Cannes 2013 : les femmes sont ailleurs

Posté par MpM, le 19 avril 2013

valeria bruni tedeschiCe fut l'une des principales polémiques du 65e festival de Cannes : l'absence totale de films réalisés par des femmes dans la compétition.

Pour 2013, Thierry Frémaux et son équipe avaient donc deux options, pas franchement meilleures l'une que l'autre : recréer les mêmes configurations et s'attirer les foudres des mêmes féministes que l'an dernier ou sélectionner un nombre "acceptable" de femmes (combien, justement ?) et prendre le risque que chacune d'elle soit suspectée d'avoir été choisie plus pour son genre que pour son talent.

Sans grande surprise, c'est la première option qui a été retenue : avec seulement Valeria Bruni-Tedeschi (photo ci-dessus) en course pour la Palme d'or avec son film Un château en Italie, Cannes donne alors l'impression de jouer la provocation.

D'ailleurs, les réactions n'ont pas tardé : question acerbe lors de la conférence de presse et réaction à la fois ironique et déçue du collectif de féministes La Barbe qui a déclaré dans un communiqué : "dans sa grande sagesse le comité de sélection du Festival de Cannes a décidé de ne tenir aucun compte [des remarques de l'an dernier]. Que le Festival de Cannes cesse donc de se défendre par des propos souvent plus sexistes encore que sa sélection. Et que les responsables politiques prennent enfin la mesure de la domination masculine qui règne dans ce secteur et agissent en conséquence."

"Depuis 1946, les hommes ont représenté jane campion97% de la sélection officielle" souligne encore le collectif. Par ailleurs, une seule femme (la néo-zélandaise Jane Campion, photo de droite) a reçu la Palme d'or en 65 édition. C'était il y a vingt ans.

Le problème est ailleurs ?

"Le problème n'est pas au festival de Cannes, il est dans des choses sur lesquelles il va falloir de toute façon s'interroger, comme les écoles de cinéma", s'est défendu Thierry Frémaux. Une idée également défendue par la ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem.

"La question qui se pose aujourd'hui c'est : est-ce que nous avons suffisamment de femmes qui sont formées, qui sont accompagnées, soutenues dans leur volonté de devenir réalisatrices ?"a-t-elle souligné. "C'est vrai qu'il y a une avance qui a été prise par les hommes en la matière par rapport aux femmes. Je souhaite qu'on puisse les mettre davantage en avant, mais c'est toute la question, au delà du festival de Cannes, de notre politique culturelle."

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Cannes 2013 : le jury de la Cinéfondation et des courts métrages

Posté par MpM, le 18 avril 2013

On savait déjà que la réalisatrice néo-zélandaise Jane Campion présidera le jury de la Cinéfondation et des courts métrages.

On a appris lors de la conférence de presse du Festival qu'elle serait entourée de :

- Maji-da Abdi (actrice, réalisatrice et productrice éthiopienne),

- Nicoletta Braschi (actrice et productrice italienne),

- Nandita Das (actrice et réalisatrice indienne),

- Semih Kaplanoglu (réalisateur, auteur et producteur turc).

Les cinq jurés auront la charge de  décerner la Palme d'or du court métrage ainsi que les trois prix de la Cinéfondation. Les films sélectionnés avaient été annoncés le 16 avril.

Cannes 2013 : des stars sur la croisette

Posté par MpM, le 18 avril 2013

ryan goslingComme chaque année, le 66e festival de Cannes déroulera le tapis rouge à une pléiade de stars. De quoi satisfaire la soif de glamour des spectateurs, des journalistes people et des photographes.

Petite liste non exhaustive (et par ordre alphabétique) de ceux qui devraient faire le déplacement.

