BIFFF 2018 : Masterclass et mariachis pour Guillermo del Toro

Posté par kristofy, le 13 avril 2018

C'est l'année Guillermo del Toro. Depuis septembre 2017 quand La forme de l'eau remporte le Lion d'or au Festival de Venise puis durant les mois suivant en recevant des récompenses partout - Goya en Espagne, Bafta en Angleterre, Golden Globe (meilleur réalisateur) puis 4 Oscars (dont meilleur film et meilleur réalisateur) aux Etats-Unis. Il a désormais plein de projets en production et il parraine différentes structures qui aident au développement du cinéma mexicain et le rendez-vous est pris pour présider le jury du Festival de Venise 2018 dans quelques mois. Cette consécration mondiale est en fait moins celle de son dernier film que celle de l'ensemble de sa filmographie : quelques courts-métrages puis Cronos, Mimic, L'échine du Diable, Blade 2, Hellboy, Le labyrinthe de Pan, Hellboy 2: Les légions d'or maudites, Pacific Rim, Crimson Peak, et enfin le sacre avec le plus classique La forme de l'eau.

Cette constance dans le fantastique fait qu'il était naturel que Guillermo del Toro soit l'invité d'honneur du BIFFF (le contact avait d'ailleurs été pris en septembre durant Venise, donc bien avant les Oscars) d'autant plus que son premier film Cronos y avait été en compétition et avait reçu un Corbeau d'argent. Au programme donc cette année : Guillermo del Toro est fait Chevalier de l'Ordre du Corbeau (l'hommage du BIFFF), présente une séance spéciale de Cronos, et surtout offre une masterclasse.

Pour accueillir Guillermo del Toro la salle pleine d'environ 2000 spectateurs lui a fait une standing-ovation, et lui s'est amusé avec le rituel du BIFFF qui est d'entonner une chanson sur scène : il a chanté accompagné d'une formation de mariachis. La préparation semblait classique avec diverses questions à propos de chacun de ses films accompagnés d'un extrait mais c'était sans doute trop sage : la rencontre est devenue un dialogue plein de digressions d'un film à un autre sans ordre particulier et plein d'anecdotes sur sa jeunesse et les tournages.

Le saviez-vous ? Guillermo apparait dans chacun de ses films dans le montage sonore, pour le bruit d'un insecte ou le souffle de la respiration d'une créature : c'est en fait sa voix. Cette masterclasse s'est prolongée au-delà des 2 heures prévues puisque Guillermo était particulièrement bavard : en parlant de ses films on sent qu'il veut avant tout parler de sa passion pour le cinéma.

Extraits.

Cronos, le premier film :
Pour ma génération, quand j'étais jeune, le gouvernement au Mexique ne faisait pas grand chose pour soutenir le cinéma, il n'y avait pas d'aide pour monter des films ni de festival de cinéma. Quand on veut quelque chose, on peut concevoir les règles pour que ça arrive : j'ai participé à la création du festival international de Guadalajara, j'ai monté une société de production pour le tournage de Cronos. C'était mon premier long-métrage, des gens m'ont dit que ce n'était pas très bon et que ça n'irait nulle part. En fait La Semaine de la Critique à Cannes l'a aimé et l'a sélectionné, et on y a gagné le Prix. C'était formidable, le film voyageait en dehors du Mexique et il était vu dans plein de pays. Mais après Cronos je n'ai eu aucun travail pendant longtemps, j'ai écrit différents scénarios qu'aucun producteurs ne voulaient financer.

Mimic, second film et premier film américain :
Avec les frères Weinstein j'ai travaillé sur le scénario de ce qui devait être au début un court-métrage, mais il y avait selon moi matière à un film entier. Ça a pris beaucoup de temps pour le financement. Ce film a failli tuer mon désir de faire des films. Je vais vous donner ce conseil : quand on débute un tournage, on a l'instinct de commencer par une scène facile, en fait il faut directement commencer par une séquence complexe. Il faut dès le tout début directement impressionner les producteurs avec les premières images tournées dans l'objectif de garder le plus de contrôle possible pour la suite du tournage.

L'échine du Diable, troisième film et premier film en Espagne :
Encore une fois je me suis dit que ça allait être mon dernier film. Alors j'ai voulu réussir à un peu tout y mettre dedans : la guerre civile, les fantômes, un orphelinat avec des secrets et une bombe. Avec dans l'histoire de la peur, du deuil, des regrets.

