Paris Cinéma fait dans le court

Posté par Morgane, le 9 juillet 2008, dans Courts métrages, Critiques, Festivals.

Lors du festival Paris Cinéma le long n’est pas le seul à avoir sa place. Le court métrage est également à l’honneur. Concourent d’ailleurs en compétition vingt courts métrages de tous horizons, de tous genres.

J’ai eu l’occasion aujourd’hui d’en voir cinq venus des quatre coins du monde, de l'Europe de l'Est à l'Amérique du sud : Saturday’s Shadow, Le Serment, Invitation to dine with the comrad Stalin, Cargo et Alexandra.

Ce programme de court n’est pas apparu très convaincant. Les sujets sont sombres, allant du père apeuré car sa fille ne l’appelle plus papa au jeune garçon enlevé qui devient lui-même participant du trafic d’êtres humains en passant par la question difficile du communautarisme. Seuls deux d’entre eux ont retenu mon attention : Cargo, et plus particulièrement Invitation to dine with the comrad Stalin.

Dans Cargo, le réalisateur Léo Woodhead évoque le terrible enfer du trafic d’humains. Suivant pas à pas le passeur, la caméra suit peu à peu la relation que ce dernier tisse avec un jeune garçon qu’il kidnappe. Au fur et à mesure que le récit se déroule, le passeur se prend d’affection pour ce jeune et lui apprend les ficelles du métier. L’enfant passe alors d’un bord à l’autre et perd toute l’humanité qui était sienne. Propos difficile que la lumière sombre et la grisaille de la République tchèque viennent renforcer.

Le petit bijou de ces cinq courts métrages est très certainement Invitation to dine with the comrad Stalin. Les deux réalisateurs Ricardo Alves Junior et Gianfranco Rolando filment deux comédiennes non-professionnelles. Ces dernières, d’un âge avancé, attendent la mort. Au diner qu’elles préparent, la table est dressée pour trois. Le mystérieux invité censé compléter le triangle est Staline, figure représentant la mort que nos deux protagonistes attendent patiemment. Le temps passe, coule, s’égrène au son d’un chapelet que l’on égrène, d’un réveil qui sonne, d’un bateau qui passe. Les plans fixent, s’attardant longuement sur des scènes banales et à la fois incongrues de la vie quotidienne ne sont pas sans nous rappeler l’univers particulier du réalisateur suédois Roy Andersson. 10 minutes véritablement prenantes, enivrantes.

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