UGC n'a pas tardé à réagir à la moisson de 9 Césars pour son film Un prophète. Le co-producteur et distributeur du film ressort le film ce mercredi 3 mars dans 150 cinémas français. Il avait séduit lors de sa première exploitation 1 252 000 spectateurs et est actuellement disponible en DVD.
Le film commence sa carrière aux Etats-Unis dans 9 salles. A quelques jours des Oscars, où il est nommé (mais pas favori), le film a déjà récolté près de 200 000 $ de recettes.
Un prophète, de nouveau en salles le 3 mars

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Jafar Panahi arrêté pour avoir préparé un film « hostile au régime »
Deux sites internet iraniens (Rehesabz.net, proche de l'opposition, et Tabnak, favorable aux conservateurs) ont levé le mystère sur le "délit" qui a valu une nouvelle arrestation à Jafar Panahi et à plusieurs de ses proches. D'après ces sources, reprises par l'AFP, le réalisateur préparait en effet un film sur les manifestations post-électorales en Iran, ce qui a été jugé "hostile au régime".
Contrairement à ce qu'affirmait le procureur de Téhéran, Jafar Panahi a donc bien été arrêté pour des raisons politiques, parce qu'il est un artiste tentant de se faire entendre dans un pays qui ne supporte aucune critique. En cherchant à réduire au silence celui qui rêvait d' "être la voix de l'Iran dans le monde", les autorités iraniennes envoient un message fort : personne n'est intouchable, pas même un réalisateur à la renommée internationale.
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Voir aussi actualité du 2 mars 2010
Festival Cinérail : Les femmes entrent dans la bataille du rail
Du 2 mars au 9 mars, le festival Cinérail présente au public une sélection de films où les vedettes sont les voyageurs, les trains et les métros... Le film de voyage est presque un genre à part, tellement le train ou les transports en commun sont cinégéniques. Train et cinéma , c'est une histoire d'amour qui a commencé avec le début du cinéma et L'Arrivée d'un train en gare de La Ciotat des Frères Lumières; histoire qui a continué avec la Bataille du Rail , les westerns (Le train sifflera trois fois), Il ferroviere de Pietro Germi, la science-fiction (Retour vers le futur) ou le récent A bord du Darjeeling Limited ...
Laissez-vous transporter!
Au programme en 2010 : l'inédit Transsiberian, le récent Adieu Gary, le classique Sérénade à trois du grand Lubitsch, Un étrange voyage d’Alain Cavalier, Pékin Central de Camille de Casablanca (marraine du festival cette année et fille d'Alain Cavalier), Berlin Express de Jacques Tourneur (séance qui fera l’objet d’une « leçon de cinéma ») et bien d'autres courts ou longs métrages.
A noter que, pour sa 18e édition, le festival met les femmes à l'honneur, en particulier le lundi 8 mars , date de la journée de la Femme, avec la séance Courts de femmes . C'est d'ailleurs une femme (l'actrice Firmine Richard) qui sera la présidente du jury cette année.
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Renseignements sur le site de Cinérail et sur le site de la SNCF, partenaire de cet événement.
Les projections ont lieu au Reflet Médicis, 3 rue de Champollion 75006 PARIS( salle de cinéma accessible en RER, Métro , ou bus). Prix de la séance : 3 euros . Pass festival à 15 euros.
Alice au pays des merveilles : dès le titre, nous étions trompés…
Premières impressions à la sortie de la première projection française d'Alice au pays des merveilles, de Tim Burton. On est presqu'étonné que Disney ait collé sa marque à un film aussi noir, et parfois trash (trois scènes sont vivement déconseillées aux plus jeunes). On est tout aussi surpris que cette suite au dessin animé de 1951 s'intitule Alice au pays des merveilles tant elle visite le monde des horreurs. Burton reprend bien les personnages mais revisite complètement l'histoire, en la transposant des années plus tard, dans un "Wonderland" devenu "Underland", détruit par une guerre entre deux Reines - la méchante et la gentille.
Cette immersion dans les enfers a une énorme qualité : le cinéaste s'est approprié le conte de Lewis Carroll. Il l'a fait sien, et en a irrigué tous ses thèmes et ses codes visuels. C'est aussi la limite. Burton se complaît dans son univers esthétique (perfectionniste et riche comme d'habitude), s'amuse avec des décors virtuels et maîtrise les mouvements et la vitesse de ses créatures. Mais le scénario manque de rigueur et fait perdre parfois le rythme ou la tension nécessaires. Surtout, les personnages manquent de substance et s'avèrent tout aussi "virtuels" que cet Underland. Il n'y a bien qu'Alice qui apporte un peu d'humanité...