Mathieu Amalric (La Vénus à la fourrure, Jimmy P)

Bérénice Bejo (Le passé)

Orlando Bloom (Zulu)

Sammi Cheng (Blind detective)

Marion Cotillard (Blood ties, The immigrant)

Matt Damon (Behind the candelabra)

Bruce Dern (Nebraska)

Leonardo DiCaprio (Gatsby le magnifique)

Michael Douglas (Behind the candelabra)

Louis Garrel (Un château en Italie)

Ryan Gosling (Only god forgives)

Mila Kunis (Blood ties)

Andy Lau (Blind detective)

Vincent Lindon (Les salauds)

Chiara Mastroianni (Les salauds)

Mads Mikkelsen (Michael Kohlhaas)

Carey Mulligan (Gatsby le magnifique, Inside Llewyn Davis)

Clive Owen (Blood ties)

Joaquin Phoenix (The immigrant)

Tahar Rahim (Le passé, Grand central)

Robert Redford (All is lost)

Jeremie Renner (The immigrant)

Kristin Scott Thomas (Only God forgives)

Toni Servillo (La grande bellezza)

Michael Shannon (As I lay dying)

Benicio del Toro (Jimmy P)

Emmanuelle Seigner (La Vénus à la fourrure)

Léa Seydoux (Grand central)

Emma Watson (The bling ring)

Forest Whitaker (Zulu)

Cannes 2013 : Hors compétition et séances spéciales

Posté par MpM, le 18 avril 2013

Des documentaires, un film "perdu" signé Roman Polanski, le retour de Johnnie To sur la croisette... Voilà de quoi équilibrer les deux compétition phares de la sélection officielle tout en attisant notre plaisir de spectateur.

Hors Compétition

All is lost de J.C Chandor

Blood ties de Guillaume Canet

Séances de minuit

Moonsoon shootout d'Amit Kumar

Blind detective de Johnnie To

Hommage à Jerry Lewis

Max Rose de Daniel Noah

Séances spéciales

Muhammad Ali's greatest fight de Stephen Frears

Stop the pounding heart de Roberto Minervini

Week-end of a champion de Roman Polanski

Seduces and abandoned de James Toback

Bite the dust de Taisia Igumentseva

Séance de gala en l'honneur de l'Inde

Bombay talkies d'Anurag Kashyap, Dibakar Banerjee, Zoya Akhtar et Karan Johar

Cannes 2013 : Un certain regard

Posté par MpM, le 18 avril 2013

Cinq premiers films. Sofia Coppola en ouverture.  Alain Guiraudie, Claire Denis, James Franco et Rithy Panh en embuscade. De la Palestine au Canada, du Cambodge à l'Iran, des Philippines aux Etats Unis, la section Un certain Regard promet des sensations fortes, des découvertes, des retrouvailles...

Elle s'annonce, une nouvelle fois, comme une "compétition bis", plus ouverte à la nouveauté mais tout aussi soucieuse de suivre les cinéastes confirmés et de mettre en avant ce qui compte le plus dans un festival : le cinéma.

A noter que la sélection devrait s'étoffer de quelques titres dans les semaines à venir.

Film d'ouverture : The bling ring de Sofia Coppola

Omar d'Hany Abu-Assad

Death march d'Adolfo Alix Jr.

Fruitvale Station de Ryan Coogler (premier film)

Les salauds de Claire Denis

Norte, Hangganan Ng Kasaysayan de Lav Diaz

As I lay dying de James Franco

Miele de Valeria Golino (premier film)

L'inconnu du lac d'Alain Guiraudie

Bends de Flora Lau (premier film)

L'image manquante de Rithy Panh

La jaula de oro (La cage dorée) de Diego Quemada-Diez (premier film)

Anonymous de Mohammad Rasoulof

Sarah préfère la course de Chloé Robichaud (premier film)

Grand Central de Rebecca Zlotowski

Cannes 2013 : la compétition officielle

Posté par MpM, le 18 avril 2013

affiche cannes 2013 © agence bronxComme chaque année, il y a les habitués : Kore-Eda Hirokazu, Steven Soderbergh, les frères Coen... Mais il y a également des nouveaux venus dans la course à la Palme d'or : Valeria Bruni-Tedeschi, Amat Escalante, Alex Van Warmerdam... Entre les deux, des revenants comme François Ozon (pas sélectionné depuis 2003) ou des cinéastes déjà révélés ailleurs comme Asghar Farhadi. Comme toujours, c'est un savant équilibre entre les réalisateurs de renom et une nouvelle génération qui tient ses promesses.

Quoi qu'il en soit, la compétition 2013 est particulièrement alléchante sur le papier, dans sa manière de mêler les genres, les styles et les nationalités. Le cinéma français est étonnamment présent en force avec pas moins de six films sélectionnés, tandis que le cinéma américain et européen rivalisent (en nombre) avec le cinéma asiatique.

