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Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes. |







(c) Ecran Noir 96 - 25 |
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South Park: Bigger Longer & Uncut (South Park, le film)

USA / 1999

25.08.99
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 CONCOURS DE PAIX

"- T'aimes ça ma salope?!" (Saddam Hussein à Satan)
Ils ont fait très fort. Dans l'irrévérrence, dans le mauvais goût, dans la provocation, South Park est un sommet (de la montagne Paramount).
Tout commence comme dans un Disney (dont ils se foutent), avec une gentille-chanson pour de gentils-spectateurs, montrant le gentil-patelin (péquenot) de montagne. Les photos animalières ornent les murs de l'école, les biches et les écureils surgissent lors d'une chanson d'amour, etc... Dans le même temps, les prouts et le dégueuli, le clitoris et les gros mots (putain, merde, enculé...) deviennent enjeux nationaux.
South Park est une réaction. Depuis les années 50, on accuse les USA de décliner, moralement, à la fois vers une société ultra-moralisatrice et aussi vers une civilisation ultra-violente. Les deux sont liés. Ce dessin animé politiquement incorrect, grossier et bourré de références mass-média, ne fait que souligner la bêtise des deux. La morale entraîne la perversion, le mal absolu, et l'absence de liberté individuelle. Tout est résumé dans cette phrase prononcée par l'odieuse maman de Kyle (qui a des airs de Madeleine Albright) : "Toute violence est acceptable pour autant que le langage qui l'accompagne soit convenable". L'Amérique aujourd'hui accepte la violence, les armes, le sang. Mais fait du sexe et du langage (ordurier ou pas) les vrais critères de censure, que ce soit pour des films ou des disques.
Aussi, le délire Southparkien est le bienvenu et nous fait jubiler, malgré quelques numéros musicaux de trop (le solo de Saddam...), ralentissant un peu la poussée vers l'apocalypse. Car les créateurs ont été très loin. De la puce électronique qui électrise à chaque gros mots au lavage de cerveau scolaire, du lobbying de n'importe quel groupuscule jusqu'à la peine de mort, toute l'essence même de l'Amérique et de ses idées s'y trouvent. On aime ou pas, South Park est une mesure de salubrité publique.... Si les parents sont les premières cibles de ce massacre sémantico-imagé, ce n'est pas innocent.
A cela, le cartoon se remplit de références qui feront sourire les plus observateurs : le soldat dans une chaise roulante (Né un 4 juillet), Cartman qui envoie de l'électricité avec ses poings (Goldorak et son cornofulgure), l'orque qui saute en l'air (Seaworld), le général au cigare (Patton), etc....
Le sommet de ce film d'animation réside dans le plus saugrenu des personnages, Kenny (mort atroce et anthologique assurée), que l'on découvre enfin, et celui de Satan. Son duo sado-maso homo avec Saddam est un régal qui prend son envol dans un numéro musical très pop aux couleurs de la fierté gay (arc-en-ciel). Les phrases entre le dictateur irakien et le seigneur des enfers (les enfers d'ailleurs superbes en décors et effets visuels.) fusent comme dans une sitcom: "Satan, ton cul est gigantesque et rouge, qui d'autre veux-tu que ce soit?! Liza Minelli?!". Tout est dans le détail, aussi. Satan, être sensible, passif, en quête du grand amour et d'écoute, lisant "Saddam is from Mars, Satan is from Venus", référence directe à un best-seller continental. On voit bien qu'au delà du dessin-collage animé , au delà de la Canadophobie affichée, il y a, chez South Park, une véritable critique (acide) de la société qui nous entoure.
Il ne faudrait, cependant, pas que la bêtise de ces enfants soient érigées comme norme de l'intelligence. vincy
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