Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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 (c) Ecran Noir 96 - 22


  



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Psycho - version '98 (Psychose 1998)


USA / 1998

27.01.99
 



DEDOUBLEMENTS





"- Il n'y a pas de meilleur ami qu'une mère."

Qu'est-ce-qui fait courir Gus? On ne sera jamais ce qui l'a poussé à refilmer "shoot by shoot" ce classique cinématographique. Allant jusqu'à réinsérer la silhouette légendaire du cinéaste et reprendre cette musique cinglante comme un couteau qu'on aiguise. L'envie de rentrer dans la peau d'Hitchcock, pour le "fun", pour rendre hommage à un grand nom du cinéma, c'est pas pareil, là il est en couleurs... A chaque interview, Gus Van Sant lance une nouvelle motivation. Mais Psycho 98 est là, alors pourquoi ne pas se laisser entraîner dans les salles obscures, histoire de frissonner encore une fois.
Si vous êtes un fin connaisseur de la version de 1960, vous pouvez vous amuser à chercher les différences entre les deux films. Parce qu'il y en a tout de même, infimes certes, mais indispensables. Les temps changent, avec l'inflation les 40.000$ se transforment en 400.000$. La soeur de Marion ne peut pas se séparer de son walkman, normal elle travaille dans un magasin de musique. Sans oublier les acteurs. J'imagine mal une nouvelle version avec un Perkins grabataire ayant peine à soulever un simple couteau! Un exercice de style pas si évident pour les nouveaux. Le timing devant être respecté, il faut tenter de dire les mêmes phrases dans le même temps tout en essayant de retranscrire toute l'émotion. Pas de place à l'improvisation. Anne Heche, terriblement sexy en Marion Crane, reprendra quelques mimiques gestuelles à Janeth Leigh. Contrairement à certaines attentes, Vince Vanghn n'imite pas bêtement le jeu de Perkins (trop typique pour que quelqu'un lui vole). Déjà, leurs statures étant bien différentes, ils évoluent et occupent l'espace différemment. Vanghn se la joue un peu plus efféminé...
Le réalisateur a très bien su tirer profit de la couleur. Pour ceux qui connaissent la première version, ils savent que la salle de bain est un endroit primordiale pour l'histoire. Ainsi, la luminosité et la blancheur écarlate de cette pièce tranche par rapport au reste de la chambre. Surtout lorsqu'on sait qu'elle sera bientôt souillé par une marre de sang (encore une fois la couleur ajoute un réalisme troublant à la scène). Bref, le spectateur oscille toujours entre la pitié pour une voleuse, puis pour Norman jusqu'à ce qu'on se rende compte qu'il a menti, à ce moment on change de camp pour finalement revenir vers ce grand enfant au syndrome oedipien ultra développé. Le scénario d'Alfred Hitchcock nous trimballe d'un sentiment à un autre dans un univers angoissant.
Paradoxalement, on remarque qu'un seul meurtre suffit pour instaurer ce climat de suspens, il faut dire qu'il est particulièrement violent... Rien de surprenant lorsque Hitchcock affirma à Truffaut "avec Psycho, je faisais de la direction de spectateurs, exactement comme si je jouais de l'orgue". Mais ne nous égarons pas, car là nous louons le travail d'un monstre du cinéma et non celui de Gus Van Sant. Ce dernier réussi un exercice de style intéressant (sûrement plus pour lui que pour le public), mais on croise tout de même les doigts pour que l'idée ne traverse pas d'autres esprits. Messieurs les réalisateurs, laissez cours à votre créativité!
 
alix

 
 
 
 

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