Blade, Hellboy, Pacific Rim; ses blockbusters américains :
Dans Blade comme dans Hellboy le personnage a le choix: soit il peut être plus une créature soit il peut être plus humain, il y a un dilemme intérieur. Là je veux dire à chaque fois quelque chose. Pour les gens qui n'aiment pas ce genre de films, voici un film qui vous fera aimer, j'espère, ce genre de film. J'ai appris à filmer des scènes d'action en regardant beaucoup de films d'action, et à chercher comment faire autrement.

Crimson Peak et La forme de l'eau :
Je parle enfin plus de romance et de sexualité, il m'a fallu du temps. On voit un rapport sexuel physique de La forme de l'eau, mais revoyez Crimson Peak et vous verrez qu'il y a beaucoup de choses sur la sexualité avec notamment la séduction et le sentiment de rejet. Avoir des Oscars pour La forme de l'eau c'est venu symboliser l'amour de différentes communautés de spectateurs touchées par ce film. C'est ça qui est important, cet amour des spectateurs, que les gens aient été touchés à différents niveaux par le film. De quelqu'un qui dit 'je ne crois pas en l'amour', on dit que c'est un homme sage et de quelqu'un qui dit 'je crois en l'amour', on dit que c'est un homme fou, alors je suis fou. J'ai cette folie que je veux partager.

Le labyrinthe de Pan, le chef d'oeuvre :
J'ai pitché l'histoire à plusieurs studios et on m'a dit non pour le produire, parce que, à la fin, la petite fille meurt. J'ai utilisé les conventions des contes en général, comme avoir à choisir entre 3 portes et comme une mise à l'épreuve du personnage principal. Le film était en compétition à Cannes, on n'y a pas eu de récompense, le président du jury c'était Wong Kar-wai qui regarde les films avec ses lunettes de soleil... Le film a été montré en fin de festival et le public lui a fait une standing ovation de 23 minutes, un record je crois. Puis Le labyrinthe de Pan a eu des Oscars. J'ai voulu un fort contraste entre la beauté et la violence, il fallait être sincère avec ces deux aspects. La beauté rend la violence plus dure à supporter, la violence fait que la beauté est plus émouvante ou larmoyante.

BIFFF 2018 : Shauna Macdonald piégée dans le cube de « White Chamber »

Posté par kristofy, le 7 avril 2018

Le 36ème BIFFF, le Bruxelles International Fantastic Film Festival, apporte frayeurs et tremblements depuis le 3 avril et ce jusqu'au 15 : certains des plus grands noms du genre viennent hanter le festival à la nuit tombée. Pour l'ouverture Pascal Laugier est venu présenter son éprouvant Ghostland, et le maestro Guillermo del Toro est attendu pour une master-class. Mais pour le moment, c'est l'une des nouvelles screaming-queen du cinéma fantastique moderne qui est était là cette année : Shauna Macdonald !

Durant les années 70-80 une screaming-queen était essentiellement une actrice dont le personnage hurle quand elle est poursuivie par un tueur: Marilyn Burns dans Massacre à la tronçonneuse ou Jamie Lee Curtis dans Halloween par exemple. Il s'agit pour la victime d'essayer de s'échapper ou de se défendre. Vers la fin des années 90 et début des années 2000, la femme est moins une victime qu'une cible qui contre-attaque le tueur, la screaming-queen devient beaucoup plus une héroïne et le personnage principal du film, telles Neve Campbell dans Scream ou Maika Monroe dans It follows. En 2005 un film allait redéfinir pour des années le film d'horreur claustrophobique : The Descent avec Shauna Macdonald, encore endeuillée de la mort de son mari et et de sa fille, qui se trouve piégée dans une sombre grotte avec des créatures... Evidemment le fantastique allait la suivre : elle se retrouve dans un train en panne au milieu d'une forêt de loups-garous dans Howl, et paralysée sur un lit d'hôpital hanté par un fantôme dans Nails.

