Pablo Agüero reçoit le Grand prix du meilleur scénariste avec un projet sur Evita

Posté par vincy, le 22 novembre 2012

Le 26e Grand prix du meilleur scénariste a été révélé hier soir à Paris. Le jury, où on retrouvait, entre autres, Sophie Dulac, Michel Reilhac et le journaliste Pierre Murat, était présidé par Julie Gayet

Pablo Agüero, lauréat du Grand Prix du meilleur scénariste 2012, a été récompensé pour son projet Evita, actuellement en écriture. Il s'agit d'un film sur Evita Peron, la très populaire femme du dictateur argentin, décédée il y a 25 ans.

Aguëro a déjà à son actif deux courts métrages (Lejos del sol et Primera nieve, Prix Spécial du Jury à Cannes) et deux longs métrages (Salamandra, sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs, et 77 Doronship, sélectionné à San Sebastian).

Le Prix spécial du jury a été attribué à Emmanuel Bellegarde et Michel Piru pour Dragon vert, écrit avec Céline Sciamma.

Ces deux projets l'ont emporté sur Un facteur nommé Cheval de Caroline et Eric du Potet, Qu’Allah bénisse la France ! d'Abd Al Malik, Génération Mitterrand de Nicolas Castro et Les traces de Vanessa Lhoste et Alain Choquart.

Par ailleurs, le 15e Prix Junior du meilleur scénario 2012 a été remis à Rose et Alice Philippon pour Les bêtises. A cela s'ajoutent un Prix spécial du jury pour Ada Loueilh (Papa Lumière) et une mention spéciale du jury pour Marine Lachenaud (Tombés du nid).

La petite Venise remporte le Prix Lux 2012

Posté par vincy, le 21 novembre 2012

la petite venise io sono liAujourd'hui, le Prix Lux 2012 pour le cinéma a été décerné à La petite Venise (Io sono Li), du réalisateur Andrea Segre. Le film est sorti en France en juin dernier (passé relativement inaperçu avec à peine 30 000 entrées. Il avait fait son avant-première mondiale au festival de Venise en 2011 où il avait reçu 3 prix. A ces récompenses se sont ajoutés le Prix David di Donatello de la meilleure actrice (parmi 4 nominations aux "Césars" italiens) et le prix Satyajiit Ray au Festival de Londres.

L'histoire est celle de la rencontre sur la lagune vénitienne d'un pêcheur et d’une jeune chinoise récemment immigrée. Une douce amitié naît peu à peu entre ces deux êtres que tout semble séparer. Mais leurs sentiments dérangent deux communautés qui se rejettent : Italiens et Chinois voient d'un mauvais œil leur complicité naissante...

Les deux autres finalistes de cette année sont Csak a szél (Juste le vent) de Bence Fliegauf (Hongrie) et Tabou de Miguel Gomes (Portugal).

En remettant le Prix Lux 2012, le Président du parlement européen Martin Schulz a déclaré : "Le Prix contribue à surmonter les barrières linguistiques et les frontières géographiques, afin de permettre au plus grand nombre possible de personnes de voir ces films, et d'en parler et donc de contribuer à un espace culturel européen commun".

Lors de la cérémonie, Andrea Segre a remercié "les parlementaires européens et l'organisation de ce Prix qui est très important pour la diffusion du cinéma indépendant européen afin qu'il puisse parler des problèmes et des tensions de nos sociétés, en Europe".

Dans le cadre de ce prix, le Parlement a financé, pour les trois films finalistes, le sous-titrage dans toutes les langues officielles de l'UE à l'occasion des journées cinématographiques Prix Lux. Le film lauréat bénéficiera également d'un financement du Parlement en vue d'adapter la version originale pour les personnes malentendantes et malvoyantes et de promouvoir ces copies.

C'est la première fois qu'un film italien était parmi les trois finalistes du Prix Lux. La Petite Venise succède aux Neiges du Kilimandjaro, Die Fremde, Welcome, Le Silence de Lorna et De l'autre côté.

