Les sorties cinéma du 10 avril

Posté par MpM, le 10 avril 2013

pieta- Pieta *** de Kim Ki-duk (Corée du Sud, 1h44) avec Min-soo Jo, Jeong-jin Lee. Lion d'or à Venise en 2012.

- Les Croods *** de Chris Sanders (USA, 1H32, animation en 3D) avec les voix de Kev Adams et Bérengère Krief en VF, et celles de Nicholas Cage et Emma Stone en VO.

- Oblivion *** de Joseph Kosinski (USA, 2h06) avec Tom Cruise, Olga Kurylenko, Morgan Freeman. Adaptation, par son auteur, d'un roman grapgique futuriste.

- Mariage à l'anglaise ** de Dan Mazer (Grande-Bretagne, 1H37) avec Simon Baker, Rose Byrne.

- Des gens qui s'embrassent de Danièle Thomson (France, 1H40) avec Kad Merad, Monica Bellucci, Eric Elmosnino.

- La belle endormie * de Marco Bellocchio (France, Italie, 1h50) avec Isabelle Huppert, Tomi Servillo, Maya Sansa. Inspiré de l'histoire vraie d'Eluana Englaro.

- Le repenti ** de Merzak Allouache (Algérie, France, 1h27) avec Nabil Asli, Khaled Benaissa.

Et aussi

- Le temps de l'aventure de Jérôme Bonnell (France, 1h45) avec Emmanuelle Devos, Gabriel Byrne.

- The act of killing de Joshua Oppenheimer (Danemark, Norvège, GB, 1H55). Documentaire sur le massacre d'un million d'opposants politiques dans les années 1960 en Indonésie.

- Blanche nuit de Fabrice Sébille (France, 1h27).

- Casa nostra de Nathan Nicholovitch (France, 1h30).

- Derrière la colline de Emin Alper (Turquie, 1h34).

- Photo de Carlos Saboga (France, 1h16) avec Anna Mouglalis.

- Romanès de Jacques Deschamps (France, 1h15). Documentaire.

BIFFF 2013 : Ghost Graduation marque des points en compétition

Posté par kristofy, le 9 avril 2013

ghost graduationLa compétition internationale du BIFFF réunit 13 films que le jury va devoir départager.

Celui-ci est composé de personnalités éclectiques qui ont comme point commun de tous parler un peu français : le président en est le réalisateur Roland Joffé (multi-primé pour Mission, La cité de la joieLes amants du nouveau monde) et il est accompagné de l’actrice Marina Anna Eich, et des réalisateur Frédéric Fonteyne et Ian Softley.

A mi-parcours de ce 31e BIFFF, un des favoris du public est l’espagnol Ghost Graduation (Promoción fantasma). Il met en scène une école dont la réputation est entachée d’incidents en tout genre qui font réduire les effectifs. Un nouveau prof pourrait bien aider. Car lui voit des morts… et les fauteurs de troubles sont justement cinq élèves morts depuis longtemps et devenus des fantômes.

C’est une comédie très rythmée et très drôle qui mélange de manière subtile plusieurs histoires d’amour maladroites et touchantes, des cascades de répliques humoristiques, quelques gags spectaculaires, quelques situations potaches, des musiques irrésistibles... un vrai petit concentré de bonne humeur.

Le réalisateur Javier Ruiz Caldera et le scénariste Adolfo Valor (photo ci-dessous) se sont livrés aux questions des festivaliers avec la même bonne humeur communicative que celle de leur film. Le scénario a en fait d’abord été écrit pour le plaisir, sans aucun contrat ni engagement, et ce n’est qu’après avoir une version jugée bonne qu'a débuté la recherche d’un producteur.

Adolfo Valor (l’un des deux scénaristes) avait ghost graduation déjà vu et bien aimé le film Spanish movie (qui était déjà une parodie de films fantastiques) de Javier Ruiz Caldera, alors il a voulu qu’il dirige cette histoire.

Le réalisateur explique : " on avait peu de budget et on devait montrer cette relation spéciale qu’ont certains personnages avec les fantômes : on a d’abord tourné la scène avec l’acteur fantôme puis on l’a refait avec le personnage seul, au montage on a alterné les prises quand il est seul et quand il est avec, et ça fonctionne tout à fait sans aucun effets spéciaux. Le film est réussi parce qu’on joue le jeu de la comédie. Visuellement, il y a des éléments américains comme dans les vêtements par exemple, mais dans mon école c’était un peu comme ça déjà, je voulais faire comme un de ces films américains des années 80, j’ai été élevé avec ces films plus qu’avec mes parents."

