David Lynch, Lion d'or et Palme d'or, n'a pas tourné de long métrage depuis 2006. Une longue absence. Heureusement il nous a offert une suite à Twin peaks pour la télé. Et on peut voir ses photos fétéchistes dans l'exposition de Louboutin au Palais de la Porte dorée. Il vient aussi de terminer un court métrage. Elephant Man ressort cette semaine en salles.



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Le livre Bye Bye Bahia


 
* Réactions à quelques mots-clés, 48 heures après son Prix d'nterprétation masculine à Cannes - Extraits du journal belge Le Soir, 29 mai 2002, par Fabienne Bradfer :
- Cannes :"C'est une contradiction permanente mais nécessaire. Futilités, protocole, champagne et découverte d'auteurs".
- Les frères Dardenne : "Fidélité. Histoire d'amour. Plaisir de travail. Adéquation sur un cinéma et une manière de jouer. Aujourd'hui encore plus qu'hier. Ils me font confiance, ne mettent pas la pression, me laissent libre. Je peux chercher, m'amuser".
- Théâtre : "J'y reviendrai mais pas de si tôt car j'ai très peur. Peur de me retrouver sur une scène avec, derrière moi, ce prix d'interprétation, car les gens risquent de venir voir Olivier Gourmet plus qu'une pièce de théâtre. Et ça, ça m'embête. Je n'aime pas les performances d'acteur. J'ai peur aussi de la réaction d'autres comédiens qui n'ont pas ma médiatisation. Je suis un peu parano pour l'instant".

* In L'Humanité, 23 octobre 2002 – Interview, par Michaël Melinard :
L'Humanité : Votre filmographie comprend beaucoup de premiers films. Qu’est-ce qui guide vos choix ?
Olivier Gourmet : On vit inévitablement sur le désir des autres à travers leur perception de votre travail et de votre démarche. Il suffit que le scénario soit intéressant, parfois même uniquement qu’on me propose un personnage qui l’est et qu’il y ait moyen de dire, de faire ou de ressentir des choses, d’avoir un plaisir d’acteur dans la densité et la richesse du personnage. C’est parfois plus facile avec un petit rôle parce qu’il est moins dirigé par le réalisateur.

L'Humanité : Vous avez d’ailleurs souvent des seconds rôles.
Olivier Gourmet : Ce n’est pas que le réalisateur s’en décharge ou qu’il le rejette, mais souvent, sur un petit rôle, il laisse une part plus importante de liberté et d’appropriation à l’acteur. Souvent on me dit : ' On te prend toi parce qu’on sait que tu vas avoir une démarche qui va densifier, apporter quelque chose à laquelle moi je n’ai pas pensé et qui va exister d’emblée '. On me propose beaucoup de petits rôles, mais aussi des premiers rôles que je n’aime pas. Je préfère faire un petit rôle avec un scénario, un personnage et un réalisateur qui m’interpellent plutôt qu’un premier rôle qui ne m’intéresse pas, par plaisir d’acteur, et tout simplement pour une recherche de densité, de travail sur l’humain. C’est ce qui m’amuse dans ce métier : chercher à comprendre chaque personne que je suis susceptible d’incarner, c’est-à-dire faire un travail d’approche et de compréhension sur la vie de cet homme. Cela m’amène à lire beaucoup de choses, à rencontrer des gens, à leur parler, à aller vers eux. Cette démarche sociale m’est indispensable pour pouvoir raconter des histoires. Je suis quelqu’un qui n’a aucune imagination. J’ai besoin à la fois de mon propre vécu et de ce que les autres ont à me dire et à me transmettre. Je me vois mal raconter la vie de quelqu’un si je n’ai pas un tant soi peu connaissance de cette réalité-là.

* In Cinopsis.be, 11 novembre 2002 – Interview, par Sylvie Jacqui :
Olivier Gourmet pouvez-vous nous dire comment fait-on pour raconter une histoire presque uniquement avec un corps et une nuque ?
Olivier Gourmet : (il prend une grande respiration) Je vais essayer de rassembler mes idées et d'être simple et bref car en fait c'est une longue explication et j'ai toujours un peu l'impression de m'embrouiller. En fait depuis le conservatoire, je suis quelqu'un qui, en tant que comédien, a toujours eu besoin d'éprouver les choses à travers le corps pour pouvoir être le personnage et pouvoir raconter ce qu'il ressent. Je ne peux dire des mots que si j'incarne totalement le personnage. C'est ma cuisine intérieure à moi. (…) Je me sers également beaucoup de ce qu'on appelle la mémoire affective et sensorielle, c'est à dire que je fais appel à mon propre vécu et passé sur des événements où je pense que l'émotion que j'ai ressentie à ce moment là peut m'aider à passer dans l'autre corps que je vais incarner. J'ai aussi des enfants, c'est donc assez facile de faire marcher son imaginaire.

Vous parliez de votre activité hôtelière que vous exercez en parallèle, c'est important pour votre équilibre, pour éviter d'avoir parfois la tête qui chauffe de trop, notamment après Cannes.
Olivier Gourmet : Oh vous savez je ne suis pas le genre à qui la tête chauffe et qui est vite déstabilisé ou encore pourrait se la jouer. J'aime passer d'un univers à un autre. Même si il compte beaucoup, le cinéma n'est pas toute ma vie. J'ai ma famille, mes enfants, mes amis et j'ai tout simplement besoin de vivre entièrement avec eux par moments. L'hôtel, c'est plus un hasard de circonstances, je l'ai repris à ma maman à cause de ses problèmes de santé. Mais, même avant de le reprendre il y a 4 ans, j'étais plutôt quelqu'un qui entre deux contrats allait faire des travaux ou bricoler chez des amis. La maçonnerie, la menuiserie j'ai toujours aimé ça.

* Mots dits des frères Dardenne
Notes de tournage de Jean-Pierre et Luc Dardenne, 10 janvier 2001 - Extrait du site officiel du Fils (www.diaphana.fr/lefils) :
"L'intrigue, c'est le personnage, opaque, énigmatique. Peut-être pas le personnage mais l'acteur lui-même : Olivier Gourmet, son corps, sa nuque, son visage, ses yeux perdus derrière ses verres de lunettes. Nous ne pourrions pas imaginer le même film à partir d'un autre corps, d'un autre acteur".

* Mots dits de Jean-Jacques Zilbermann
Extrait du dossier de presse des Fautes d'orthographes, interview, par J. M. Charuau :
Dirige-t-on Olivier Gourmet de façon particulière ?
Jean-Jacques Zilbermann : C'est l'acteur idéal, il est concentré, toujours à l'écoute, il perçoit tout et tout le monde, avec intelligence et sensibilité, il fait des propositions, il est constamment au service du film - jamais au service de lui même… Oui, l'acteur idéal.

* Mots dits d'Eugène Green
Extrait du dossier de presse du Pont des arts, interview, par Julien Naveau :
Eugène Green : J'ai toujours pensé à Olivier pour le personage de Méréville. Je ne l'avais jamais vu dans un rôle de ce genre, mais j'étais convaincu que sa présence physique et son incroyable énergie pourraient devenir la réalité de ce grand bourgeois autour de qui se tissent des réseaux de pouvoir culturels. De son côté, il a apprécié le défi. Le personnage a quelque chose de grotesque, mais de manière subtile, Olivier lui a ajouté un côté pathétique, ce qui n'est pas un mal.
 
 
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