Yvan Attal veuf de Charlotte Gainsbourg

Posté par vincy, le 20 novembre 2012

charlotte gainsbourg yvan attal césarsParmi les nombreux projets qui ont été mis sur le marché à l'American Film Market fin octobre/début novembre, un a retenu notre attention : Son épouse.

Le nouveau film de Michel Spinosa réunit en effet Charlotte Gainsbourg et son compagnon Yvan Attal. Ce sera la septième fois qu'ils joueront ensemble depuis Aux yeux du monde en 1991. Il y a deux mois Gainsbourg était à l'affiche du film d'Attal, Do not disturb.

Le tournage débute ces jours-ci si l'on en croit Screen International. La sortie, dont Diaphana aura la charge, est déjà prévue au printemps 2014, à temps pour viser Berlin ou Cannes 2014.

L'histoire est celle d'un veuf (Attal) en route pour l'Inde afin de rencontrer une jeune fille indienne qui semble possédée par l'esprit de sa défunte épouse (Gainsbourg).

Michel Spinosa coécrit les scénarii de Gilles Bourdos et a réalisé La parenthèse enchantée en 2000 et Anna M. en 2007.

Arras 2012 : joli doublé pour Teddy bear de Mads Matthiesen

Posté par MpM, le 19 novembre 2012

C'est probablement le film le plus classique, mais peut-être aussi le plus abouti, qui a remporté l'Atlas d'or, récompense suprême de ce 13e Arras Film Festival.

Il faut dire que Teddy bear, le film du Danois Mads Matthiesen, a tous les atouts pour séduire un jury : non seulement c'est le portrait sensible d'un personnage attachant et cocasse, mais en plus il aborde avec humour et finesse plusieurs sujets de société comme le tourisme sexuel, la solitude sentimentale et les affres de la filiation.

Ce conte de fées moderne (avec ce que cela peut impliquer d'angélisme) s'offre ainsi un joli doublé en séduisant à la fois le jury professionnel présidé par Tonie Marshall et celui du Syndicat de la Critique.

Le jury professionnel a par ailleurs remis l'Atlas d'argent de la mise en scène à Little black spiders de la réalisatrice belge Patrice Toye (en photo avec son actrice Line Pillet). Le film se déroule dans un refuge où sont accueillies confidentiellement des jeunes filles enceintes. L'institution leur garantit anonymat, soutien et protection pour mener à bien leur grossesse dans les meilleures conditions.

Si le scénario s'avère rapidement prévisible et manquant de consistance, la manière dont la cinéaste mêle les formats d'image pour obtenir une ambiance hors du temps et inquiétante s'avère en effet assez intéressante.

De son côté, le jury lycéen a préféré distinguer Either way de l'Islandais Hafsteinn Gunnar Sigurðsson (en photo), un film réalisé avec très peu de moyens dans une région isolée du Nord-Ouest islandais. On y suit un homme d'une trentaine d'années et son beau-frère de 24 ans qui passent l'été à réhabiliter le marquage au sol d'une route peu empruntée. Comme un huis-clos cocasse et décalé, mais au milieu de paysages majestueusement désolés.

Enfin, le public s'est tourné vers le film allemand My beautiful country de Michaela Kezele (en photo avec son actrice Zrinka Cvitesic), l'histoire d'une jeune veuve d'origine serbe qui sauve la vie à un soldat albanais en pleine guerre du Kosovo. Une oeuvre bouleversante (parfois un peu appuyée) sur une période de folie inhumaine et destructrice.

A noter également que pour la première fois, un jury de professionnels a remis le prix "ArrasDays" à un projet de film en devenir. C'est l'Espagnole Paula Ortiz (en compétition avec Chrysalis) qui a remporté ce premier trophée (ainsi qu'une dotation de 5000€) avec The bride. Le réalisateur Hafsteinn Gunnar Sigurðsson, déjà primé pour Either way, s'est vu attribuer une mention spéciale pour son projet Kanari.