Bien sûr, cela n'empêchera pas les polémiques sur ces " réalisateurs abonnés " (trois anciens palmés sont de retour) et surtout sur le faible nombre de femmes réalisatrices. Elles ont commencé, mais ne gâcheront pas notre impatience à découvrir ces 19 films, tous désormais très attendus.

La compétition 2013

Un château en Italie de Valeria Bruni-Tedeschi

Inside Llewyn Davis de Joel et Ethan Coen

Michael Kohlhaas d'Arnaud Despallières

Jimmy P. (Psychotherapy of a plains indian) d'Arnaud Desplechin

Heli d'Amat Escalante

Le passé d'Asghar Farhadi

The immigrant de James Gray

Grisgris de Mahamat-Saleh Haroun

Tian Zhu Ding (A touch of sin) de Jia Zhangke

Soshite Chichi Ni Naru (Like father, like son) de Kore-Eda Hirokazu

La vie d'Adèle d'Abdellatif Kechiche

Wara No Tate (Shield of straw) de Takashi Miike

Jeune et jolie de François Ozon

Nebraska d'Alexander Payne

La Vénus à la fourrure de Roman Polanski

Behind the candelabra (Ma vie avec Liberace) de Steven Soderbergh

La grande bellezza (The great beauty) de Paolo Sorrentino

Borgman d'Alex Van Warmerdam

Only God forgives de Nicolas Winding Refn

Das Kind de Yonathan Levy, l’étonnant parcours d’un film passé du domaine intime à l’universel

Posté par MpM, le 17 avril 2013

das kindL'aventure du film Das Kind commence en 2007, lors que le jeune Yonathan Levy (23 ans) croise le chemin d'André Miko.

Ce dernier tient à raconter l'histoire de sa mère, Irma, née en 1914 à Czernowitz (alors dans l'Empire austro-hongrois), et qui a subi les remous de l'histoire, de Bucarest, où elle fut militante communiste clandestine, à Paris, où elle rallia la "résistance des étrangers" pendant l'Occupation.

La rencontre entre les deux hommes est déterminante : André pensait écrire un livre sur l'incroyable destin d'Irma, et se laisse finalement convaincre d'en faire un film.

Au départ, le projet semble être destiné au cadre familial. Mais Yonathan Levy est persuadé qu'une telle histoire peut avoir une portée plus large. Pendant plus de deux ans, il suit Irma et André sur les routes d'Europe, et filme leurs conversations.

"Ce qui m'a plu", explique le réalisateur, "c'est la démarche. Qu'André veuille capter le témoignage de sa mère. Cela apporte une vraie dimension intime au film. Je l'ai donc fait passer devant la caméra et j'ai choisi de rester en retrait pour qu'Irma se sente plus libre de parler."

Il a également accentué cette notion de transmission de la mémoire d'une génération à une autre en faisant intervenir a posteriori la petite fille d'Irma, Sarah, qui interprète la voix intérieure de sa grand mère dans des intermèdes inspirés du monologue théâtral. "Il y a une vocation didactique dans ces passages" déclare Yonathan Levy. "C'est comme une voix-off à laquelle on ajoute une dimension poétique et plus intime."

On découvre ainsi par bribes das kind l'existence romanesque et surtout extrêmement engagée d'Irma, qui a traversé avec élégance et passion l'histoire troublée de l'Europe du 20e siècle : effondrement de l'empire austro-hongrois, montée de l'antisémitisme, déplacement de population, émergence du communisme, deuxième guerre mondiale...

On est particulièrement frappé par l'engagement d'Irma dans un mouvement spécifique de la résistance française qui consistait à décourager les soldats allemands basés à Paris et à les retourner contre leur camp. Ses retrouvailles avec l'un de ces soldats, Hans, qui déserta en 1944 et rejoignit la division du colonel Fabien, sont d'ailleurs l'un des moments les plus émouvants du film.