Shauna Macdonald et le jeune réalisateur Paul Raschid (25 ans, déjà un long à son actif: Servants' Quarters) étaient au BIFFF pour la première de White Chamber. Dans un futur (proche ?), l'Angleterre post-Brexit a connu une montée de problèmes avec davantage de racisme et de xénophobie, plus de pauvres qui meurent faute d'accès aux soins, la menace d'une guerre civile, un nouveau régime militaire et un leader d'un mouvement d'opposition engagé dans une résistance armée, bref c'est un climat de guerre. Shauna Macdonald se réveille dans un cube blanc dont elle est prisonnière et victime, on lui demande des informations sur ses activités. Pour la torturer via ce cube, on lui envoie des températures extrêmes et des chocs électriques. Qui est-elle vraiment, qui a conçu ce cube et pourquoi, qui la retient prisonnière, que s'est-il passé avant pour en arriver là ? Le mystère de cette chambre blanche va révéler plusieurs retournements de situation...

Shauna Macdonald s'explique: « J'ai rarement joué un rôle de simple demoiselle en détresse, au début du film ce rôle ressemble à ça mais après il y a une tout autre évolution de sa personnalité, c'est cette évolution qui était quelque chose qui m'intéressait ». Une nouvelle fois le corps de Shauna Macdonald est agressé et son visage, ici filmé en très gros plan, est particulièrement expressif avant que la perception de son personnage ne change et qu'on en découvre un autre angle. White Chamber évoque une guerre hors-champs, depuis l'intérieur d'un laboratoire avec la question du bourreau et de la victime.

Pour Paul Raschid, « dans une guerre il n'y a pas forcément un camp du bien et un camp du mal, la morale est quelque chose de subjectif dans chaque camp selon le contexte. Cette histoire évoque une expérience de l'obéissance, obéissance à suivre des ordres, tout comme à faire du mal pour torturer quelqu'un ».

« Les ailes du silence » pour Jacques Higelin (1940-2018)

Posté par vincy, le 6 avril 2018

jacques higelin jappeloup daniel auteuil

Le chanteur, compositeur et poète Jacques Higelin est mort ce 6 avril des suites d'une longue maladie. Il avait 77 printemps. "C’était un artiste absolu, dont le talent se déclinait à l’infini : auteur, compositeur, interprète, comédien, écrivain, Jacques Higelin était un poète merveilleux qui avait conquis le cœur des mélomanes comme des cinéphiles" explique Frédérique Bredin, présidente du CNC. "Son univers lyrique et flamboyant, sa sensibilité à fleur de peau, son caractère généreux et passionné nous manqueront terriblement" ajoute-t-elle en guise d'hommage.

Né le 18 octobre 1940, Jacques Higelin a d'abord commencé sa carrière comme comédien. A 19 ans il tourne dans Nathalie, agent secret d'Henri Decoin et La Verte Moisson de François Villiers. Ses rôles sont secondaires. Durant les sixties, on le croise quand même dans Bébert et l'Omnibus d'Yves Robert, Concerto mécanique pour la folie ou la folle mécamorphose de Julien Duvivier, Les Saintes chéries : Ève au volant de Jean Becker, Par un beau matin d'été de Jacques Deray, Sept jours ailleurs de Marin Karmitz et Erotissimo de Gérard Pirès.

Alors que sa carrière musicale s'envole, mélange de pop et de rock, de chanson à textes et de prestations scéniques virevoltantes, il tourne moins. On le repère malgré tout dans Elle court, elle court la banlieue de Gérard Pirès, L'An 01 de Jacques Doillon, Alain Resnais et Jean Rouch, Un autre homme, une autre chance de Claude Lelouch, Contre l'oubli de Chantal Akerman et René Allio, Un homme à la mer de Jacques Doillon, À mort la mort ! de Romain Goupil, qui tournera en 2008 un documetaire sur le chanteur, Higelin en chemin. Il prête sa voix au beau film d'animation de Jacques-Rémy Girered, La Prophétie des Grenouilles, réalise avec Lyonel Kouro un court métrage Le rêve. Et finalement apparaît dans un succès populaire en 2013, son ultime film, avant que la maladie ne l'éloigne de la lumière, Jappeloup de Christian Duguay.

Il a aussi écrit la musique du film La bande du Rex de Jean-Henri Meunier (1980). En 2013, dans son (avant-dernier) album Beau Repaire, figure un duo avec Sandrine Bonnaire, "Duo d'anges heureux".

