Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Red Dragon (Dragon rouge)


USA / 2002

30.10.02
 



LECTER CONDAMNÉ A LA FRANCHISE





"- Et remerciez Dieu. Nos peurs ont le pouvoir de nous rappeler que le passé était vrai."

On nous avait déjà fait le coup du remake du classique parfait mais trop noir et blanc pour supporter la vision des jeunes générations, on n'avait pas encore eu droit à celui de l'original pas assez cohérent pour entrer dans le coffret DVD d'une franchise. C'est donc chose faite avec Dragon rouge qui, s'il n'apporte pas grand chose par rapport à Manhunter, l'original de Michael Mann, a pour essentiel avantage marketing d'exploiter une fois de plus le personnage désormais très vendeur d'Hannibal Lecter à la sauce Anthony Hopkins.
Dragon rouge n'en est pas pour autant un mauvais film. Si la famille De Laurentiis n'a pas su résister à la tentation de se faire une nouvelle rentrée de dollars sur le filon de leur anthropophage préféré, celle-ci semble avoir été en revanche consciente de l'échec artistique du précédent chapitre. La bêtise monumentale d'Hannibal, au delà de son succès opportuniste, ne donnait pas nécessairement envie de se replonger dans une nouvelle adaptation de l'œuvre de Thomas Harris. Oubliées donc les vaines prétentions auteurisantes de Ridley Scott, confinant au ridicule outrancier, la production s'est rabattue avidement du côté de la référence oscarisée: Le silence des agneaux. Histoire que la copie soit conforme à la recette éprouvée, l'idéal faiseur de sur mesure a été engagé en la personne de Brett Ratner (Rush Hour 1 … et puis 2). Le réalisateur livre donc une copie appliquée qui évite toute innovation hasardeuse. L'ensemble se laisse voir avec un goût de rediff télé.
Il faudrait peut-être chercher l'originalité dans le casting. Le prestige de la série a rassemblé une distribution allèchante. Le peu d'ambition créative de l'entreprise semble avoir cependant convaincu les acteurs d'assurer un service minimum. Edward Norton compose un agent du FBI trop transparent pour retenir l'attention, Philip Seymour Hoffman manque de matière pour s'extirper de sa routine de seçond rôle auquel on le cantonne et Ralph Fienes nous refait le coup du cinglé intériorisé sans pour autant déborder d'intensité. Seule Emily Watson ne faillit pas à sa renommée d'actrice hors pair, puisqu'elle parvient avec brio à transcender son rôle, pourtant peu évident, de victime aveugle. Dégageant une présence magnétique à l'écran, elle parvient à établir un équilibre saisissant entre force et fragilité, frustrations et désirs. Tout dans la nuance donc, bien loin de Sir Anthony Hopkins qui reste, est-il besoin de le souligner, l'attraction principale du reformattage. On sait l'amour que l'acteur porte à son rôle fétiche. Il l'endosse une fois de plus avec un plaisir et une expérience qui ne se démentent pas, quitte à se complaire dans la redite. Car il ne suffit par d'un sourire carnassier et d'une oeillade meurtrière pour provoquer la terreur sur commande. Dans Le Silence des agneaux, l'ogre Lecter venait subtilement perturber le cours des événements du fond de son placard ou par le biais de son évasion magistrale. Il perdait ensuite dans Hannibal beaucoup de son aspect menaçant, car bien trop exposé dans l'outrance. Dans Dragon Rouge, le gourmand retrouve sa place en arrière-plan qui lui sied si bien. Sauf que l'attente du public est telle dorénavant que le réalisateur et l'interprète se sentent obligés d'exhiber le phénomène bien au delà des justifications du scénario. Bref, on s'installe désormais dans ses petites habitudes et la familiarité ne sert pas vraiment le potentiel du monstre.
Du classique de l'épouvante, ce dernier pourrait très vite se voir emprisonné par la loi des séries et subir une duplication fatale à l'instar d'un Freddy Kreuger ou d'un Mike Myers (celui d'Halloween, pas le psychédélique) qui ne se sont jamais remis d'en avoir pris pour perpet'.
 
petsss

 
 
 
 

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