Un palmarès globalement bien accueilli, même s'il laisse de côté le réussi The exam (à cause de sa fin ratée ?) et le déjanté Jackpot (les jurys récompensent rarement les comédies et peu souvent les films de genre, probablement le Norvégien Magnus Martens partait-il avec un handicap de départ en mêlant les deux...) pour privilégier des oeuvres plus traditionnelles et aux sujets plus "sérieux".

Sans remettre en cause le grand triomphe de Teddy bear (mérité, puisque le film est efficace), on peut ainsi regretter que les jurés aient défendu le film le plus "solide" de la compétition, donc susceptible de trouver un distributeur par lui-même, au détriment d'œuvres plus fragiles, certes imparfaites, mais tout aussi attachantes.

***

Le palmarès complet

Atlas d'or
Teddy bear de Mads Matthiesen (Danemark)

Atlas d'argent de la mise en scène
Little black spiders de Patrice Toye (Belgique)

Prix du public
My beautiful country de Michaela Kezele (Allemagne)

Prix Regards Jeunes
Either way de Hafsteinn Gunnar Sigurðsson (Islande)

Prix de la critique française
Teddy bear de Mads Matthiesen (Danemark)

Prix ArrasDays
Paula Ortiz pour The bride

Mention spéciale au Prix ArrasDays
Hafsteinn Gunnar Sigurðsson pour Kanari

32 comédiennes et comédiens en lice pour les deux César du meilleur espoir

Posté par vincy, le 19 novembre 2012

césarsL'Académie des Arts et Techniques du Cinéma a révélé les 16 comédiennes et 16 comédiens qui seront proposés aux membres pour qu'ils puissent choisir les cinq meilleurs espoirs féminin et masculin. Ces 32 heureux élus dineront ensemble le 14 janvier 2013. Les nominations seront connues le 25 janvier 2013. Les César seront décernés le 22 février 2013.

Notons qu'Agathe Bonitzer avait été retirée de la liste l'an dernier pour son rôle dans Une bouteille à la mer, suite au report de la sortie du film, finalement dans les salles en février 2012. Bonitzer est donc cette fois-ci dans la liste.

Cinq films ont deux comédien(ne)s listés.

Les Révélations 2013 – Comédiennes :

Laurence Arné dans Bowling
Alice Belaïdi dans Les Kaïras
Agathe Bonitzer dans Une bouteille à la mer
Lola Créton dans Après mai
Alice de Lencquesaing dans Au galop
Lola Dewaere dans Mince alors !
Arta Dobroshi dans Trois mondes
Julia Faure dans Camille Redouble
India Hair dans Camille Redouble
Izia Higelin dans Mauvaise Fille
Sarah Le Picard dans Alyah
Sofiia Manousha dans Le noir (te) vous va si bien
Noémie Merlant dans L’orpheline avec en plus un bras en moins
Alice Pol dans Un plan parfait
Clara Ponsot dans Bye Bye Blondie
Camille Rutherford dans Low Life

Les Révélations 2013 – Comédiens :

Ben dans Superstar
Emile Berling dans Comme un homme
Jonathan Cohen dans Un plan parfait
Mehdi Dehbi dans Le fils de l’Autre
Vincent Lacoste dans Astérix et Obélix au service de sa Majesté
Benjamin Lavernhe dans Radiostars
Côme Levin dans Radiostars
Clément Metayer dans Après mai
Félix Moati dans Télé Gaucho
Grégory Montel dans L’air de rien
Kacey Mottet Klein dans L’enfant d’en haut
Pierre Niney dans Comme des frères
Matthias Schoenaerts dans De rouille et d’os
Mahmoud Shalaby dans Une bouteille à la mer
Stéphane Soo Mongo dans Rengaine
Ernst Umhauer dans Dans la maison

Malgré le sacre de Larry Clark, le 7e Festival de Rome n’a pas convaincu

Posté par vincy, le 18 novembre 2012

La première édition romaine de Marco Müller, l'ancien patron de la Mostra de Venise, s'est soldée par un fiasco économique et une violente polémique sur le palmarès. Rome, qui en est à sa 7e édition, tente de dépasser Venise parmi les grands Festivals d'automne : il va falloir encore attendre.

