Justin Timberlake et Amanda Seyfried à Paris pour Time out

Posté par mathilde, le 23 novembre 2011

time out Légère effervescence dans les couloirs du Bristol, rue Saint-Honoré à Paris, en ce vendredi 4 novembre, tandis que s'avancent lentement, sur la moquette épaisse, les jeunes premiers de Time Out d'Andrew Niccol, Justin Timberlake et Amanda Seyfried. Luxe, calme, et volupté ?

Time out, en salles aujourd'hui, est un film d'anticipation où le temps a remplacé l’argent, chaque être humain s’arrêtant de vieillir à l’âge de 25 ans, mais devant ensuite "gagner" du temps pour prolonger son existence.

Voilà ce bon vieux fantasme américain du Time is money pris à son propre piège, et dénoncé par deux membres éminents du star system : Amanda Seyfried, vue dans Lolita malgré moi, Alpha dog, Mamma Mia, Jennifer's Body et autre Chaperon rouge et Justin Timberlake, chanteur, danseur, compositeur, producteur acteur (notamment dans The Social network)... Elle a la bouche pulpeuse, il a la lippe boudeuse... ces deux-là font la paire.

On apprendra donc que cette problématique du temps a permis à Amanda de mieux s'organiser à la suite du tournage ; et que les trois luxes pour Justin dans ce monde sont la santé, le temps et la liberté. Celui-ci approfondissant la question en avouant avoir plus appris ces cinq dernières années que toutes les années précédentes, et ne rechignant donc pas à vieillir !

Un journaliste, un peu plus audacieux, ou un peu plus démago, demande si en réalité, les acteurs seraient prêts à appliquer dans la vraie vie ce que leurs personnages font dans le film, autrement dit "voler de l'argent aux riches pour le redistribuer aux pauvres" : Justin Timberlake tente une petite blague pour assurer que oui, oui, ils vont mettre en place un système dès leur retour en Amérique. Tandis qu'Amanda assure qu'elle n'aurait jamais ce courage !

Au jeu de "Quels films français avez-vous vus ?" Amanda répond Jeux d'enfants et Justin se défausse en citant ses films-référence : Citizen Kane, Reds, et le cinéma de Warren Beatty, ce qui permet aux deux intervenants d'enchaîner avec leur amour commun du cinéma, et leur première collaboration sur Alpha dog de Nick Cassavettes, déjà avec Olivia Wilde.

Un moment passé un peu trop vite, mais à prolonger dès aujourd'hui dans les salles.

À la Une du New York Times : Déclin et fin de l’Empire romain

Posté par vincy, le 23 novembre 2011

N'hésitez pas une seconde et courez en salle : A la une du NY times est un documentaire exceptionnel, par sa qualité et son propos. « Déclin et fin de l'Empire romain » c'est ainsi qu'aurait pu se sous-titrer ce film. Au lieu de cela, le réalisateur Andrew Rossi choisit la devise du journal, depuis 1896 : « Toutes les informations qui se doivent d'être imprimées. » Et effectivement, le New York Times connaîtra-t-il un jour une fin ? Depuis le temps que des Cassandre prédisent sa mort....

Le documentaire se plonge pendant un an dans la rédaction du plus célèbre journal des États-Unis, et disons-le tout net, du monde. S'appuyant sur une généalogie prestigieuse, une histoire hallucinante de profondeur et d'implication sociale, le film soulève à peine un coin du rideau recouvrant cette statue monumentale, à l'heure où Internet vient bouleverser la donne. Andrew Rossi est un habitué des sujets polémiques : Al Jazeera, mariage gay, etc.. mais il s'attaque ici à un sujet aussi vaste qu'un continent : la douloureuse mutation d'un géant de l'information, à l'heure où tout va très vite, et au-delà, la notion-même de pouvoir dans l'information.

Les protagonistes du documentaire semblent des personnages, tant ils sont incroyables : David Carr, ex-junkie, plume brillante et estimée ; Tim Arango, jeune chien fou en partance pour Bagdad ; Brian Stelter, petit jeune gros et chauve, tête pensante majeure de la blogosphère, et Bruce Headlam, chargé de gérer cette crew. On se croirait presque dans le tiers des douze salopards.

Au-dessus de cette brigade, l'ombre tutélaire du journal, qui pèse lourd au moment où les ventes s'étiolent. Comment se placer face à un marché qui se délite ?  Commet réagir face à Wikileaks, qui déverse un flot continu d'informations gratuites, explosives, brûlantes ?  Comment continuer à exercer un métier primordial et fascinant quand la bataille s'est déplacée de la vérité vers la survie ? On reste scotché face à de telles interrogations, liées, on le sent, à des problématiques de premier plan. On retrouve le respect éprouvé devant les équipes d'investigation, de n'importe quel journal,, telles qu'elles sont dépeintes dans Les Hommes du président ou Zodiac. Un très grand film, passionnant sur le IVe pouvoir. Un miroir qui peut prolonger notre fantasme du journalisme. Ou nous renvoyer le reflet d'une époque qui a, plus que jamais, besoin de contre-pouvoirs.