Sara Forestier
Sara Forestier. Elle trouve que son nom est passe-partout, alors elle emprunte celui de Bahia BenMahmoud pour Le nom des gens. Rencontre avec une actrice nature et généreuse.



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 (c) Ecran Noir 96 - 21





C'est dans le jardin de la somptueuse Villa Cartier de Deauville, pendant le Festival du cinéma américain, que nous avons eu le plaisir de rencontrer le jeune acteur (très prometteur) Miles Teller, à l'affiche cette année de The Spectacular Now, Divergente et Whiplash. Malgré le soleil battant, le futur interprète de Mr Fantastic ôte ses lunettes de soleil afin de poser ses grands yeux noirs sur nous. En grand professionnel, il éteint son portable prêt à répondre à nos questions, avec enthousiasme et humour.
Écran Noir: Lorsque j'ai vu la souffrance du personnage d'Andrew dans Whiplash, on ne peut pas s'empêcher de penser au personnage de Natalie Portman dans Black Swan. Bien évidemment la scène de masturbation en moins...




Miles Teller: Si si, elle y était mais on l'a coupée au montage (rires)!

EN: Donc, il est possible qu'elle apparaisse dans le DVD?
MT: (rires) Oui exactement!

EN: Plus sérieusement, on y pense à cause de toute la souffrance que votre personnage endure afin d'être le meilleur batteur au monde. Il n'a pas d'amis, il rompt avec sa petite copine. Après un accident de voiture, il refuse d'aller à l'hôpital car il veut faire son concert...
MT: Oui je sais c'est un véritable psychopathe! (rires)

EN: Comment vous vous êtes préparé pour un tel rôle?
MT: Alors tout d'abord, j'ai pris des cours de batterie. Bon j'en fait depuis l'âge de 15 ans, mais je n'ai jamais fait de musique jazz, donc j'ai préféré prendre des cours de musique jazz. J'avais trois jours de cours par semaine, 4 heures à chaque fois et ce pendant trois semaines. Je vous avouerai que j'étais assez nerveux. J'avais peur qu'on se dise que c'est faux ou qu'on dise de moi «ah ce n'est pas un vrai batteur de jazz!». Alors je tenais à avoir ces cours.

Pour l'autre facette de mon personnage, je me suis replié sur moi-même. J'ai arrêté de parler avec les gens, je ne sortais pas le weekend, je n'allais pas en soirée, j'ai arrêté tout ça afin de ressentir de la colère comme ce gosse qui est uniquement intéressé par le fait de devenir le meilleur batteur de jazz au monde. Il n'y avait donc que moi et la batterie.

EN: Donc c'est réellement vous qui jouez de la batterie dans le film? C'est réellement impressionnant...
MT: Merci beaucoup et oui c'est vraiment moi.

EN: Qu'est-ce qui vous a plu dans le scénario de Whiplash?
MT: C'est l'un des meilleurs scénarios que j'ai pu lire. Il y avait tellement d'énergie et de passion, de crescendo et de tempo. C'était fort!

EN: Whiplash semble montrer le côté mauvais du succès, en tant qu'acteur l'avez-vous déjà ressenti?
MT: Andrew, mon personnage, veut être le meilleur, il veut être respecté par son professeur de musique, et ça à tout prix. Pour moi, oui, quand je suis rentré dans le business, je voulais être respecté par les autres acteurs. Après, je n'ai pas cette volonté de devenir célèbre et d'être le meilleur. J'ai juste un désir ardent de faire du bon travail.

EN: La scène où J.K. Simmons vous gifle est juste choquante et brutale. Il vous a réellement giflé?
MT: Oui et ça fait mal! (rires). Bon au départ on a essayé de la faire de manière fausse mais ça ne rendait pas bien donc on l'a fait pour de vrai. Il faut savoir que j'ai pris ça comme une gifle faite par mon père.

EN: Vous avez été vilain dans Divergente, incompréhensible dans The Spectacular Now, drôle dans The Awkward Moment et maintenant méconnaissable dans Whiplash, il y a un type de rôle qui ne vous attire pas?
MT: Ah je ne sais pas. En fait, depuis mon enfance je fais plein de choses différentes. J'ai fait du baseball, j'ai fait du théâtre, j'ai fait de la musique: piano, saxophone, guitare et batterie. J'ai de nombreux centres d'intérêts donc je cherche à en faire de même dans ma carrière d'acteur. Je ne veux pas rester dans le même genre de rôle. Par exemple vous ne mangez pas la même chose tous les jours car différentes nourritures vous rend heureux.
Si je faisais, admettons, de la comédie tous les jours, que je faisais rire les gens tous les jours ça finirait par me fatiguer. Faire rire à chaque fois, c'est également prendre le risque de se lever un jour et de ne plus avoir envie de faire rire. C'est pour ça que j'ai aimé jouer un personnage comme celui de Andrew. Il est assez étrange, il s'en fiche des gens autour de lui, il n'a pas besoin de parler ni d'avoir d'amis, il n'y a que sa batterie qui compte et rien d'autre.


   cynthia