D'une part le nombre de billets a baissé de 15% alors que le nombre de journalistes accrédités étaient en hausse (de 15%). Le marché du film a cependant encaissé une forte diminution du nombre d'acheteurs (passants de 270 à 190). Il n'y avait que 90 acheteurs présents. Pas de quoi inquiéter Toronto, Cannes ou Berlin.

Müller avait également promis une surprise de son "ami Quentin Tarantino" : rien n'est venu de Tarantino. Seule réelle surprise, le dernier Johnnie To... Sans personnalités présentes, ou quasiment, le Festival a manqué de glamour et de "coups".

A cela, il faut ajouter un palmarès plus que controversé. E la chiamano estate (Ils appellent ça l'été), "film dont les nombreuses scènes érotiques ont été accueillies par des sifflets et des huées" selon l'AFP, a remporté deux prix : meilleur réalisateur (Paolo Franchi) et  meilleure actrice (Isabella Ferrari). Ce film raconte les affres d'un couple, dont l'homme (l'acteur français érotomane Jean-Marc Barr) se refuse à faire l'amour avec sa compagne mais satisfait ses appétits sexuels avec des prostituées. Pas loin de Shame, le film a subit les quolibets des festivaliers, criant à la honte lors de la remise de prix.Le réalisateur s'est dit fier d'avoir fait ce film sans le financement des télévisions, média qui applatit le cinéma.

P.J. Hogan, membre du jury, a confié que "ce film a énervé beaucoup d'entre nous et beaucoup d'entre vous". "Beaucoup ont hurlé, d'autres se sont levés pour applaudir. Il a pris tout le monde aux tripes, c'est un film sans compromis. Il sera haï et adoré".

Retenons malgré tout que le prix Marc-Aurèle du meilleur film, est allé à Marfa girl de Larry Clark (lire notre actualité). Ali ha gli occhi azzuri (Ali a les yeux bleus) de Claudio Giovannesi, a été récompensé par le e prix spécial du jury, présidé par Jeff Nichols.

Le cinéma français a gagné deux prix : celui du meilleur acteur pour Jérémie Elkaïm (Main dans la main, de Valérie Donzelli) et  celui du meilleur espoir pour Marilyne Fontaine (Un enfant de toi, de Jacques Doillon).

Le prix de la contribution technique a été décerné à Arnau Valls Colomer pour l'image de Mai morire et celui du meilleur scénario à Noah Harpster et Micah Fitzerman-Blue pour The Motel Life, qui aussi reçu le prix du public.

Arras 2012 : retour en vidéo sur le jour 7 avec Laurent Cantet, l’équipe du film Ouf et Hafsteinn Gunnar Sigurðsson

Posté par MpM, le 18 novembre 2012

Invités : Laurent Cantet (invité d'honneur) pour Foxfire ; Yann Coridian, Laurence Briaud et Lucas Loubaresse pour Ouf ; Hafsteinn Gunnar Sigurðsson pour Either way...

L'équipe du quotidien vidéo du Arras Film Festival : Jessica Aveline, Nina Debail, Vincent Escriva, Pearl Hart, Olympe Le Touze et Alain Pétoux.
Propos recueillis par Marie-Pauline Mollaret et Jovani Vasseur.
Merci à David Lesage.

Arras 2012 : retour en vidéo sur le jour 6 avec les équipes d’Amitiés sincères et d’Une estonienne à Paris

Posté par MpM, le 17 novembre 2012

Invités : Ana Girardot, Wladimir Yordanoff, Stéphane Archinard, Marie-Pierre Huster et François Prévôt-Leygonie pour Amitiés sincères ; Ilmar Raag et Laine Magi pour Une estonienne à Paris...

L'équipe du quotidien vidéo du Arras Film Festival : Jessica Aveline, Nina Debail, Vincent Escriva, Pearl Hart, Olympe Le Touze et Alain Pétoux.
Propos recueillis par Marie-Pauline Mollaret et Jovani Vasseur.
Merci à David Lesage.

