Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Possession


USA / 2002

04.09.02
 



CESSIONS





"- Ce que nous vivons nous appartient. Personne ne peut changer ça.
- Ca a déjà changé.
"

Sans aucun doute, ce film ne nous aura jamais enflammé. Il s'agit du plus pâle des films de LaBute, son moins abouti, son plus fade. Habituellement son cinéma se pavane d'une vanité toute misogyne, se vante de ses pensées incorrectes, se complait dans des amours pervers et des relations délicieusement délictuelles. Le langage y est cru et l'audace se situe au niveau psychologique.
Il faut croire que les financements hollywoodiens ne lui réussissent pas et le noient dans une convention verbale sans intérêt. D'autant que LaBute n'est pas un grand metteur en scène ; il est avant tout un auteur. Ici, le metteur en bouche se fourvoie dans des histoires d'amour sans enjeux. Ce film censé parler de jalousie, de possessivité, de la peur de s'impliquer, de se lancer dans l'inconnu, nous est aussi froid que le glaçon incarné par Gwyneth Paltrow. Nulle part nous ne ressentons les tourments, les crises viscérales, les fièvres sentimentales, l'affolement de la sensualité. Aucune passion ne palpite. Paradoxe quand il s'agit d'un film qui devait la traiter.
Nous assistons à un récit littéraire mis en image, où le passé rejoint le présent. L'amour au XIXème siècle semble d'ailleurs davantage inspirant pour le réalisateur. Plus immoral, plus pervers, plus dangereux. Mais si lisse, si banal, si peu excessif. Le parallèle avec aujourd'hui ne le valorise pas plus, malgré la faiblesse de l'amourette contemporaine. Il y aurait eu matière à étude. Au lieu de cela, l'enquête lasse et nous conduit à une vérité trop convenue. Peu de souffrances, et juste quelques ires d'humeur pour réveiller le distrait spectateur. Le lesbianisme est prude. Le sulfureux fantomatique. Les névroses de nos tourtereaux du XXIème siècle sont à peine esquissées. On a connu le cinéaste plus en verve et plus en forme pour nous parler de la difficulté à communiquer dans un couple.
En territoire étranger, LaBute butte (hum, vous me pardonnerez cette facilité) sur le ton à choisir. L'humour british fait vite place au conflit traditionnel entre anglais et américains, du romantisme on passe à l'investigation. Ce thriller prosaïque ne sait pas s'il doit s'attarder sur les petits détails de l'inconscient ou sur la vulagrité des jeux d'apparence.
Les muses lui ont manquées. Dans cet aller retour temporel, d'Angleterre à Nantes, les acteurs débattent de l'amour et se débattent pour le faire exister. "Peut-on aimer sans détruire ?" Telle est la question. Possession n'apporte pas de solutions. A peine quelques interrogations. Paltrow, Headay et Northam jouent leur partition sans déployer d'efforts, surpassés par un Eckhart excellent dans les nuances et apportant la nécessaire épaisseur pour porter le quatrième film en collaboration avec son pygmalion. Possession se situe largement en deça du Nom de la Rose ou du Violon Rouge. Cependant le romanesque n'est jamais désagréable. Le film ressemble davantage à un flirt maladroit au dénouement heureux qu'à un de ces calculs sentimentaux tragiques et pathétiques. En cela, le divertissement, aussi superficiel soit-il et malgré la déception qu'il procure pour les fans du réalisateur, se hisse un peu au dessus de la mêlée de ses équivalents américains.
 
vincy

 
 
 
 

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