Père du chanteur Arthur H, du comédien et réalisateur Kên Higelin et de la chanteuse et comédienne Izïa Higelin, inspiré par le jazz, Boris Vian, Charles Trenet et Léo Ferré, ses chansons ont traversé les décennies. Il n'était pas un faiseur de tubes (hormis peut-être "Champagne", "Poil dans la main", et "Tombé du ciel") mais remplissait les salles, les petites comme les grandes. Incontestablement, c'était l'un des artistes les plus créatifs du paysage musical français, alliant les contraires, de Didier Lockwood à Brigitte Fontaine, de Téléphone à Youssou n'dour, de Bernard Lavilliers à Jeanne Cherhal.

Isao Takahata (1935-2018) a rejoint le tombeau des lucioles

Posté par MpM, le 6 avril 2018


C'est peut-être le réalisateur qui nous a fait le plus pleurer, avec son bouleversant Tombeau des lucioles, l'histoire de deux orphelins livrés à eux-même dans le Japon de le fin de la deuxième guerre mondiale. Isao Takahata, grand maître de l'animation japonaise, est mort ce jeudi 5 avril à l'âge de 82 ans, laissant derrière lui dix longs métrages et plusieurs séries télévisées. L'une de ses particularités, qui était devenue sa grande force, est qu'il ne dessinait pas ses films, et en confiait l'animation à ses collaborateurs, ce qui lui permettait une totale liberté de ton, d'univers et de techniques.

Ce grand amateur de littérature française, qu'il avait étudiée à l'Université de Tokyo, vouait une passion particulière à Jacques Prévert, dont il admirait notamment le travail de scénariste. C'est d'ailleurs en découvrant La Bergère et le Ramoneur de Paul Grimault, écrit par le poète, qu'il décide de s'engager dans la voie du cinéma d'animation. En 1959, il rejoint la Tôei, un jeune studio japonais qui a alors l'ambition de concurrencer Disney.

Il co-réalise son premier long métrage en 1968 avec Hayao Miyazaki  : Horus, prince du soleil, une épopée médiévale et allégorique qui ne reçoit pas le succès escompté. Le studio se concentre alors sur les séries télévisées, et Takahata et Miyazaki travaillent notamment ensemble à Heidi, Marco et Anne, la maison aux pignons verts, ce qui ne les empêche pas de réaliser Panda petit panda pour un autre studio en 1972. Le film, destiné aux plus petits, raconte avec humour et douceur la rencontre de Mimiko, une petite fille très énergique, avec une famille de pandas qu'elle accueille chez elle.

Isao Takahata réalise ensuite Kié la petite peste (1981) et Goshu le violoncelliste (1982). En 1985, il fonde avec Hayao Miyazaki le studio Ghibli, qui deviendra une référence mondiale du cinéma d'animation. Son premier film réalisé au sein de Ghibli en 1988 sera aussi son plus gros succès : Le tombeau des lucioles, adaptation d'une nouvelle semi-autobiographique écrite en 1967 par Akiyuki Nosaka, est salué dans le monde entier. Ses choix esthétiques réalistes et sa poésie déchirante en font un classique universel.

Suivront Souvenirs goutte à goutte (1991), Pompoko (1994) qui reçoit le Cristal du meilleur long métrage à Annecy, et Mes voisins les Yamada (1999). Ce dernier ne rencontre pas son public, Takahata se met alors en retrait du studio, jusqu'à son dernier film, Le conte de la princesse Kaguya, présenté à la Quinzaine des Réalisateurs en 2014.

Inspirée d’un conte populaire datant du Xe siècle, considérée comme l'un des textes fondateurs de la littérature japonaise, cette jolie fable distille beaucoup de moments tendres et joyeux, dans une nature à la pureté originelle. Cette joie espiègle correspondant à l'enfance est troublée par la nécessité, pour l'héroïne, de se conformer à ce que son père, et la société, attendent d'une jeune fille de bonne condition. Le film se transforme alors en une célébration des beautés de la vie terrestre, avec une pointe de nostalgie qui donne à l'époque l'impression que Takahata signe une oeuvre-testament.

Son cinéma sensible, qui questionne la relation ambivalente de l'homme avec la nature, souligne le temps qui passe et observe les interactions au sein de la famille, possède une petite musique intérieure inimitable qui nous manquera.

