Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



Ailleurs
Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary
Effacer l'historique
Ema
Enorme
La daronne
Lux Æterna
Peninsula
Petit pays
Rocks
Tenet
Un pays qui se tient sage



J'ai perdu mon corps
Les misérables
The Irishman
Marriage Story
Les filles du Docteur March
L'extraordinaire voyage de Marona
1917
Jojo Rabbit
L'odyssée de Choum
La dernière vie de Simon
Notre-Dame du Nil
Uncut Gems
Un divan à Tunis
Le cas Richard Jewell
Dark Waters
La communion



Les deux papes
Les siffleurs
Les enfants du temps
Je ne rêve que de vous
La Llorana
Scandale
Bad Boys For Life
Cuban Network
La Voie de la justice
Les traducteurs
Revenir
Un jour si blanc
Birds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn
La fille au bracelet
Jinpa, un conte tibétain
L'appel de la forêt
Lettre à Franco
Wet Season
Judy
Lara Jenkins
En avant
De Gaulle






 (c) Ecran Noir 96 - 24


  



Donnez votre avis...


Nombre de votes : 17

 
Los Lunes al Sol (Les lundis au soleil)


Espagne / 2002

12.03.03
 



SOUFFLES DE VIES





"- C ’est comme les siamois. Ils sont collés ensembles. Nous aussi, on est collés ensembles. S’il y en a un qui tombe, on tombe tous".

Un magnifique voyage au coeur de l’être. Ce film n’inspire que des superlatifs, tant il déborde de beauté. Une beauté d’autant plus exceptionnelle qu’elle naît d’un drame humain exposé avec une authenticité des plus palpables. Fernando Léon de Aranoa fait ici preuve d’une véritable prouesse : nous offrir un film social, exempt de tout discours idéologique, critique ou dénonciation, afin de toucher, au plus près, la vie de ce groupe d’amis en proie au chômage.
Toucher, regarder, sentir et ressentir leurs êtres, leur existence, par le biais de ce qu’elle a de plus ordinaire, de plus grave, de plus fragile ; mais aussi à travers ce qu’elle a de plus précieux : ses instants de bonheur simple. L’amitié, l’amour conjugal et fraternel, la solidarité, le regard sur soi et les autres, la dignité, la vie, ses usures et ses rêves... Autant de thématiques qui font des Lundis au Soleil un film dramatique, certes, mais irrévocablement optimiste. Le point de non-retour, atteint par chacun des personnages, d’un point de vue social et personnel, en fait des êtres définitivement tournés vers l’avenir.
L’histoire des Lundis au Soleil nous inonde de ce que ces hommes ont de plus vivant, ce qui les fait grandir. Chronique de sept c¦urs usés mais battants toujours plus forts, filmés en toute élégance, d’une manière à la fois tranchante et mélodieuse : Fernando Leon de Aranoa entrelace, avec virtuosité, réalisme et poésie, tourment et insouciance, douleur et bien-être, mais surtout gravité et humour. La mise en scène dénude ; les comédiens se mettent à nu. De Javier Bardem et Luis Tosca, les plus connus, à José Angel Egido, Enrique Villén, Celso Bugallo et l’actrice Nieve de Medina, tous, qu’ils incarnent des rôles principaux ou secondaires, explosent de sincérité. Chaque personnage est animé d’une présence hors du commun. Chaque comédien vient à nous, presque physiquement. Ils sont vrais et vivants tout simplement.
Un véritable moment de tendresse ! Touchant, émouvant, à la fois tragique et drôle, Les Lundis au Soleil, est un film intimiste comme on souhaiterait en voir bien plus souvent. Tout l’art de Fernando Leon de Aranoa réside dans son regard : les facilités avec lesquelles il explore, sous des angles complémentaires, les personnages qu’il met en scène. Il concilie magnifiquement vision directe et humilité du regard. Il est, à la fois attentif et attentionné. C’est ici que repose toute l’authenticité, toute la poésie et la générosité des Lundis au Soleil. Un film rare.
 
sabrina

 
 
 
 

haut