Le film passe finalement à côté de son sujet et de son enjeu. Belle parabole de la force de l'imaginaire, il s'oublie à tout expliquer et à donner une réalité à cette évasion de l'esprit. On est davantage contrarié par le manque d'intensité lors des séquences cruciales.
Le 3D, de son côté, se révèle inutile. Burton n'a fait aucun effort pour que son film ait du relief. Une machine efficace mais loin de ses premiers contes fantastiques.
Nouvelle arrestation du cinéaste iranien Jafar Panahi
Le procureur général de Téhéran a confirmé l'arrestation du cinéaste iranien Jafar Panahi lundi soir, alors qu'il était en compagnie de sa femme, de sa fille et de plusieurs invités. C'est le fils du réalisateur qui a donné l'alerte, précisant qu'une perquisition et des saisies ont eu lieu suite à cette arrestation. Toutefois, selon le procureur, "Jafar Panahi n'a pas été arrêté parce que c'est un artiste ou pour des raisons politiques. Il a commis un délit et a été arrêté sur ordre du juge en compagnie d'une autre personne." Une enquête serait en cours, mais on ignore encore ce qui lui est officiellement reproché.
Jafar Panahi, chef de file de la Nouvelle vague iranienne et récompensé dans tous les grands festivals internationaux (Caméra d'or à Cannes, Lion d'or à Venise, Ours d'argent à Berlin...), est un soutien fidèle de l'opposition au régime du président Ahmadinejad. Il avait notamment soutenu Mir Hossein Moussavi lors de la présidentielle, et s'est fait brièvement arrêter à l'été 2009 pour avoir assisté à une cérémonie à la mémoire de Neda, jeune manifestante tuée lors des manifestations de protestations contre la réélection d'Ahmadinejad.
Depuis sa participation au Festival de Montréal, où il avait réaffirmé sa solidarité avec l'opposition en arborant la couleur verte des manifestants, Jafar Panahi s'est vu interdire de quitter le territoire iranien. Il n'a ainsi pu assister ni au festival de Vesoul, qui lui remettait un Cyclo d'honneur pour son engagement en faveur de la liberté, ni à celui de Berlin (voir actualité du 16 février 2010) , dont il était pourtant l'invité d'honneur.
En cette période de forte répression, l'arrestation de Jafar Panahi trahit l'intransigeance du régime iranien, bien décidé à ne pas céder un pouce de terrain à ses opposants, et provoque une nouvelle fois l'inquiétude et la colère des défenseurs des droits de l'homme.
Jeu concours Fleur du désert : 25 places à gagner
Fleur du désert de Sherry Hormann retrace le destin exceptionnel de Waris Dirie qui, du désert de Somalie aux podiums du monde entier, est devenue l'un des plus célèbres top-model de son époque.
Mais derrière le conte de fées se cache un terrible traumatisme : à l'âge de trois ans, comme c'est encore la coutume dans de nombreux pays d'Afrique et d'Asie, Waris a été excisée.
Devenue célèbre, elle a décidé de témoigner et de partir en guerre contre cette pratique barbare.
A l'occasion de la sortie du film le 10 mars prochain, Ecran Noir et Bacfilms vous font gagner 25 places, chacune valable pour deux personnes. Pour participer à notre tirage au sort, il suffit de répondre à la question suivante :
C'est la top-model Liya Kebede qui tient le rôle principal principal de Fleur du désert. La jeune femme, aperçue dans Lord of war et Raisons d'état, a elle-aussi décidé de s'engager en créant sa propre ligne de vêtements équitables. En faveur de quel pays ?
Un indice, la réponse se trouve sur le site officiel du film.
Votre réponse et vos coordonnées postales sont à envoyer par courriel avant le 10 mars.
Exposition « Filmer les camps »: l’Histoire capturée par le 7ème art.
Du 10 mars au 31 août prochain, le Mémorial de la Shoah propose une exposition intitulée « Filmer les camps ». Une exposition qui se focalisera notamment sur les travaux, sur les images de trois grands cinéastes américains, George Stevens (réalisateur des comédies musicales avec Fred Astaire et Ginger Rogers), Samuel Fuller (réalisateur de polars nerveux et sociétales, en photo) et John Ford qu’il est inutile de présenter. Trois hommes qui ont porté leurs caméras sur les différents théâtres d’opération de la Seconde Guerre mondiale : l’Afrique du Nord, le débarquement de Normandie, la bataille du Midway (où John Ford perdit son œil) et bien entendu, les camps de travail et de concentration (ceux de Dachau et de Falkenau notamment).