Les super-pouvoirs de Guillermo del Toro

Posté par vincy, le 5 avril 2018

Un effet Oscar indéniable pour Guillermo del Toro. La forme de l'eau, Lion d'or à Venise en Septembre, Oscar du meilleur film et du meilleur réalisateur début mars, a entraîné une série de "deals" et d'annonces qui font du cinéaste mexicain un super-héros pour les jeunes réalisateurs/réalisatrices et le cinéma de genre.

Ainsi Fox Searchlight Pictures, qui a coproduit La Forme de l'eau (190M$ de recettes mondiales), vient de signer un pacte global avec le cinéaste pour produire les films en prises de vues réelles, écrit ou/et réalisé ou/et produit par Del Toro.

La filiale "art et essai" de la Fox créé un label spécifique pour les films de genre (horreur, SF, Fantasy), incluant ceux soutenus, produits ou portés par Del Toro. Tous ces films seront financés et distribués par Fox Searchlight.

"Pendant longtemps, j’ai espéré trouver un environnement dans lequel je puisse distribuer, et produire de nouvelles voix à travers des films de genre intelligents et inventifs. Et par la même occasion canaliser mes propres projets. Avec Fox Searchlight, j’ai trouvé un vrai foyer pour la production de ce type d’œuvres – un partenariat basé sur le travail acharné, la compréhension de l’autre et, surtout, la foi" a expliqué le cinéaste.

Un premier projet déjà en développement

Autant dire que le réalisateur s'offre un mini-studio au sein d'une structure déjà solide (qui sera peut-être rachetée par le groupe Disney). Le premier projet lancé avec cette structure, et produit par Guillermo del Toro, devrait être Antlers, qui raconte l'histoire d'une enseignante qui accueille un étudiant perturbé chez elle alors qu'il porte en lui un secret de famille mystérieux aux conséquences fatales. Le film doit être réalisé par Scott Cooper, et il est adapté d'une nouvelle de Nick Antosca, The Quiet Boy.

Une salle de cinéma à son nom, une bourse pour les nouveaux talents

Guillermo del Toro ne s'arrête pas là. Au récent 33e Festival du film de Guadalajara (Mexique), sa ville d'origine, il a inauguré une salle de cinéma qui porte son nom au Centre culturel / Cinémathèque de l'Université publique de Guadalajara. Il a aussi donné trois masterclasses - la première a enregistré 30000 demandes d'inscription en une demi-heure - devant un total de 12000 personnes. Enfin il a annoncé qu'il lancerait une bourse pour les aspirants cinéastes mexicains. The Jenkins-Del Toro International Grant sera doté de 60000$ et décerné chaque année au festival de Guadalajara à un étudiant en cinéma mexicain.

Producteur de deux réalisatrices mexicaines

Del Toro a enfin révélé qu'il produirait les prochains films des réalisatrices Issa Lopez (Vuelven) et Karla Castaneda, qui travaille sur son premier long métrage animé en stop-motion. Il a bien l'intention de soutenir l'industrie du cinéma mexicain, qui, malgré sa vitalité, ses succès aux Oscars comme au box office nord-américain, et sa forte présence dans les festivals internationaux, reste mal aimé dans son pays. L'an dernier, seul Hazlo Como Hombre (Do It Like An Hombre), une comédie familiale et "gay", a réussi à se classer dans le Top 30 annuel du box office mexicain. Il n'y en avait que trois en 2016.

Nul ne doute que Guillermo Del Toro, prochain président du jury de Venise, va vouloir, avec ces nouveaux moyens, résister à l'envahisseur hollywoodien.

Cannes 2018: Benicio del Toro président du jury Un Certain Regard

Posté par vincy, le 4 avril 2018

L'acteur américano originaire de Porto Rico Benicio del Toro présidera le jury Un Certain Regard au prochain Festival de Cannes. Il avait déjà été membre du jury de la Compétition, celui de Tim Burton, en 2010. Il avait reçu un prix d’interprétation cannois pour son incarnation de Che Guevara dans le diptyque Che de Steven Soderbergh, un rôle qu’il a porté pendant 7 ans.

"Artiste sans frontière, amoureux fou de Jean Vigo et Charlie Chaplin, qui aurait rêvé de rencontrer Bela Lugosi, Lon Chaney, Toshiro Mifune ou Humphrey Bogart", comme le définit le communiqué du Festival, il est un ardent cinéphile. "A 20 ans, il découvre Les 400 Coups puis les univers infinis de Fellini, Eisenstein, Bergman, Eustache, Kurosawa... L’Île nue de Kaneto Shindô devient son film de chevet."

