David Lynch, Lion d'or et Palme d'or, n'a pas tourné de long métrage depuis 2006. Une longue absence. Heureusement il nous a offert une suite à Twin peaks pour la télé. Et on peut voir ses photos fétéchistes dans l'exposition de Louboutin au Palais de la Porte dorée. Il vient aussi de terminer un court métrage. Elephant Man ressort cette semaine en salles.



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L’EMPIRE DE LA REVOLTE





Né en 1932, Oshima aurait souhaité voir sa prestigieuse cité de naissance, Kyoto, détruite par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Ville trop conservatrice à son goût… Cette anecdote résume à merveille sa filmographie : Oshima a toujours cherché à bousculer la société japonaise en la forçant à affronter ses contradictions et ses interdits, moins par goût de la provocation que par besoin de dénoncer ses travers.
Pessimistes, ses films sont profondément contestataires. Ce sens aigu de la politique porté à gauche, il le doit sans conteste à son père : décédé quand le petit Nagisa avait six ans, il laissa derrière lui une bibliothèque remplie d’ouvrages socialistes et communistes dont son fils s’est avidement nourri.
Très politisé (il a appartenu à une association de gauche), Oshima se lance très tôt dans le cinéma. Après de vagues études de droit, il devient assistant réalisateur puis réalise ses propres films.
Ses premières œuvres l’érigent immédiatement comme le chef de file de la nouvelle vague japonaise. Dès Une ville d’amour et d’espoir, Contes cruels de la jeunesse et L’enterrement du soleil (faut-il comprendre le déclin du pays du soleil levant ?), il dresse le portrait d’une jeunesse amorale car en perte de repères et s’attaque frontalement aux tabous de la société japonaise : la criminalité et le sexe, sous tous leurs aspects. Cette liberté de ton constitue d’ailleurs en quelque sorte sa marque de fabrique. Oshima explose les codes et les valeurs de l’imagerie nippone classique et impose un ton résolument moderne. Marquées par un réalisme exacerbé, les œuvres d’Oshima s’inscrivent très fortement dans une époque, celle du Japon d’après-guerre en pleine reconstruction, sur laquelle il promène un regard critique qui échappe à toute velléité de complaisance. Tous mes films se concentrent sur les crimes, dira t-il, la délinquance est l’expression d’une critique immédiate de la société, ainsi que la seule possibilité de communiquer offerte à l’individu. Cette violence, il ne la montre jamais gratuitement, privilégiant souvent l’art de l’ellipse, les métaphores et des musiques lancinantes à la crudité des images. Oshima ne donne pas dans le voyeurisme gratuit, pourtant sa révolte contre l’establishment ne perd rien de sa puissance provocatrice. Sa conscience politique et sa réflexion sur la société le conduisent à traiter de manière différente par rapport à ses prédécesseurs des thèmes aussi sulfureux et polémiques que la délinquance juvénile et le crime organisé, l’homosexualité (Furyo, Tabou), le rôle de l’argent dans la quête du plaisir ou encore la zoophilie (Max, mon amour).
Oshima a en outre entretenu des rapports étroits avec le cinéma français dont il s’est énormément inspiré, en témoigne Nuit et brouillard au Japon (titré ainsi en hommage à Alain Resnais). C’est d’ailleurs avec l’aide d’un producteur français qui réalisera son plus grand scandale et accèdera à la renommée internationale. Inspiré d’un fait divers, l’Empire des sens, interroge les limites du désir et de la sexualité. Jusqu'au-boutiste comme l’exige le sujet, il montre le sexe de façon explicite. Tandis que dans son pays, ce film lui vaut un procès pour pornographie, en France, il est présenté à Cannes et échappe à la toute nouvelle loi sur le classement X de 1975, prouesse quasiment anachronique pour laquelle il incarne aujourd’hui encore une référence majeure dans les débats sur la liberté d’expression artistique.

Karine


 
 
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