Teddy Awards 2012 : des films entre romances amères et engagement politique

Posté par vincy, le 18 février 2012

Les Teddy Awards de cette 62e Berlinale ont été remis hier soir, récompensant les meilleurs films ayant pour thématique l'homosexualité de la sélection du Festival.

Teddy du meilleur film, Keep the lights on (photo) de l'américain Ira Sachs est une histoire d'amour de dix ans entre deux garçons assez opposés, qui vont tomber amoureux et connaître une romance intense. Fort, cru, émouvant, le film avait été remarqué à Sundance.

Teddy du meilleur documentaire, Call me Kuchu de Malika Zouhali-Worrall et Katherine Fairfax Wright retrace le parcours de David Kato, militant gay ougandais qui a notamment lutté contre la loi anti-homosexuels régulièrement présentée devant le parlement du pays. Ce militant a été assassiné durant le tournage du film.

Prix du jury, Jaurès, du français Vincent Dieutre, est une docu-fiction où les confessions du cinéastes à une amie comédienne, Eva Truffaut, entrecroisent deux histoires, celle d'une rupture avec son copain et une autre autour d'un groupe de réfugiés afghans qui résident en bas de chez lui

Prix Siegesaule (du nom du magazine gay berlinois), Parada, film serbo-croate de Srdan Dragojevic, est une comédie à la Kusturica. On y suit un groupe de militants gays qui essaie d'organiser une gay pride (en Serbie, les homosexuels ont beaucoup de mal à imposer leurs droits). Il s'associe avec des mafieux locaux pour organiser leur protection face aux menaces des groupes néo-nazis. Le film est paradoxalement un succès dans toute l'ex-Yougoslavie, l'une des régions les plus homophobes d'Europe.

Prix du meilleur court métrage à la réalisatrice péruvienne Claudia Llosa pour Loxoro.

Deux Teddy Awards d'honneur ont été remis :

- l'un à Ulrike Ottinger, cinéaste, documentariste et photographe allemande : son documentaire Prater en 2007 avait reçu l'équivalent du César du meilleur documentaire tandis que sa Jeanne d'Arc de Mongolie avait été en compétition à Berlin en 1989.

- l'autre à Mario Montez, acteur et icône d'Andy Warhol, l'un des pionniers de la culture gay underground au cinéma.

Le Millénium de David Fincher a été le film le plus cher à assurer en 2011

Posté par vincy, le 18 février 2012

Selon une enquête publiée par le quotidien, désormais uniquement en ligne, La Tribune, Millénium : Les hommes qui n'aimaient pas les femmes, de David Fincher, a été le film jugé le plus dangereux à assurer pour Allianz : "La multiplication des scènes d’action « audacieuses » dans le film aurait en effet pu coûter cher à son assureur, Allianz, qui par l'intermédiaire de sa filiale Fireman's Fund (FFIC), est le leader de l'assurance cinématographique."

Les scènes les plus risquées sont celles qui comportent "des courses à moto, du skateboard, des combats et des actes de torture. Le fait de tourner à l'étranger accroît également considérablement le risque global" selon la VP de la division divertissement chez Fireman's Fund, Lauren Bailey. Hormis le skateboard, Millénium est en effet composé de tous ces ingrédients "explosifs".

Le fait d'être tourné dans plusieurs pays - Suède, Suisse, Grande-Bretagne - accroit les difficultés : transport de matériel, de costumes, risques de maladie et surtout retard de la production. "Le moindre retard peut faire perdre des millions à la production" nous explique-t-on. La présence de Daniel Craig, qui devait être intact pour jouer ultérieurement James Bond, n'arrange rien. "Si une vedette se blesse et devient indisponible, cela peut coûter jusqu'à 250 000 dollars par jour dans un film à grand budget." Le film a couté, hors frais marketing, 90 millions de $.