Comédien caméléon, remarqué pour ses performances charismatiques, pouvant être doux comme brutal, il a souvent fait sensation dans des films très éclectiques, tournant avec Brian Synger (Usual Suspects, 1995, en séance spéciale à Cannes), Abel Ferrara (Nos funérailles, 1996), Julian Schnabel (Basquiat, 1997), Terry Gilliam (Las Vegas Parano, 1998, en compétition à Cannes), Guy Ritchie (Snatch, 2000), Steven Soderbergh (Traffic, 2001, Ours d'argent du meilleur acteur à Berlin et Oscar du meilleur second rôle), Sean Penn (The Pledge, 2001, en compétition), Alejandro Gonzalez Inarritu (21 Grammes, 2003), William Friedkin (Traqué, 2003), Robert Rodriguez, Frank Miller et Quentin Tarantino (Sin City, 2005, en compétition), Sofia Coppola (Somewhere, 2010), Oliver Stone (Savages, 2012), Arnaud Desplechin (Jimmy P., 2013, en compétition à Cannes), Paul Thomas Anderson (Inherent Vice, 2014), et Denis Villeneuve (Sicario, 2015, en compétition). A Cannes, on l'a aussi entendu comme voix du Serpent dans Le Petit Prince de Mark Osborne.

Benicio del Toro est aussi un personnage récurrent de l'univers Marvel en incarnant Taneleer Tivan / le Collectionneur dans Les Gardiens de la Galaxie et le prochain Avengers: Infinity War, en plus d'un caméo dans Thor : Le Monde des ténèbres. Le grand public l'a vu récemment en DJ dans Star Wars : Épisode VIII, Les Derniers Jedi de Rian Johnson. Et il est attendu dans la suite de Sicario, réalisée par Stefano Sollima.

Il a également accompagné sa première réalisation, El Yuma, l’un des segments de 7 Jours à la Havane, œuvre collective sélectionnée au Certain Regard, en 2012.

Noah Schnapp (Stranger Things) en tournage dans les Pyrénées

Posté par vincy, le 2 avril 2018

Le tournage de Waiting for Anya a commencé la semaine dernière à Lescun, dans les Pyrénées, au sud de Pau. Cette coproduction internationale, épaulée par la société britannique Goldfinch Studios, est réalisée par Ben Cookson (Almost Married), et s'offre un casting hétéroclite.

Jean Reno, Anjelica Huston (L'honneur des Prizzi, La famille Addams), Thomas Kretschmann (Le pianiste), Elsa Zylberstein, Tomas Lemarquis (X-Men: Apocalypse, Insensibles), Frederick Schmidt (Mission:Impossible - Fallout, Taboo), Sadie Frost (Absolutely Fabulous), Joséphine De La Baume entourent le jeune Noah Schnapp, vu dans Le Pont des Espions et surtout la série Netflix Stranger Things.

Le tournage est prévu pour cinq semaines dans les montagnes basques. Waiting For Anya est écrit par le scénariste Toby Torlesse qui a adapté le roman jeunesse éponyme de Michael Morpurgo (Cheval de guerre). En France le livre est paru sous le titre Anya. Il raconte l'histoire d'un jeune berger, Jo, qui vit dans un village des Pyrénées occupé par les Allemands durant la seconde guerre mondiale. Il découvre des enfants juifs cachés dans une ferme et décide de les aider pour passer la frontière espagnole, avec l'aide d'une veuve. Schnapp incarne le jeune berger tandis que Reno interprète son grand-père et Anjelia Huston la veuve Horcada.

Le film est coproduit par 13 films.

Laetitia Colombani adapte son premier roman « La Tresse »

Posté par vincy, le 1 avril 2018

Prix Relay des lecteurs voyageurs 2017, Globe de cristal du meilleur roman 2018, La tresse, le premier roman de la scénariste et réalisatrice Laetitia Colombani a surtout été l'un des best-sellers de l'année 2017 avec plus de 300000 livres vendus et 29 traductions cédées.

Curiosa films - Olivier Delbosc et Moana Films - Marc Missonnier, associés tous deux dans Fidélité films, ont acquis les droits pour adapter le roman au cinéma. Laetitia Colombani écrira et réalisera elle-même cette version cinématographique.