Das Kind, entièrement réalisé et produit en dehors des circuits traditionnels, a tout d'abord eu du mal à se faire connaître en France. Achevé en 2010, il a pourtant fait le tour des festivals : Mostra de San Paulo, Crossing Europe à Linz (Autriche), festival du film documentaire à Istanbul, festival du film juif à Washington... Il a même remporté le prix du meilleur film au Festival du film européen indépendant de Paris (Ecu). Mais il est extrêmement compliqué pour un film 100% indépendant de bénéficier des circuits de diffusion traditionnels et c'est seulement cette année, en 2013, que Yonathan Levy a vu les portes commencer à s'ouvrir.

das kindLe Balzac, irremplaçable cinéma indépendant parisien, propose une projection de Das Kind chaque dimanche matin depuis le 24 février, et au moins jusqu'à la fin du mois de mai. Peu à peu, d'autres salles s'y intéressent. Par exemple, le cinéma l'Odyssée à Strasbourg programmera le film une fois par jour à partir du 24 avril. D'autres devraient suivre dès l'obtention du visa d’exploitation qui est en cours.

Car malgré sa genèse atypique, Das Kind a tout ce qu'il faut pour séduire le public. Il a déjà conquis celui du Balzac dont la salle ne désemplit pas. "Le film est porté par le public", confirme Yonathan Levy. La seule qui s'étonne de ces réactions émues et enthousiastes, c'est Irma Miko elle-même. "Elle a du mal à comprendre pourquoi les gens s'intéressent autant à son histoire", souligne le réalisateur. "Pour elle, ses choix ont toujours été évidents. Elle ne s'est jamais mise en avant, alors elle est étonnée d'être le centre de l'attention."

Une situation à laquelle elle devra pourtant s'habituer... Car avec l'émotion qu'il suscite, sans parler de son indéniable intérêt historique, le film n'a probablement pas fini de bénéficier d'un formidable bouche-à-oreille, et d'être montré dans tous les cinémas d'Art et d'essai de France, voire d'Europe. C'est en général ce qui arrive lorsqu'un film transcende suffisamment le cadre intime de son sujet pour lui offrir une résonance éminemment universelle.

Parker, l’adaptation tragiquement inutile

Posté par geoffroy, le 17 avril 2013

parkerL'histoire : Parker est le plus audacieux et le plus redoutable des cambrioleurs. Spécialiste des casses réputés impossibles, il exige de ses partenaires une loyauté absolue et le respect scrupuleux du plan. Alors qu’une opération vient de mal tourner à cause d’une négligence, Parker décide qu’il ne travaillera plus jamais pour Melander et son gang. Mais le caïd n’accepte pas l’affront et ses hommes laissent Parker pour mort.


Bien décidé à se venger, Parker remonte la piste du gang jusqu’à Palm Beach. Se faisant passer pour un riche Texan à la recherche d’une luxueuse propriété, il rencontre la séduisante Leslie, un agent immobilier qui connaît les moindres recoins de l’île. Avec l’aide de la jeune femme, Parker découvre que le gang projette de rafler 50 millions de dollars de bijoux. Il monte alors un plan pour s’en emparer. C’est le début d’une opération dont Parker n’avait prévu ni l’ampleur, ni les conséquences…

Notre avis: Quitte à découvrir sur grand écran les aventures de Parker, célèbre cambrioleur professionnel créé sous la plume de feu Donald E. Westlake (pour l’occasion il signait sous le pseudo Richard Stark), mieux vaut se (re)faire Le Point de non-retour de John Boorman avec Lee Marvin (1967) ou Mise à sac d’Alain Cavalier avec Michel Constantin (1967).

Car le tout  nouveau Parker, premier du nom au cinéma depuis qu’Hollywood en a récupéré les droits, ne vaut pas tripette, même sous les traits du sympathique et athlétique Jason Statham. Tout ou presque ronronne dans une bien mauvaise mécanique. Atone, soporifique ou par moments inepte, le film est surtout facile. Pour ne pas dire carrément fainéant. Pour preuve, il déroule un scénario ultra-balisé axé sur la vengeance et uniquement la vengeance.

Du coup, le réalisateur qui ne s’arrête jamais sur la spécificité du personnage dans sa dimension de monte-en-l’air, plombe le seul intérêt d’un projet cinématographique plutôt inoffensif. Comble de l’ironie, Parker laisse ses « anciens petits copains » d’un casse qui a mal tourné, faire le boulot. Lui, il attend. Et nous, on s’emmerde.

