s o m m a i r e

Intro, Edito
Carte et Films
Jusqu'en 1958
1958-1990
Depuis 1990
Cinéma d'ailleurs
Tourner à Paris
Un coeur qui bat

les amants du pont neuf

paris s'eveille

Paris fait son cinéma

    1990-2000

    Paris dans le cinéma contemporain
    La Capitale reste très présente sur nos écrans, comme décor mais aussi comme personnage en tant que tel dégageant par sa seule présence un charme particulier aux longs métrages.
    De nombreux films utilisent les monuments de Paris comme prétexte à des poursuites. Ainsi, la Tour Eifel est exploité comme symbole de la civilisation dans Un Indien Dans La Ville (1995) d’Hervé Palud ou aujourd’hui dans Taxi 2 de Gérard Krawczyk. D’ailleurs le visuel de ce film, l’affiche, la bande-annonce renvoient à l’image de Paris alors qu’en fin de compte seule une demi-heure se passe réellement dans la capitale.
    Cela démontre que Paris reste un argument publicitaire fort.
    La vision de Paris dans le cinéma contemporain est multiple :
    - Ville cosmopolite, de toutes les aventures et de toutes les rencontres,
    - Ville tentaculaire qui dépasse et perd ses personnages, souvent des provinciaux qui débarquent dans la jungle urbaine.
    -Ville romantique, à la fois désenchantée et magique.

    Une Ville cosmopolite.
    Paris est en effet au centre de films qui évoque le melting-pot de la société française. Thomas Gilou est le cinéaste des différentes communautés composant la Capitale. Black Mic Mac (1986) sur les squats de Belleville, La Vérité si je mens (1997) sur le quartier du Sentier et le récent Chili Con Carne sur la communauté chilienne implantée à Paris, autant de films qui montrent une ville métissée et cosmopolite.
    Thomas Gilou n’est pas l’unique réalisateur à s’intéresser à cette dimension-là. Dans Augustin, Roi du Kung-Fu (1999), Anne Fontaine place sa caméra dans le quartier chinois du XIIIème arrondissement. Vive La Mariée et La Libération du Kurdistan (1997) d’Iner Salem s’intéresse à la vie des réfugiés kurdes à Paris.
    Enfin, le magnifique Un Cur Qui Bat (1991) de François Dupeyron, place le duo amoureux dans un 18ème arrondissement proche d’une ville du tiers-monde, véritable capharnaüm de cultures.

    Paris, La Ville.
    De nombreux films confrontent le provincial qui monte à Paris à la jungle urbaine, dans laquelle il se perd. Manuel Blanc, prostitué, dans J’embrasse Pas (1991) d’André Téchiné(1991), Katerina Goulubeva perdue dans J’ai Pas Sommeil (1994) de Claire Denis, la magnifique Maggie Cheung seule dans Irma Vep (1997) d’Olivier Assayas, film hommage aux Vampires de Feuillade, autant d’interprétations d’êtres seuls, abandonnés, désemparés devant l’immensité de la Ville. Dans Les Aveux de l’innocent de Jean-Pierre Améris(1996), le personnage incarné par Bruno Putzulu est obligé de mentir pour abandonner sa solitude. Philippe Harrel avec L’Histoire Du Garçon Qui Voulait Qu’on L’Embrasse (1994) évoquait la difficulté d’une vie sentimentale dans la capitale, Matthieu Kassovitz montre par son film La Haine (1996) Paris comme un mirage inaccessible aux jeunes de Banlieue. Paris fascine, attire puis rejette les individus avec force. Enfin comment ne pas oublier les Sans Domicile Fixe d’Une Epoque Formidable de Gérard Jugnot que la Ville et ses habitants ignorent.

    Le retour du réalisme poétique.
    Enfin de nombreux cinéastes ont filmé la passion amoureuse et impossible, liée à Paris. Un Paris des exclus, des maudits mais qui demeure une Ville fascinante. Léos Carax et Les Amants Du Pont Neuf (1991) , Olivier Assayas et Paris S’Eveille (1991) ont recrée un Paris où tout est exacerbé, les passions, les ruptures, l’amour. Un Monde Sans Pitié d’Eric Rochant (1989) fait le portrait d’une génération parisienne sans réel but, ni destin. La scène romantique, dans laquelle Hippolyte Girardot fait mine de pouvoir éteindre la Tour Eiffel pour provoquer plus d’intimité avec sa compagne est devenue culte (et reprise d’ailleurs dans La Haine) De même, Karim Dridi dans Pigalle(1995)et Laurent Bouhnik dans Select Hôtel (1996)filme un Paris des bas-fonds, moche, sombre mais pourtant où l’amour passionnel demeure.
    Enfin comment oublier Chacun Cherche Son Chat (1996)de Cédric Klapish, aventure d’une jolie parisienne, prétexte à une promenade et une romance dans le Quartier de la Bastille, donnant l’image d’un Paris jeune, fêtard et magique. Ce réalisateur qui a filmé également un Paris futuriste enfoui sous le sable dans Peut-être (1999) avait pour projet de continuer la série Paris Vu Par avec Philippe Harrel (Les Randonneurs), Catherine Corsini (La Nouvelle Eve), Agnés Merlet (Le Fils Du Requin), Marion Vernoux (Love etc...) et Malik Chibane (Douce France). Chacun Cherche Son Chat devait constituer le premier film de cette série perpétuant le mythe de Paris, ville à l’atmosphère magique et unique. On retrouve l'ambiance romantique, populaire et artistique dans Mina Tannenbaum (quartiers des grands boulevards) et surtout une vision idéalisée, esthétique et passionnelle dans L'Appartement. Cette vision colorée est reprise dans une comédie musicale comme Jeanne et le Garçon Formidable; et le luxe est grossit à la loupe avec Place Vendôme de Nicole Garcia.
    Paris au cinéma n'est jamais banale, et demeure un véritable choix scénaristique. De la morgue de La Sentinelle à la vision réaliste et urbaine d'Alice et Martin, la capitale se dévoile au fil des films, sans pudeur, sous toutes ses rues.
    Le plus bel hommage est sans doute celui écrit par Jaoui-Bacri et mis en image et en chansons par Alain Resnais : l'obsession de la vue sur la Tour Eiffel, la visite historico-géographique des centres d'intérêt de la ville lumière, la visite d'appartements, ou le café Gare du Nord... On connaît la chanson livre un Paris chic et touristique, croisement entre ce que les étrangers imaginent et ce que les parisiens ne voient plus....


(C) Ecran Noir 1996-2000