L'assureur a le pouvoir de faire changer les scènes si il considère que le risque est trop grand. Le montant des primes d'assurance oscille entre 1 % et 3 % du budget d'un film, ce qui inclut :  l'assurance des acteurs, des accessoires, des décors et des costumes, une couverture pour les dépenses supplémentaires ou le matériel défectueux.

Vesoul 2012 : Dance Town, avec Oh Seong-tae, a ouvert la compétition

Posté par kristofy, le 18 février 2012

Le 18ème Festival international des cinémas d'Asie (FICA) de Vesoul, ce sont aussi des films en avant-première en compétition pour le Cyclo d’or. Cette compétition a débuté avec un réalisateur coréen encore inconnu en France mais déjà bien connu des festivaliers de Vesoul : Jeon Kyu-hwan qui avait été récompensé ici en 2010 pour Animal Town. Son dernier film était au festival de Berlin et il tourne déjà en ce moment son prochain film !

Il s’était lancé dans un trilogie explorant le thème de la ville, et c’est le troisième, Dance Town, qui a donc ouvert la compétition 2012. La particularité de ces trois films est que dans chaque histoire on retrouve dans un rôle différent l’acteur Oh Seong-tae. Ce dernier imagine d'ailleurs que Jeon Kyu-hwan voit en lui comme un alter-ego à multiples facettes... Venu spécialement à Vesoul, il s’est prêté aux questions-réponses avec les spectateurs.
Dance Town nous fait suivre l’arrivée en Corée du Sud d’une femme qui a fui la Corée du Nord. Pour éviter arrestation et exécution, pour motif de possession de produits étrangers interdits, son mari a réussi à la faire s’échapper. Elle se retrouve alors seule à Séoul sans nouvelles de son mari bloqué au Nord, elle devient une réfugiée qui doit s’adapter à une nouvelle vie…
Le réalisateur Jeon Kyu-hwan voulait moins parler de la relation entre les deux pays de Corée que de l’arrivée d’un étranger dans une grande ville. Ses trois films (Mozart Town, Animal Town, et maintenant Dance Town) s’attachent à la vie dans une grande ville avec le point de vue d’une personne qui y est étrangère. Pour ce qui est d’une personne nord-coréenne réfugiée, celle-ci est d’abord interrogée et aussi surveillée un moment pour deux raisons, d’abord la crainte d’une intrusion d’un agent espion de Corée du Nord et aussi pour le cas ou le réfugié aurait des difficulté à s’adapter à la vie sud-coréenne.

"Le nombre de réfugiés augmente de plus en plus, et leur arrivée n’est pas toujours la bienvenue parfois à cause de quelques jalousies puisque le gouvernement les aide en leur fournissant un logement", explique Oh Seong-tae. "En majorité, les Coréens espèrent une réunification des deux pays ennemis. Le cinéaste lui ne souhaite pas que Dance Town soit vu comme un film politique, il s’agit d’abord d’un personnage d’une femme de Corée du Nord réfugiée en Corée du Sud à Séoul. Si l’histoire se passait dans une autre ville, ça aurait été un autre genre d’étranger. Son sujet, comme dans ses premiers films, est la ville racontée par des gens en souffrance."

Crédits photos : Kristofy et Michel Mollaret

Une nouvelle nouvelle version de La belle et la bête à la sauce Del Toro

Posté par vincy, le 18 février 2012

A peine Christophe Gans a-t-il annoncé son projet de remake de La Belle et la bête, avec Léa Seydoux et Vincent Cassel (voir actualité du 11 février), que Guillermo del Toro s'est engagé sur une autre version du conte, mais cette fois-ci américaine et produite par Warner Bros.

Andrew Davies (Bridget Jones) écrira le scénario. Le rôle de la Belle devrait être incarné par Emma Watson (Harry Potter). Reste à trouver la bête.

Del Toro film actuellement Pacific Rim.