Cette exposition, bien qu’elle porte sur une période de l’Histoire tristement célèbre, est une occasion de s’interroger sur le rôle du cinéma dans l’Histoire et sur l’importance de l’Histoire dans notre société. Un débat, une réflexion qui peut être relancée également avec la sortie prochaine de La rafle, film français avec Jean Reno et Gad Elmaleh qui retrace lesépisodes qui ont conduit des français judaïques du stade du Vel’ d’Hiv’ aux camps de concentration, à l’heure où le débat sur l’identité nationale est au cœur de l’actualité. Un film de fiction qui refait « vivre » un tragique évènement de notre Histoire (l’occasion de confronter – si on le désire - le rôle des fictions et des documentaires lorsqu’il s’agit de toucher à l’Histoire, tout en écartant les films comme 10 000 d’Emmerich qui place les pyramides en 10 000 av. J.C…)
Que peut alors apporter le cinéma à l’Histoire ? Quel pouvoir ont ces images qu’ils nous livrent ? A-t-il un rôle à jouer dans l’Histoire ?
Il ne faut pas perdre de vue que ces images témoignent également d’une évolution majeure. En effet, avec la Seconde Guerre mondiale, ce sont avec les soldats de nombreuses caméras qui débarquent sur les différents lieux du conflit et qui suivent les combats au plus près du danger. Certes, la télévision n’est pas encore là pour reléguer massivement les images aux citoyens comme ce sera le cas avec le Vietnam, mais c’est ici le cinéma qui se pose en acteur du conflit avec des hommes qui risquent leur vie pour capturer des images précieuses. Des images d’autant plus importantes que la Seconde Guerre mondiale est un véritable cap dans l’Histoire de l’humanité où l’horreur a atteint un pic relégué par les témoignages des survivants et des images qui mettent devant le fait accompli les plus sceptiques.
Une exposition, un rendez-vous donc qui semble incontournable au Mémorial de la Shoah parce que ces images (pour la plupart inédites !) témoignent d’un pan unique de notre Histoire. Des films qui maintiennent intact la mémoire qui est certainement notre bien le plus précieux pour avancer…
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Site internet et informations sur le Mémorial de la Shoah
17 rue Geoffroy l’Asnier, 75004 Paris
FILMER LES CAMPS, JOHN FORD, SAMUEL FULLER, GEORGE STEVENS
De Hollywood à Nuremberg, exposition du 10 mars au 31 août 2010
Ecran Noir décerne « ses » Césars 2010
Nous serons à coups sûrs déçus par les vainqueurs des Césars, comme souvent. On reste surpris de certaines nominations (La journée de la jupe, un téléfilm à l'origine), de certains oublis (Chiara Mastroianni) et de quelques obstinations (l'absence persévérante d'un César du meilleur film d'animation).
Si on voit mal le treize fois nommé Un prophète repartir bredouille, et s'il mérite le César du meilleur film et du meilleur réalisateur, il reste qu'on peut s'attendre à une surprise dans la catégorie reine. Welcome, avec son sujet politique et l'actualité récente sur l'identité nationale, peut s'avérer un outsider redoutable.
La catégorie meilleur acteur est l'une des plus ovuertes. Cluzet part en tête, si l'on prend en compte les récents prix distribués par différents corps de la profession. Mais, deux fois nommé, il peut aussi voir ses soutiens se dilluer. Un César pour Attal et surtout Lindon aurait plus de caractère : ils ne l'ont jamais eu, et les films qu'ils représentent sont clairement meilleurs.
Côté actrice, tout le monde souhaite la résurrection d'Isabelle Adjani. Ce serait un choix facile et injuste pour Kristin Scott-Thomas, qui signe clairement la meilleure performance de l'année, avec Dominique Blanc dans L'autre. Là encore Scott-Thomas n'a jamais été césarisée.
Les seconds rôles sont très ouverts; on miserait volontiers sur Niels Arestrup et Noémie Lvovsky; même si un César pour Anglade aurait de la gueule après sa traversée du désert, et pour Atika, par pure amitié. Enfin, on voit mal Tahir Rahim ne pas être sacré espoir masculin.
Dans les catégories techniques, les Césars auront le choix de prolonger la razzia attendue du Prophète. Mais c'est aussi avec ce prix que Welcome a le plus de chance. Dans les deux cas, ce serait un bon choix. Trois adaptations parmi les cinq sont particulièrement réussies : Coco avant Chanel, Mademoiselle Chambon et Les herbes folles.
La meilleure première oeuvre devrait revenir, logiquement, aux Beaux Gosses, tout comme le meilleur documentaire aurait de la classe avec L'enfer de HG Clouzot. On ne se fait pas d'illusions : Le Ruban Blanc devrait recevoir son énième prix ce soir.