Si la belle Jennifer Lopez ose, à 43 ans, un petit dénudé affriolant en petite culotte, son rôle ne sert de toute façon à rien. D'où le dénudé, peut-être. Comme cette scène de baston – super bien branlée au demeurant – en plein milieu du film. A ce stade, on se demande à quoi bon. Et puis on laisse tomber puisque le film ne propose rien sur la psychologie d’un homme visiblement fatigué de mener cette vie. Statham fait alors du Statham. À la lettre. Sans sourciller ni chercher à proposer autre chose que les sempiternelles « actionners » qu’il affectionne visiblement.  Nous avons connu Taylor Hackford légèrement plus inspiré (Contre toute attente, Dolores Claiborne, Ray...).

Cannes 2013 : la sélection des courts métrages et de la Cinéfondation

Posté par MpM, le 16 avril 2013

A deux jours de l'annonce de la sélection officielle, le Festival de Cannes a révélé les neuf courts métrages en lice pour la Palme d'or du court métrage et les dix-huit films retenus dans le cadre de la Cinéfondation. Cette année, le jury est présidé par Jane Campion.

Côté courts métrages, le comité de sélection a dû choisir parmi 3500 films représentant 132 pays de production différents. Pour la première fois, un film palestinien participe à la compétition. On note également la présence de deux films français et d'un film venu d’Islande.

- More than two Hours d'Ali Asgari (Iran)
- Condom lead de Mohammed Abou Nasser et Ahmad Abou Nasser (Palestine, Jordanie)
- Whale Valley de Gudmundur Arnar Gudmunsson (Islande, Danemark)
- The Meteorite and Impotence de Sasaki Omoi (Japon)
- Mont blanc de Gilles Coulier (Belgique)
- Olena d'Elzbieta Benkowska (Pologne)
- Ophélia d'Annarita Zambrano (France)
- Safe de Moon Byounggon (Corée du Sud)
- 37°4 S d'Adriano Valerio (France)

Du côté de la cinéfondation, 14 fictions et 4 films d'animation ont été retenus parmi les 1550 présentés cette année par 277 écoles du monde entier. Un tiers des écoles n'avaient jamais été retenues, et le Chili figure pour la première fois dans la sélection. On peut également noter la présence de trois films américains, deux français et deux tchèques.

- The norm of life d'Evgeny Byalo (Russie)
- The magnificient lion boy d'Ana CARO (Royaume Uni)
- O Šunce d'Eliška Chytkovà (République Tchèque)
- Duet de Navid Danesh (Iran)
- Babaga de Gan DE LANGE (Israël)
- Needle d'Anahita Ghazvinizadeh (Etats-Unis)
- En attendant le dégel de Sarah Hirtt (Belgique)
- Contrafàbula de una nina disecada d'Alejandro Iglesias Mendizabal (Mexique)
- Stepsister de Joey Izzo (Etats-Unis)
- Au-delà de l'hiver de Jow Zhi Wei (France)
- În acvariu de Tudor Cristian Jurgiu (Roumanie)
- Seon de Kim Soo-Jin (Corée du Sud)
- Asuncion de Camila Luna Toledo (Chili)
- Going south de Jefferson Moneo (Etats-Unis)
- Danse macabre de Ma?gorzata Rzanek (Pologne)
- Manana todas las cosas de Sebastián Schjaer (Argentine)
- Exil de Vladilen Vierny (France)
- Pandy de Matúš Vizar (République Tchèque)

BIFFF 2013 : retour sur le palmarès

Posté par kristofy, le 16 avril 2013

ghost graduationPour sa 31ème édition, le Brussels International Fantastic Festival a réussi à présenter en 12 jours plus de 110 films, répartis en différentes sections. Freddy Bozzo, le vice-président du festival, a indiqué que lui et son équipe ont vu plus de 600 films pour proposer le meilleur de la production de films fantastiques du moment.

Le BIFFF veut offrir un panorama le plus large possible avec plus d’une vingtaines de films en avant-première internationale, mais aussi dépasser ces considérations d’exclusivité pour proposer des titres immanquables qui ont déjà pu être remarqués ailleurs mais inédits en Belgique (et inédits pour la plupart en France aussi), comme le remarquable Excision de Richard Bates Jr (avec Traci Lords en pieuse mère de famille et John Waters en prêtre) déjà passé par le Festival européen du film fantastique de Strasbourg.

