Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Le petit Poucet


France / 2001

17.10.01
 



PAS ASSEZ POUSSE





A la vue du film, Le Petit Poucet est un film pour enfants, s'adressant à un public familial à l'instar d'un Disney. On aurait pu croire, imaginer, espérer qu'il s'agirait d'une oeuvre revisitant la conte original, ayant un propos moderne, une direction artistique contemporaine, et finalement, par une noirceur sous entendue, qu'il viserait les adultes davantage que leurs progénitures. La fin, moraliste, naïve, maladroite et clamée par une voix off qui se veut sage conseillère nous détruit nos maigres attentes.
Le Petit Poucet fera peut-être le succès tant souhaité pour le cinéma français, et pour ce genre oublié du cinéma européen qu'est le film familial. Mais Dahan a réalisé un film ayant la prétention des grandes productions avec une vision relativement minimaliste. C'est là toute la limite des effets spéciaux utilisés comme décors dans un cinéma d'auteur. Que ce soit chez Pitof, Rohmer ou Dahan, quelque soit l'inspiration artistique, l'effet de ces effets donnent un sentiment de ratage. Comme si la technologie amenuisait l'ambition artistique.
Soyons francs, Le Petit Poucet est un calvaire visuel. Outre son manque d'originalité et cette impression constante de déja vu, la mise en scène quasiment immobile met en avant deux autres faiblesses : le cadrage et le montage. Le cadre est banal, soit serré, soit large, alternant l'image télévisuelle à la perception d'une scène de théâtre. Un parti pris éprouvant. Le montage, quant à lui, hésite entre les scènes rythmées dotées d'images quasiment subliminales et des séquences presqu'illustratives. Le film, au final, devient bancal, lent et long, malgré sa durée plutôt courte.
L'esthétisme est contestable, manquant de profondeur, de fraîcheur voire de cette irréalité cauchemardesque qui assombrit l'innocence des enfants. Il gâche le divertissement, le rendant prétentieux et simpliste. Les séquences de l'Ogre ou du Soldat à la jambe de fer sont violentes, mais surtout elles empruntent trop à l'art pictural sans en restituer la magie. Ce mélange de conte illustré et de cinéma pour enfants donne un aspect artificiel. Le scénario, qui suit trop à la lettre l'histoire de Perrault, freine l'allégorie et empêche le film de dépasser le stade d'une oeuvre storyboardée.
Il est inquiétant de voir qu'un auteur français est incapable de transposer un morceau de son patrimoine littéraire avec la liberté et l'innovation qu'aurait mis un étranger au service d'une légende comme le petit Poucet. La direction d'acteurs de Dahan n'y aide pas non plus. Les interprètations sont trop théatrales, voire décalées. Elodie jolie s'en sort moins mal que les autres. Mais seule Deneuve récite son texte avec justesse, dans un rôle faisant écho à Peau d'âne.
On suit donc les aventures d'un gamin malin déjouant les pièges et les ennemis. Le contexte est guerrier et les épisodes se succèdent comme autant de petites histoires. Les transitions n'existent pas. Les personnages sont souvent réduit à leurs actes. Le film s'achève lourdement sur de grand sprincipes de la vie, qui n'ont pas grand chose à voir avec le reste. Là où Burton en aurait fait une fable psychologique où le personnage marginal se serait dépassé par son propre imaginaire, Dahan ne sait pas choisir entre les genres et transforme sa super-production en calque d'un livre pour enfants. Le film aurait mérité d'être plus audacieux. D'avoir une véritable direction artistique. D'avoir le culot de son personnage. Et de donner au spectateur un plaisir réel, avec du rire, des larmes, de l'émotion. Pour le coup, c'est trop lisse, trop froid.
 
vincy

 
 
 
 

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