Berlin 2012 : pronostics et favoris

Posté par MpM, le 17 février 2012

A quelques heures de la proclamation du palmarès,  la compétition de cette 62e édition du Festival de Berlin semble encore très ouverte.  Sur les 18 films en lice, voici un petit panorama subjectif de ceux qui ont une chance d'avoir retenu l'attention du jury présidé par Mike Leigh.

Barbara de Christian Petzold

Le chouchou de la critique internationale, qui lui décerne une note moyenne de 3,3 étoiles (sur un maximum de 4). A titre de comparaison, l'an dernier, Une séparation d'Asghar Faradi avait obtenu 3,6 avant de recevoir l'Ours d'or. Barbara pourrait avoir séduit Mike Leigh par sa manière de revenir sur l'époque de la guerre froide en Allemagne de l'Est. En revanche, le prix d'interprétation pour Nina Hoss est à exclure, elle l'a déjà reçu pour Yella du même réalisateur en 2007.

César doit mourir de Paolo et Vittorio Taviani

L'adaptation par les frères Taviani d'une pièce de Shakespeare avec des détenus d'un quartier de haute sécurité a tout pour être un candidat sérieux pour un Grand prix : humanité, réflexion politique et intelligence de mise en scène. On lui souhaite un Ours d'or, mais un Ours d'argent ou un Prix de mise en scène ne seraient pas déshonorant.

Just the wind de Bence Fliegauf

Cette oeuvre hongroise naturaliste à la limite du documentaire revient sur les exactions dont furent victimes plusieurs familles de Roms à la fin des années 2000. La banalité du quotidien filmé par Fliegauf contraste avec le sentiment d'urgence de sa mise en scène, qui semble vouloir capter chaque personnage dans ses moindres détails. La tension due au contexte social et le choix d'une caméra systématiquement à l'épaule créent une ambiance anxyogène qui implique totalement le spectateur. Un bon choix pour un prix à la fois cinématographique et engagé.

Postcards from the zoo d'Edwin

Probablement l'un des films les plus atypiques de cette Berlinale, qui propose des instantanés de vie dans un zoo devenu microscosme aux codes et aux rituels bien à part. La solitude de l'héroïne, son incapacité à être touchée par les autres,  sont comme des métaphores de l'époque contemporaine. Avec un regard décalé, oscillant entre humour et mélancolie, le jeune réalisateur indonésien poursuit dans l'invention d'un style et d'une écriture cinématographiques. Le Prix Alfred-Bauer de l'innovation (du nom du premier directeur de la Berlinale) serait parfaitement justifié.

Meteora de Spiros Stathoulopoulos

Un conte lumineux et sensible sur le combat entre spirituel et sensuel, mêlant splendides plans en prise de vue réelle et séquences animées jouant sur l'esthétique des icônes religieuses. La simplicité de l'intrigue et son traitement épuré contrastent avec la démesure des paysages, qui renvoient chacun à sa propre perception du monde, et de la place que l'être humain doit y tenir.

A moi seule de Frédéric Videau

La relation complexe et ambigüe entre une jeune fille et l'homme qui l'a séquestrée pendant huit ans a pu séduire le jury par sa manière d'éviter toute scène choc ou toute explication facile. Le jury pourrait également avoir été sensible aux prestations de la jeune Agathe Bonitzer et de celui qui lui fait face, Reda Kateb.

Aujourd'hui d'Alain Gomis

La dernière journée, presque gaie et sereine, d'un homme qui sait qu'il va mourir, diffuse une philosophie tranquille à laquelle le jury pourrait ne pas avoir été indifférent. Un prix secondaire (contribution artistique, prix Alfred Bauer) serait le bienvenu.

Jayne Mansfield's car de Billy Bob Thornton

Cette famille dysfonctionnelle qui implose pour mieux se recomposer donne une image si juste et si vivante de l'Amérique des années 60, traumatisée par la guerre et engluée dans ses contradictions, que le casting en entier (Billy Bob Thornton, Robert Duvall, John Hurt, Kevin Bacon...) mériterait une distinction. Un prix du scénario serait également une bonne option.

