Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Deep Blue (La Planète bleue)


/ 2003

04.02.04
 



VOYAGES FANTASTIQUES ET AVENTURES INTERIEURES

Le livre Bye Bye Bahia



"- Nous connaissons les étoiles, nous avons marché sur la Lune, mais l’océan nous est encore inconnu. Et il ne cesse de nous surprendre ! "

"Plongez dans un monde inconnu... La Planète Bleue : jusqu’à maintenant, nous n’avions fait qu’en effleurer la surface. " Telles sont les promesses annoncées dans la bande annonce. Promesses plus que tenues : le résultat est impressionnant ! Au départ, un gigantesque défi ; le premier en la matière. L’envergure du projet dépassait presque l’entendement. Au final, les 92 minutes du film nous laissent béats, tant la notion d’extrême est omniprésente. Vous l’aurez compris : La Planète Bleue va bien au-delà du simple documentaire. Bien plus qu’une stricte mise en image scénarisée de paysages et comportements animaliers ce film nous plonge au cœur d’un surprenant voyage : découverte de paysages, créatures et comportement méconnus, images voluptueuses, souvent vertigineuses, balais ininterrompus de couleurs et de lumières, illustration musicale grandiose, poésie des textes, … La Planète Bleue est un vrai petit bijou. Au-delà des classiques fins éducatives du genre, Alastair Fothergill ambitionnait de faire vivre au spectateur une "véritable expérience sensorielle ". Objectifs largement atteints, tant le film, à travers le scénario comme la mise en scène, est empli d’une beauté quasi palpable. Seul bémol : une ouverture dispersée, axée sur la notion de diversité, d’un point de vue strictement visuel. Ce panorama, centré sur la multiplication de brèves séquences témoignant de faits et comportements atypiques, rend l’introduction quelque peu conventionnelle. Toutefois, pas de quoi s’ennuyer. Loin de là, d’ailleurs : la rareté des images, ne serait-ce que leur mise en scène, vaut largement le détour.

Après ça, place à l’onirisme. Des récits coralliens tropicaux, ces "plus grandes constructions vivantes du monde", aux abysses, si inhospitaliers que toute vie devrait y être impossible (et pourtant !), en passant par les mers polaires, les grands larges océaniques, La Planète Bleue nous offre à découvrir toute la richesse des écosystèmes marins dans ce qu’ils possèdent de plus intime et puissant. Symbioses et batailles entre mers et continents, en proie aux humeurs changeantes des saisons et de l’écorce terrestre elle-même : l’océan devient ici une entité à part entière. C’est, avant tout, la Vie, avec un grand V, qui est au centre du film ! Une véritable démonstration de force ! De la douceur des balais aquatiques auxquels s’adonnent toutes les espèces marines (au sens large du terme), y compris les plus incongrues, à la violence de la très cruelle mais nécessaire chaîne alimentaire, La Planète Bleue nous transporte entre douces mises en apesanteur et pressions exaltantes. Dans les deux cas, fort d’une mise en scène pleinement organique, le spectacle est toujours magistral ! Richesse des angles de prises de vues (alternance d’images sous-marines, de vues aériennes et terrestres), jeux sur l’échelle des plans, des sons, sur les lumières et variations chromatiques ; une parfaite maîtrise du rythme et de la narration, tout au long du film, font de La Planète Bleue une aventure hors du commun. Les commentaires en faible quantité cèdent place à l’imagination et au ressenti du spectateur : suspense, notion de sursis, effets de surprise via la découverte. La réalité dépasse souvent la fiction ; plus encore qu’on ne l’imagine. En 1995 et 2001 Microcosmos (de Claude Nuridsamy et Marie Pérennou) et Le Peuple Migrateur (de Jacques Perrin, Jacques Cluzaud et Michel Debats) nous surprenaient déjà. Bien plus fort, en terme d’impact, La Planète Bleue est un film envoûtant qui embrasse véritablement tous les sens du spectateur. Alastair Fothergill et Andy Byatt invitent au respect en nous donnant invariablement à voir de l’inconnu et du beau. Simple, efficace et tellement agréable !
 
sabrina

 
 
 
 

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