10 nominations aux prix Jutra pour Incendies

Posté par vincy, le 13 février 2011

On ne voit pas comment une razzia pourrait lui échapper. Malgré les nombreuses nominations de ses rivaux, notamment Les amours imaginaires, 10 1/2, ou dans des catégories techniques La cité, Les sept jours du talion et Cabotins, Incendies rafle 10 nominations aux prix Jutra (les César du cinéma québécois). Face à des concurrents dispersés, il est quasiment donné gagnant dans la plupart de ses catégories.

Denis Villeneuve, qui est aussi l'un des deux favoris des prix Génie (Oscars canadiens, voir actualité du 3 février) et nommé à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère, part avec une longueur d'avance. Seul choix cruel, la meilleure actrice puisque Mélissa Désormeaux-Poulin (qui joue la fille) et Lubna Azabal (qui incarne la mère) sont en compétition pour la statuette.

Le Jutra hommage sera remis à Jean Lapointe (prix Génie et prix Jutra du meilleur acteur en 2005 pour Le dernier tunnel). Il joue dans À l'origine d'un cri, trois fois nommé cette année, dont celle de meilleur second-rôle masculin pour Jean Lapointe. Auteur-compositeur-interprète, humoriste et acteur, il a quitté le Sénat du Canada en décembre 2010 où il siégeait depuis 2001. Il est l'un des comédiens les plus populaires de la Belle Province.

Le Jutra Billet d'or, qui récompense le plus gros succès au box office, sera remis à Piché entre ciel et terre, par ailleurs nommé pour le Jutra du meilleur scénario.

Notons enfin les trois nominations techniques pour le film français Oscar et la dame rose.

Les nominations par films :

Incendies (10) : film, réalisateur, actrice (Lubna Azabal), actrice (Mélissa Désormeaux-Poulin), scénario, image, direction artistique, son, montage, costumes

Les amours imaginaires (5) : film, réalisateur, scénario, montage, coiffure

La cité (5) : réalisateur, image, direction artistique, musique, costumes

Les sept jours du talion (5) : second rôle masculin (Martin Dubreuil), image, son, montage, maquillage

Cabotins (5) : second rôle féminin (Dorothée Berryman), direction artistique, son, costumes, coiffure

10 1/2 (4) : film, réalisateur, acteur (Claude Legault), scénario

Barney's Version (4) : scénario, direction artistique, maquillage, coiffure

La dernière fugue (4)  : acteur (Jacques Godin) second rôle féminin (Isabelle Miquelon), second rôle masculin (Yves Jacques), montage

Curling (3) : film, réalisateur, acteur (Emmanuel Bilodeau)

Les signes vitaux (3) : film, second rôle féminin (Marie Brassard), maquillage

A l'origine d'un cri (3) : second rôle masculin (Jean Lapointe), scénario, montage

Route 132 (3) : acteur (François Papineau), second rôle masculin (Alexis Martin), musique

Reste avec moi (3) : second rôle féminin (Danielle Proulx), second rôle masculin (Gérard Poirier), musique

Le journal d'Aurélie Laflamme (3) : second rôle féminin (Geneviève Chartrand) musique, costumes

Oscar et la dame en rose (3) : son, maquillage, coiffure

Tromper le silence (2) : actrice (Suzanne Clément), image

Trois temps après la mort d'Anna (2) : actrice (Guylaine Tremblay), image

Deux fois une femme (2) : actrice (Evelyne Rompre), maquillage

L'enfant prodige (2) : direction artistique, costumes

Piché entre ciel et terre (1) : scénario

The Trotsky (1) : acteur (Jay Baruchel)

Filière 13 (1) : son

Lucidité passagère (1) : musique

Le poil de la bête (1) : coiffure

Oscar et la dame rose : bluette pour ne pas voir la vie en gris

Posté par vincy, le 8 décembre 2009

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L'histoire : Le Dr Düsseledorf apprend aux parents d'oscar que leur enfant n'a pas supporté le dernier traitement médical contre sa maladie. Il n'en a plus que pour douze jours à vivre. Oscar entend malgré lui la conversation et se réfugie dans un mutisme. Mais il se souvient d'une femme, Rose, fantasque, le langage cru, assez drôle, ne le jugeant pas sur son état, l'ayant traité comme un gamin normal. La livreuse de pizza. Il la réclame, en fait une condition sie qua non pour passer ses derniers jours. Dans un premier temps Rose refuse de jouer les assistantes sociales. Mais le Dr Düsseldorf, avec quelques arguments économiques, parvient à la convaincre. Surtout elle se prend d'affection pour Oscar.

Notre avis : Après Odette Toulemonde, Eric-Emmanuel Schmitt continue de flirter avec le cinéma sentimentaliste, celui où la griserie doit absolument l’emporter sur les idées grises. Oscar et la Dame Rose ne parvient pas à maintenir notre intérêt sur toute sa longue, noyé dans des digressions inutiles, distrait par des séquences trop faciles, désarticulé par des confrontations maladroites.

Bien sûr le réalisateur peut compter sur l’abattage de son actrice principale, Michèle Laroque, qui fait du Michèle Laroque, à la fois cassante et émouvante, entre bonnes vacheries et larmes salées. De même Amir, alias Oscar, est judicieusement choisi. D’ailleurs le casting relève d’une certaine classe. Amira Casar en infirmière pas sympa, Max Von Sydow en docteur compatissant, Mylène Demongeot en mère un peu folle, … rien de honteux.
Pour certains, ce genre de navet grand public, entre mièvrerie digne d’un passage lors du Téléthon et couple impossible qui ravira les producteurs hollywoodiens pour un éventuel remake, ce genre de série B donc sera peut-être un peu honteux comparé à leur filmographie.

Le film, cependant, a quelques qualités. Il aurait mérité d’être davantage resserré, plus percutant que narratif. Le compte à rebours devient ainsi lancinant et longuet au fil des jours. La répétition étire le temps. De même la vie de la Dame Rose n’est pas palpitante, trop clichée ou trop superficielle, peu importe, elle n’apporte rien hormis une rupture rythmique. En revanche dès que le film se consacre (se concentre) sur l’enfant et sa bonne fée, les envies de l’un et les fables de l’autre, alors, sans parler de magie, la chimie cinématographique opère et révèle, par intermittence, le formidable film fantastique que cela aurait pu être.