Rebelle de Kim Nguyen

Un sujet grave ne fait pas toujours un bon film, mais Kim Nguyen parvient à donner à l'histoire de cette jeune fille enrôlée de force dans une armée rebelle une douceur et une sobriété qui en renforcent intelligemment la force dramatique sans pour autant virer au tire-larmes. L'héroïne (Rachel Mwanza) est bien sûr en lice pour un prix d'interprétation, mais le film pourrait créer la surprise en remportant un prix plus "élevé", comme scénario ou mise en scène.

Vesoul 2012 : Kore-eda, invité d’honneur, présente I wish

Posté par kristofy, le 17 février 2012

La 18e édition du Festival international des cinémas d'Asie (FICA) de Vesoul s'est ouverte en présence d'un invité très prestigieux : le réalisateur Kore-Eda Hirokazu qui a reçu un Cyclo d'or d'honneur pour l'ensemble de son oeuvre. Pour la première fois en France est programmée une rétrospective intégrale de ses films, à commencer par ses premiers documentaires inédits (Lesson from a calf, I wanted to be Japanese...) jusqu'à son dernier film I wish dont la sortie en France est programmée pour le 11 avril.

Son premier film de fiction Mabrosi a remporté le Lion d'or à Venise en 1995, After life a été récompensé à San Sebastian et Turin, Distance est en compétition à Cannes en 2001 là où Nobody knows gagnera en 2004 un prix d'interprétation masculine pour un enfant de 14 ans, suivront Still walking, Air doll... Vesoul fait découvrir ses autres films inédits en France comme Without memory, Hana, The days after. Le réalisateur japonais a été très touché de cette intention de la part de Vesoul, et à la fin des projections, il était là pour parler avec le public. Ces rencontres conviviales entre artistes invités et spectateurs sont d'ailleurs l'une des particularités du FICA de Vesoul.

I wish est une belle histoire où deux frères vivent séparés l'un de l'autre depuis la séparation de leurs parents, l'un vit chez son père et l'autre chez sa mère dans deux villes éloignées. La construction d'une nouvelle ligne de train fait naître une idée : à l'endroit où deux trains se croisent à très grande vitesse, il se dégage une energie qui pourrait faire exaucer des vœux. Et voila les enfants qui décident de partir pour un périple plein de surprises...

Voici quelques mots confiés par Kore-eda à propos de la genèse de ce nouveau film :

"Les personnages principaux ont été choisis d’après auditions, ils n’avaient quasiment pas d’expériences personnelles. Réaliser un film avec des enfants, c’est plus du plaisir que des difficultés en fait. Les deux frères dans le film sont réellement deux frères dans la vie, ce qui faisait une complicité en plus. Dans la vie, le grand frère est aussi vivace que le petit frère, alors que dans le film, le grand frère est plus un enfant intériorisé alors que l’autre est très expansif. Ces deux personnages, tels qu’ils ont été écrits, ont demandé une véritable part de jeu aux enfants.

A ces acteurs-enfants, je ne donnais pas le scénario à l’avance, j’expliquais chaque matin ce qu’on allait tourner dans la journée. Le petit proposait des choses sans qu’on ne lui montre rien, il est très joueur dans tout les sens du terme. Les acteurs-adultes ont eux bien compris mes intentions de mise en scène avec des enfants qui jouent librement et avec bonne humeur. Les adultes ont aussi participé aux conditions de cette spontanéité.

L'idée de ce film est venue de l’installation d’une nouvelle ligne de TGV dans l’île, d’ailleurs j’aime beaucoup les trains. Mon film Nobody Knows date d'il y a 7 ans, et depuis je suis devenu moi-même père, alors le désir de refaire un film avec des enfants vient aussi de là. La première fois où je suis allé dans cette ville avec ce volcan j’avais 20 ans, et je me demandais comment font les gens pour vivre à côté de ça. C’était aussi la première fois que j’ai goûté ce gâteau qui n’a pas vraiment de goût. Tous ces souvenirs personnels se sont retrouvés dans I wish."

