit d’un budget extraordinaire mais tenu secret par Netflix.

Magnifique de par ses décors, la qualité de son casting et sa photographie particulièrement froide, Le Roi devrait ravir les plus jeunes, amateurs de « films d’Histoire » ou simplement fans du trio Chalamet-Depp-Pattinson. Les autres pourront passer leur tour.
 
wyzman

 
 
 
 

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