L'histoire est celle de trois femmes dont les destins pourtant éloignés vont se croiser telle une tresse où s’entrelaceraient plusieurs cheveux de femmes aux origines les plus diverses : Smita, une mère Dalit, c’est-à-dire une Intouchable, Julia, une jeune Sicilienne, et Sarah, une avocate ambitieuse. En Inde, Smita rêve de voir sa fille apprendre à lire. Giulia est ouvrière à Palerme. Quand son père a un grave accident, elle découvre que l'atelier familial est ruiné. Sarah, avocate canadienne, apprend qu’elle est atteinte d'un cancer du sein.

Laetitia Colombani a été épisodiquement actrice (on l'a vue dans Cloclo en 2012). Elle a surtout réalisé quatre courts métrages et deux longs: A la folie pas du tout, avec Audrey Tautou, Isabelle Carré et Samuel Le Bihan en 2002 et Mes stars et moi, avec Kad Merad, Catherine Deneuve, Emmanuelle Béart, Mélanie Bernier et Maria de Medeiros, en 2008.

Dr Dolittle s’offre un casting au poil

Posté par vincy, le 31 mars 2018

Robert Downey Jr. a officialisé sur son compte twitter le casting vocal de son nouveau film, The Voyage of Doctor Dolittle. Le film est actuellement en tournage à Londres. La sortie est calée pour le 12 avril 2019.

C'est du lourd niveau casting tout de même: Marion Cotillard et Octavia Spencer, toutes deux oscarisées, Kumail Nanjiani, nommé aux Oscars, Rami Malek, gagnant d'un Emmy Award, Craig Robinson, John Cena, Carmen Ejogo et Frances De La Tour rejoignent les déjà annoncés Ralph Fiennes, Emma Thompson, Tom Holland et Selena Gomez.

Antonio Banderas, Michael Sheen, Harry Collett et Jim Broadbent s'ajoutent à cette longue liste, mais pour des personnages "réels".

Le énième remake de Dr Dolittle est écrit et réalisé par Stephen Gaghan. La série de romans pour la jeunesse de Hugh Lofting, publiée à partir de 1920 (et en France à partir de 1931),  a connu plusieurs versions: une comédie musicale de Richard Fleischer en 1967 et une série de 5 films, dont les deux premiers ont été les derniers grands succès d'Eddie Murphy.

Robert Downey Jr. qu'on verra dans quelques semaines dans Avengers: Infinity War a annoncé qu'il voulait en finir avec Tony Stark / Iron Man. C'est son premier projet d'envergure hors Marvel depuis la suite de Sherlock Holmes en 2011.

Scarlett Johansson dans un drame de Taika Waititi (Thor: Ragnarok)

Posté par vincy, le 30 mars 2018

C'est Pâques, alors parlons de lapin. Ni Bugs Bunny, ni mascotte de Playboy ni même Pierre Lapin. Mais Jojo. Jojo Rabbit plus précisément.  Il s'agit du prochain film de Taika Waititi (Thor: Ragnarok). Scarlett Johansson, selon la presse professionnelle américaine serait en négociations finales pour être la star de cette production Fox Searchlight.

Johansson incarnerait une Allemande durant la seconde guerre mondiale. Son jeune fils, fidèle des jeunesses hitlériennes, découvre qu'elle abrite une jeune juive dans leur foyer. Le scénario a été écrit par le réalisateur et le tournage devrait commencer d'ici l'été.

Taika Waititi prépare actuellement l'épisode pilote de What We Do in the Shadows, d'après son propre film Vampires en toute intimité sorti en 2014.

Depuis quelques mois, Scarlett Johansson ne cache pas son intention de revenir à des personnages plus matures dans des films d'auteur ou dramatiques, après une succession de grosses productions et de comédies. Elle sera à l'affiche d'Avengers: Infinity War début mai. On l'entendra dans L'île aux chiens de Wes Anderson où elle prête sa voix à une chienne de concours. Elle s'est aussi engagée sur le premier film Reflective Light de Gregory Crewdon, où là encore elle doit incarner la mère d'un garçon qui ne lui facilite pas la vie. Enfin, elle vient de terminer le nouveau film de Noah Baumbach, avec Adam Driver et Laura Dern, prévu pour une sortie cet automne.