Ecran Noir, le cine-zine de vos nuits blanches, présente le festival de Sundance

22.01.99

Robert Redford
Redford fut là pour la première du film d'Altman lors de l'Ouverture de Sundance. En pleine tourmente - Sundance se voit reproché de devenir un Festival comme les autres - le créateur a voulu souilgner la vocation de l'événement: "Il s'agit avant tout de célébrer le talent. Ce festival est pour et fait par les réalisateurs. Ce sont eux que nous fêtons. Votre courage, vos histoires, votre passion unique et fidèle."
Redford a aussi salué Altaman comme un symbole du cinéma indépendant, ayant réalisé tous ces films sans l'apport d'un studio.

Sundance se dérive
L'esprit de Sundance est peut être menacé. Mais jamais le Festival ne s'est aussi bien porté.
Un an après l'annonce de sa création, les Cinémas Sundance commencent à être construits. 12 sont prévus en 3 ans. 2 ouvriront beintôt: Philadeplhie et Portland. En attendant Chicago, Boston, ...
Au départ il s'agissait de convertir des cinémas existants en salles Sundance. Finalement les promoteurs ont préféré créer leur propre multiplexe (6 à 8 salles). Seulement 2% des cinémas américains programment un film d'art et d'essai, pour un Box Office évalué à 5%!
Les cinémas seront équipés des dernières technologies en terme de son, et de confort, plus un retsaurant, un café, une libaririe...
Côté petit écran, The Sundance Channel se porte bien aussi. 3 ans après son lancement la chaîne dévolue aux films indépendants a trouvé sa voix.
Joint-venture entre Showtimes, Polygram et Robert Redford, la chaîne est enfin financièrement solide. Sur le cable, elle fait même partie des favorites des spectateurs.
Divisée en 4 chapitres, sa programmation comporte des premières, des courts métrages, des documentaires et des films cultes.
Disponible auprès de 17 millions de gens, elle a déjà 4 millions d'abonnés (5 fois moins que le leader HBO). La chaîne doit encore étendre sa couverture, et essayer d'offrir des événements spéciaux comme la couverture inside du festival de Sundance. Paradoxalement, c'est aussi le programme qui lui coûte le plus cher...

Photo du jour: Altman, Lovett, Neal

Cinémas d'ailleurs
Sundance est désormais incontournable pour lancer un film sur le marché américain, surtout s'il est étranger, bref un OVNI. Les films non-anglophones ont en effet les mêmes problêmes de distributions que leurs collègues indies.
Kolya (Oscar 97), Central do Brasil (Ours d'or 98), ou Shall we dance? (hit au Japon et aux USA) ont tous été découverts à Sundance. Aujourd'hui seulement 25 films non-anglophones sont distribués en moyenne par an aux USA. (1% du BO) Woody Allen déclare ce samedi dans un entretien à Libération: "Au moins à New York, Los Angeles ou Boston, chaque semaine on avait le dernier Truffaut, Rossellini, De Sica, Fellini ou Kurosawa à l'affiche. Maintenant, au mieux, on peut en voir un tous les six mois. Du coup, ils ne réalisent plus de films."
Aussi pour lutter contre cet effet (excès) de chauvinisme cinématographique, Sundance se dote d'une nouvelle mission, souhaitant contribuer à la diffusion d'oeuvres étrangères au ton pertinent. De Briand (Québec) à Kusturica (Yougoslavie) en passant par Gaspard Noé (France). Sundance espère révéler le prochain La Vita è Bella. Les spectateurs sont de plus en plus nombreux, et de plus en plus ouverts à différentes sensibilités.
Au total le comité de sélection a visionné 220 films étrangers, en festivals ou en soumissions. Avec un concurrent direct, Berlin (doté d'une compétition officielle reconnue modnialement). Exemple: Central do Brasil, primé à Berlin, avait fait sa première 15 jours à Sundance. Le film a surtout promu son prix berlinois. Pourtant la presse berlinoise a critiqué le fait que le film n'était pas une avant-première mondiale. Le problème restera tant que Sundance ne sera pas considéré comme un Festival majeur. Ce qu'il est.

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