Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Ma femme est une actrice


France / 2001

14.11.01
 



LE PARFUM D'YVAN





"- Deux mecs qui s'embrassent c'est dégueulasse."

Pour un premier film, et en plus écrit et réalisé par l'acteur, Ma femme est une actrice est un bel essai. Yvan Attal a eu raison de transformer son court métrage en long. On y découvre son humour, sa vision du monde, une forme d'humilité à servir avant tout son projet. Il joue perfidement, et pour notre plus grand plaisir, avec la confusion entre la réalité (sa vie privée, son métier) et la fiction. On pourrait d'ailleurs commencer par dire que son film, hommage aux comédies américaines, clin d'oeil à l'auto-dérision britannique, est une suite involontaire de Coup de foudre à Notting Hill.
On pourrait imaginer cette première oeuvre comme un roman autobiographique, un journal intime ouvert au public. Ce serait étonnant de la part d'un couple aussi discret, préservé de l'intrusion des magazines people et des paparazzis. Il y a bien là un scénario, vivant et émouvant, locace et drôle, et un propos : Ma femme est une actrice est l'équivalent de "La déclaration" que Berger composa à France Gall; un premier film d'amour, léger et stylé, agissant comme un trait d'union entre le public et une actrice.
Pas n'importe quelle actrice. Il y a 15 ans on la découvrait fermée, pudique, introvertie et pourtant effrontée. Depuis "La Bûche", la fille de Serge et de Jane semble plus ouverte, désinhibée, et explore toutes ses contradictions. Ici, elle apparaît belle et épanouie, diva et sensible. Attal lui offre ses plus belles scènes comme des preuves d'amour. Charlotte les assume; mieux, elle donne tout pour combler son réalisateur. Dans les années 30, on vendit un film avec Garbo sur le fait que la star riait enfin. On peut reprendre ce slogan pour Gainsbourg avec cette oeuvre "familiale" (dans les deux sens du terme).
Attal a su créer des seconds rôles croustillant, mélangeant son personnage de beauf (un journaliste sportif sensible, hétérosexuel primaire et franchement impulsif et jaloux), une soeur intégriste du judaïsme et son mari qui ne veut pas faire circoncire leur enfant... Il y a bien entendu la très belle relation entre l'acteur interprété par Terence Stamp et l'actrice que joue Gainsbourg.
Le réalisateur est moins original sur les clichés concernant les coulisses du cinéma français (Grosse fatigue de Blanc y allait plus fort). Il est un peu moins précis sur d'autres personnages, comme celui de la jeune comédienne qui tombe amoureux de lui. Il touche juste en revanche sur les avantages d'être une célébrité. Il invente un pur moment de cinéma avec un plateau de tournage où l'équipe est obligée de se dénuder. Il sauve souvent des scènes bateau, des anecdotes déjà connues, en allant jusqu'au bout de l'absurde.
Ce véritable hommage aux femmes est un moment très agréable, à la fois comique et romantique, où l'on partage d'un coup les battements de coeur d'un homme pour sa mariée. Un premier film tellement personnel et si divertissant qu'on en ressort euphorique, à condition de profiter de ce voyeurisme imposé.
De la même façon qu'Attal se demande comment croire une comédienne qui sait - si parfaitement - mentir (c'est son métier, et c'est une question qu'on se pose en vivant avec une actrice), on s'interroge quand un réalisateur nous dit la vérité lorsqu'il est le seul à savoir ce qui relève de la fiction ou du vécu.
 
vincy

 
 
 
 

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