Pour le court-métrage soyons subjectif : nous votons pour nos amies Claire Burger et Marie Amachoukeli (C'est gratuit pour les filles). Et pour la musique, Le concert a toutes ses chances, vu son sujet. Ce qui nous ferait plaisir pour Camille Adrien qui a supervisé les orchestrations et les compositions d'Armand Amar.
Enfin deux Césars qui ne nous décevront pas : Eric Rohmer et Harrison Ford. Un grand écart qui souligne à quel point le 7e Art est riche de ses contrastes. Ce que souvent les Césars oublient dans leurs nominations.
Depp et Paradis enfin réunis à l’écran ? (!)
Pour les Américains, ça n'a pas beaucoup d'importance. Who is Vanessa Paradis? Pourtant c'est de source hollywoodienne que la nouvelle a été confirmée. Johnny Depp l'a confirmé lors de l'avant-première londonnienne du film de Tim Burton, Alice au pays des merveilles auprès du magazine People. Pour la première fois le couple (à la ville) va jouer ensemble. Il y a bien eu une tentative (L'homme qui a tué Don Quichotte, de Terry Gilliam, avorté) et un clip vidéo ("Que fait la vie?", "L'incendie", réalisés par le mari avec sa muse devant la caméra). Mais jamais de film ensemble.
My American Lover sera l'histoire de la romancière, philosophe, féministe et épouse de Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, et de son amant, l'auteur américain Nelson Algren. Respectivement joués par Vanessa et Johnny.
"Nous allons jouer ensemble dans My American Lover, un film en préparation où Vanessa va jouer la féministe française Simone de Beauvoir, et moi son amant, l’Américain Nelson Agren, qui est un vrai macho !", a confié la star.
12 ans après le début de leur relation, ils vont donc interpréter ce couple officieux. Et on n'en sait pas plus... Ni des dates de tournages, ni du réalisateur, ni même du scénariste.
Paradis sera aussi à l'affiche en mars dans L'Arnacoeur.
Une Education. Raisons et sentiments à retrouver en livre
"J’ai tant à vous montrer…".
Une éducation est sorti en salles mercredi 24 février. L'histoire de Jenny, élève brillante, qui se prépare à intégrer Oxford. Sa rencontre avec un homme deux fois plus âgé qu'elle va tout remettre en cause. Dans un monde qui se prépare à vivre la folie des années 60, Jenny va découvrir la vie, l'amour, Paris, et devoir choisir son existence.
Ce film immédiatement attachant où une histoire particulière a une portée universelle est réalisé par la danoise Lone Scherfig qui avait déjà montré avec Wilbur et surtout avec Italian for beginners combien elle savait filmer ses personnages. L'histoire est celle des souvenirs de Lynn Barber (une journaliste) scénarisés par Nick Hornby. Hornby fut professeur avant d'être journaliste puis romancier et scénariste. De nombreux livres ont déjà été adaptés en film comme Haute Fidélité, A propos d'un gamin (About a Boy). Vous pouvez les retrouver en poche chez 10-18, aux côtés d'autres romans : Carton jaune, La bonté mode d'emploi, 31 songs, Vous descendez?, Slam et, à venir Juliet nue.
Une éducation sort dans la même collection. Il s'agit du scénario du flm. 192 pages pour 6 euros 50. Une belle leçon de cinéma, par ailleurs citée à l'Oscar de la meilleure adaptation.
Vous pourrez revivre la transformation de la chenille en papillon, l'adolescente en jeune femme, qui s'ouvre aux autres et au monde. Une Education déjà remarqué au festival de Sundance avec notamment un prix du public ; c'était aussi un coup de cœur lors de sa découverte au Festival britannique de Dinard; enfin il est en lice pour les Oscars avec plusieurs nominations dont celle de la meilleure actrice, Carey Mulligan, qui fient de recevoir le prix de la meilleure actrice (et pas Meryl Streep). Elle est la belle révélation de ce film, transportant ce personnage de Jenny avec une subtilité confondante de naturel, tantôt naïve ou ingénue impossible de ne pas être sous le charme. Carey Mulligan est d'ailleurs en passe de devenir la nouvelle coqueluche de Hollywood, depuis elle a déjà tourné devant les caméras de Jim Sheridan, Mark Romanek ou Oliver Stone.
On pourra reprocher à la réalisatrice Lone Scherfig un académisme un peu trop sage, mais au moins elle s'est attachée à servir au mieux cette histoire illuminée par la surprenante/séduisante Carey Mulligan. Une Education ressemble à une leçon de cinéma populaire et réjouissant avec sa belle élégance teintée d'une légère irrévérence. Ce genre de scénario qu'on ne sait pas écrire en France : charmant et généreux.