L’instant Court : La dernière valse, avec Slimane Dazy

Posté par kristofy, le 17 novembre 2012

Comme à Ecran Noir on aime vous faire partager nos découvertes, alors après le court-métrage Loop réalisé par Aritz Moreno, voici l’instant Court n° 92.

A l’affiche cette semaine le film Rengaine de Rachid Djaïdani qui avait été remarqué à Cannes où il avait même remporté le prix FIPRESCI. Le réalisateur a filmé différentes séquences dans le temps pendant neuf années ! Une nouvelle preuve que des petits moyens n’empêchent pas une grande envie de raconter une histoire, comme l’année dernière Donoma de Djinn Carrénard.

Dans Rengaine un visage en particulier n’est pas inconnu, il s’agit de l’acteur Slimane Dazy particulièrement mis en lumière par Jacques Audiard dans Un prophète avant d’apparaître encore avec Tahar Rahim dans Les Hommes libres et avec Eric Cantona dans De force. Slimane Dazy est aussi acteur dans plusieurs courts-métrages. Ainsi, cette année à Cannes, en plus du film Rengaine à la Quinzaine des Réalisateurs, il était au générique d’un des courts-métrages en compétition de la sélection officielle : Ce chemin devant moi, le court réalisé par Hamé (du groupe de rap La Rumeur).

Et voici un autre court-métrage, La dernière valse réalisé par Sacha Chelli, avec Slimane Dazy et Alain Figlarz (acteur-fighter-cascadeur qui est le chorégraphe des scènes d’action de nombreux films). Salah vient de perdre sa femme tandis que Rico, son ancien coéquipier, sort enfin de prison après 10 ans d'attente : c'est le soir des retrouvailles...

Crédit photo : image modifiée, d’après un extrait du film La dernière valse.

Arras 2012 : Jackpot, thriller norvégien déjanté en compétition

Posté par MpM, le 16 novembre 2012

Le Arras Film Festival propose jusqu'à dimanche sa compétition d'inédits européens. A la clef, pour les principaux lauréats, des aides à la distribution leur permettant de bénéficier d'une sortie en salles en France. Les neuf films en lice viennent d'horizons variés : Hongrie, Espagne, Islande...

Parmi eux, on retrouve notamment Jackpot du Norvégien Magnus Martens, un thriller aussi détonnant que cocasse, qui met en scène un travailleur social mêlé à une sanglante fusillade. Interrogé par un policier aux méthodes plus qu'originales, il raconte tous les événements (forcément déjantés) ayant conduit à la scène de crime.

Magnus Martens s'amuse avec les codes du genre et propose une galerie de personnages de type pieds-nickelés dignes de certains grands films des frères Coen. Plus bêtes que méchants, les protagonistes du film cumulent en effet mauvaises idées, plans foireux et coups de malchance. Ils s'entretuent joyeusement (et dans de grandes explosions de sang) puis réfléchissent aux moyens les plus inattendus pour faire disparaître les corps. Petite mention spéciale au recyclage de cadavres en sapins de Noël...

Au lieu d'imprimer un rythme trépidant artificiel au récit, le réalisateur prend le temps de poser ses scènes, découpées soigneusement en champs/contre-champs élégants, voire en plans larges assez fixes où s'épanouit l'action. Le travail sur les couleurs de l'image, ternes et légèrement surannées (verdâtres, jaunies...), donne à l'ensemble un aspect atemporel, mais permet surtout de jouer sur le contraste du sang qui éclabousse tout, ou de la peinture rouge qui camoufle les taches.

On est délibérément dans un cinéma de la surenchère, où tout doit être comme observé avec une loupe grossissante. Ainsi les personnages, stéréotypes délirants de petites frappes minables, et les situations, systématiquement détournées (un petit déjeuner entre pires ennemis chez la mère de l'un deux, une bagarre pour un lit bronzant...), viennent nourrir une intrigue par ailleurs très classique. De quoi confirmer la vitalité foisonnante du cinéma norvégien et surtout son regard acéré sur ce drôle d'animal qu'on appelle l'être humain.