Crédit Photo Kore-eda à Vesoul : Michel Mollaret

Paramount s’attaque au remake de Soupçons

Posté par vincy, le 17 février 2012

Après DreamWorks et Rebecca (voir notre actualité du 12 février), c'est Paramount qui veut refaire Soupçons. Hitchcock inspire en ces temps sans imagination.

Le studio a engagé Veena Sud "The Killing", "Cold Case") pour écrire son premier scénario de cinéma, à partir du roman originel de Francis Iles, Complicité (1932 ; publié en France par Gallimard).

Soupçons (1941) est l'histoire d'une jeune femme (Joan Fontaine), suave, riche, qui épouse un charmeur irrésistible et oisif (Cary Grant), contre l'avis de son père. Rapidement, elle soupçonne son mari de vouloir la tuer. Le film comporte une scène mémorable autour d'un verre de lait, possiblement empoisonné, servi par Grant pour son épouse alitée.

Joan Fontaine avait reçu l'Oscar de la meilleure actrice pour ce rôle. Lle film était nommé dans deux autres catégories : meilleur film et meilleure musique.

Berlin 2012 : une édition tournée vers l’humain

Posté par MpM, le 16 février 2012

On nous avait annoncé une édition 2012 politique, engagée et bien ancrée dans son époque, à l'écoute des sujets de préoccupation et des bouleversements sociaux ou politiques actuels. Dans l'ensemble, on aura senti cette tendance des films présentés à Berlin à offrir des axes de réflexion sur le monde, soit en le filmant tel qu'il est, soit en s'inscrivant dans une atemporalité symbolique. Les cinéastes questionnent notre époque en s'intéressant à ses aspects les plus concrets : les difficultés sociales dans L'enfant d'en haut de Ursula Meier, l'engagement politique dans Indignados de Tony Gatlif, le communautarisme et le racisme dans Just the wind de Bence Flieghauf...

Dans l'ensemble, ce qui domine est une volonté de replacer l'être humain au centre de la société, qu'il s'agisse d'un individu sur le point de mourir (Aujourd'hui d'Alain Gomis), ayant subi un traumatisme indélébile (A moi seule de Frédéric Videau), expérimentant l'éternel dilemme entre spirituel et sensuel (Meteora (photo) de Spiros Stathoulopoulos) ou condamné à la prison à vie (César doit mourir des frères Taviani).

L'Histoire, quand elle s'invite, le fait par le biais d'histoires intimistes et individuelles. C'est au travers d'une rencontre amoureuse  tourmentée que l'on redécouvre le combat entre Lumières et Obscurantisme dans le Danemark du XVIIe siècle (A royal affair de Nikolaj Arcel), mais aussi la guerre en ex-Yougoslavie (Au pays du sang et du miel d'Angelina Jolie) ou la terrible occupation de Nankin par les Japonais en 1937 (Flowers of war de Zhang Yimou). Dans Jayne Mansfield's car de Billy Bob Thornton, c'est une famille dysfonctionnelle qui révèle les traumatismes du passé, de même que ce sont trois familles intimement liées qui subissent les bouleversements de l'Histoire dans la Chine du début du XXe siècle chez Wang Quan'an (White deer plain).

L'isolement et la solitude sont aussi le mal du siècle, qui plongent l'être humain dans une insécurité émotionnelle viscérale. Dans Postcards from the zoo d'Edwin, l'héroïne est plus à l'aise avec les girafes qu'avec ses congénères. Dans Young adult de Jason Reitman, la jeune femme interprétée par Charlize Theron a le sentiment d'être restée, seule, sur le quai de la gare, quand ceux qu'elle aimait montaient dans le train.

Vue comme ça, notre société n'a rien de reluisant, qui parque ses réfugiés dans des campements de fortune (Jaurès de Vincent Dieutre), oblige ses enfants à prendre les armes (Rebelle de Kim Nguyen) et ne propose que la violence comme forme de médiation (Captive de Brillante Mendoza).