Il y a forcément une petite part de subjectivité dans le choix de la présence de tel ou tel film en compétition ou hors-compétition et dans la répartition des différentes sections. Par exemple, la catégorie reine de la compétition internationale proposait 13 films très différents les uns des autres dont : Kiss of the Damned de Xan Cassavetes (vu à Venise), Upside Down avec Kirsten Dunst dont la sortie a été longtemps retardée (au cinéma le 1er mai), The human race de Paul Hough (le fils du célèbre John Hough qui a pour l’occasion été fait chevalier de l’Ordre du Corbeau au BIFFF), des comédies comme l’espagnol Ghost Graduation, des films beaucoup plus sanglants comme American Mary, et le thriller Chained de Jennifer Chambers Lynch qui, figurant parmi les films les plus réussis de 2012, était un favori.

Le BIFFF n'a malheureusement pas pu offrir à ses spectateurs le film le plus intriguant et le plus fascinant de ce printemps : Upstream Color, découvert à Berlin en présence de son réalisateur Shane Carruth (de retour après le culte Primer), et qui aurait été bienvenu dans la compétition.

Le palmarès de la Compétition Internationale :confessions of murder

- Corbeau d’Or, Grand Prix : Ghost Graduation de Javier Ruiz Caldera
- Corbeau d’Argent, Prix Spécial du Jury ex aequo : Abductee de Yudai Yamaguchi
- Corbeau d’Argent, Prix Spécial du Jury ex aequo : American Mary de Jen Soska et Sylvia Soska
(remis par le jury de la Compétion Internationale présidé par Roland Joffé entouré des réalisateurs Iain Softley et Frédéric Fonteyne, et de l’actrice Marina Anna Eich)

Le palmarès des autres sections :

- Méliès d’Argent : May I Kill U? de Stuart Urban
- Mention spéciale : Earthbound de Alan Brennan
(remis par le jury Européen, composé de Adrian Politowski, John Engel, Stéphane Streker, Myriam Leroy, Marie-Hélène Dozo, Pauline Duclaud-Lacoste et David Mathy)

- Prix Thriller : Confession Of Murder de Jung Byung-gil
(remis par le jury Thriller composé de Paul Cleave, Patrick Ridremont et Eric Godon)

- Prix du 7e Parallèle : Blancanieves de Pablo Berger
- Mention spéciale : Vanishing Waves de Kristina Buozy
(par le jury 7ème Parallèle, composé de Patricio Lagos, Christophe Bourdon, Jean-Michel Vovk et Charles Tatum Jr.)

-Prix du Public : Ghost Graduation de Javier Ruiz Caldera

american maryC’est donc le film espagnol Ghost Graduation qui est le grand gagnant de cette 31e édition du BIFFF avec le doublé idéal Corbeau d’or du jury et Prix du Public. Récompenses que l’on avait déjà pronostiquées en cours de festival, même s'il est un peu surprenant que ce soit une comédie qui remporte le prix le plus important et non un film plus sombre comme Chained de Jennifer Chambers Lynch, curieusement absent du palmarès.

La compétition étant assez inégale, il est en revanche logique que le film American Mary et ses victimes (volontaires pour certaines, pas du tout consentantes pour d’autres) d’opérations chirurgicales radicales ait été distingué : c’est peut-être le film qui prend le plus aux tripes. Plus étonnant, un prix pour Abductee qui repose juste sur un début de bonne idée: un homme seul est kidnappé et se retrouve dans un container de métal; Autour de lui, il y a d’autres containers avec d’autres personnes kidnappées. Tous sont transportés vers… une fin de film ennuyeuse.

A noter que le thriller Confession Of Murder de Jung Byung-gil s’éloigne des nouveaux maîtres étalons coréens (The Chaser, I saw the Devil…) en évitant de montrer du sang ou de la torture, mais en se concentrant surtout sur les scènes d’action, avec un scénario qui joue au chat et à la souris avec quelques rebondissements improbables.

Il montre notamment en guise d’introduction une scène de poursuite à pied, filmée à travers les vitres d’un bâtiment à un autre, et surtout deux grosses scènes de courses-poursuites sur route, impliquant différents véhicules et personnages qui vont de l’un à l’autre à toute vitesse, et deux généreuses séquences de cascades à faire applaudir les Wachowski’s époque Matrix Reloaded.

Maintenant, il reste à découvrir si, auréolés de ces différents prix, les lauréats du BIFFF 2013, Ghost Graduation en tête, bénéficieront d'une sortie en salles françaises.