Heureusement, le cinéma adore les contrastes, les contradictions et les Happy end. Malgré un constat souvent amer, ce panorama cinématographique délivre au final un message plutôt positif sur la capacité des choses à changer, et de l'être humain à progresser. C'est notamment flagrant pour les acteurs-détenus de César doit mourir, ou les amants secrets de Meteora, mais aussi pour le couple désuni de Gnade de Mathias Glasner, qui puisent dans l'adversité les ressources nécessaires pour se réapproprier son existence. Comme si le prochain stade de l'évolution, au lieu d'être politique ou social, se devait d'être tout simplement humain.

Ciné-Junior 2012 : El premio et Forgiveness of blood récompensés

Posté par MpM, le 16 février 2012

Sans réelle surprise, deux films se sont largement détachés lors de la la 22e édition de Ciné-Junior : El premio de Paula Markovitch et Forgiveness of blood de Joshua Marston, respectivement grand prix et mention spéciale du jury professionnel.

Le premier revient avec une ironie toute tragique sur la dictature militaire des années 70 en Argentine, tandis que l'autre aborde le droit coutumier séculaire du "Kanun", qui, en Albanie, interdit aux membres masculins d’une famille de sortir de chez eux, lorsqu’un de leurs membres est accusé d’un crime de sang. Même si l'on aurait peut-être inversé l'ordre des prix, on ne peut que saluer le choix des jurés menés par Manuel Poirier.

A noter que Forgiveness of blood de Joshua Marston réalise le triplé en recevant également le prix CICAE et le prix Passeurs d’Images-Kyrnea International. Enfin, deux autres longs métrages se partagent les prix parallèles : En el nombre de la hija de Tania Hermida, prix du Festival du grain à démoudre et de plusieurs jurys jeunes, et Silberwald de Christine Répond, également prix du jury jeunes.

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Le palmarès

Grand Prix Ciné Junior
El premio de Paula Markovitch

Mention spéciale du jury professionnel
Forgiveness of blood de Joshua Marston

Prix CICAE
Forgiveness of blood de Joshua Marston

Prix Passeurs d’Images-Kyrnea International
Forgiveness of blood de Joshua Marston

Prix des jurys jeunes des classes de 3e du college Danielle Casanova, 6e du collège Albert Camus de Thiais, 6e du collège Dorval de Orly et 4e du Collège Cherioux de Vitry sur Seine
En el nombre de la hija de Tania Hermida

Prix des jurys jeunes de la classe de 3e du collège Paul Klee de Thiais
Forgiveness of blood de Joshua Marston

Prix des jurys jeunes de la classe de 4e du collège Henri Rol Tanguy de Champigny sur
Marne

Silberwald de Christine Répond

Meryl Streep et Julia Roberts, mère et fille à l’écran

Posté par vincy, le 16 février 2012

Dans le rôle de la mère, l'une des actrices les plus titrées de l'histoire : Meryl Streep. Dans le rôle de la fille, l'actrice la plus bankable depuis 20 ans : Julia Roberts. Oscarisées l'une et l'autre, elles viennent d'accepter de jouer ensemble dans August : Osage County, adaptation d'une pièce de théâtre de Tracy Letts qui avait reçu le prix Pulitzer et quelques Tony Awards.  Le film sera réalisé par John Wells (The Company Men) et produit par les Frères Weinstein. Ça sent l'Oscar 2014.

Cela fait un an que les deux comédiennes sont en discussion pour ce projet qui confronte une mère accro aux pilules et très matriarcale à sa fille compliquée et forte tête. Les deux femmes avaient été interprétées sur scène par Deanne Dunagan et Amy Morton. La pièce, qui se déroule dans le Midwest américain, est une comédie à l'humour noir et a été à l'affiche durant un an et demi sur Broadway.

Le tournage débutera cet automne pour une sortie prévue fin 2013.