Pour les rôles principaux des adultes de l’école ils ont choisis les acteurs qu’ils avaient en tête en commençant par Raúl Arévalo, vu auparavant dans Balada triste de trompeta de Alex de la Iglésia et à l’affiche dans Les amants passagers de Pedro Almodovar, Alexandra Jiménez, et aussi Carlos Aceres dont les premiers pas au cinéma (après de la télévision) ont déjà eu lieu dans le film précédent de Javier Ruiz Caldera et qui depuis est très demandé :  Carlos Aceres est lui aussi au générique de Balada triste de trompeta et des amants passagers, et aussi dans les films fantastiques Extraterrestre et Lobos de Arga (comédie avec des loups-garrous) déjà passés par le BIFFF. Pour les rôles des élèves fantômes de l’école il y a eu là un casting pour trouver les bonnes personnes, en particulier la fille qui chante.

Le scénariste est lui ravi de leur succès : "quand on fait une comédie comme celle-ci en Espagne on entend que certaines choses ne peuvent pas forcément fonctionner ailleurs. Le film est 100% espagnol avec certains éléments typiques du pays, et on a été surpris de la qualité des sous-titres qui font que certaines blagues ont encore mieux marché dans d’autres pays comme au festival de Toronto et ici à Bruxelles qu'en Espagne. Il se pourrait bien qu’il y ait un remake américain, les droits ont été achetés par Will Smith qui veut le produire."

Soirée Disturb : une vague d’amour pour le court métrage

Posté par MpM, le 9 avril 2013

soirées disturbLa prochaine soirée Disturb, projection de court métrages récents présentés par leurs auteurs, et qui se déroule dans le bar La Cantada (Paris 11e) chaque deuxième jeudi du mois, se tiendra le 11 avril prochain. Parmi les dix films présentés ce soir-là, les spectateurs pourront notamment découvrir Vague d'amour, réalisé par notre collaborateur Christophe Train.

Le film est une "histoire d'amour onirique" et sans paroles portée par deux acteurs qui doivent faire passer toute l'émotion à travers leur corps et leur visage.

"Entre performance artistique et poésie visuelle, [Vague d'amour] propose un voyage vers un retour aux Sources où l’on vient étancher sa soif", explique le réalisateur dans sa note d'intention. "Ce voyage pourrait se poursuivre éternellement, vers un horizon infini, mais tel Prospero, le personnage de La Tempête de Shakespeare, nous devons désormais confier « nos recueils de magie aux eaux de l’oubli et aux profondeurs aquatiques »".

Le reste du programme sera composé de Mon bel amour et You're mine de Pascal Lastrajoli, De la poudre aux yeux de Gaël Jagot, Serial mama de Mile Stevic, Futur proche - lifever de Ted Hardy-Carnac, Les autres de Gilles Martinez, La vie en impro de Mickael Sultan, Poulpi de Bertrand Touchard et Farewell my love de Stéphane Marchetti.

En avant-goût, découvrez la bande-annonce de Vague d'amour et craquez pour les soirées Disturb, occasion unique de vérifier la vitalité de la création courte contemporaine !

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Soirée Disturb du 11 avril 2013
De 19h30 à 22h30
La Cantada, 13 rue moret, 75011 PARIS

PAF : 5€

BIFFF 2013 : les premières sensations…

Posté par kristofy, le 7 avril 2013

horror storiesLes premiers jours du BIFFF se suivent et ne se ressemblent pas : chaque film passe seulement une seule fois dans une seule salle (sauf quelques exceptions), le dilemme pour les festivaliers est donc de choisir entre esprit frappeur ou zombie affamé… Toutes sections confondues, il y a 110 films présentés, de toutes nationalités ou presque : on remarque l’absence de films en provenance de France, le "cinéma de genre français" étant plutôt moribond.

Les rares cinéastes français qui s'y intéressent tournent aux Etats-Unis, et le BIFFF a notamment montré Maniac (Alexandre Aja, Franck Khalfoun, Nora Arnezeder) et Kiss of the Damned de Xan Cassavetes (vu à Venise) avec Roxane Mesquida, Anna Mouglalis et Joséphine de la Baume en vampires. D’autres pays comme la Norvège ou la Malaisie ont un film fantastique sélectionné au BIFFF, ou encore la Lituanie et Vanishing Waves, qui d'ailleurs sortira en France le 29 mai.

Déjà quelques très bons films se sont fait remarquer et sont tout à fait recommandables. L’omnibus Horror Stories (photo de gauche) qui réunit plusieurs courts-métrages de Corée du Sud réalisés par Jung Bum-shik, Lim Dae-woon, Hong Ji-young, Kim Gok& Kim Sun, et Min Gyu-dong. A la manière d’autres films du même genre comme 3 extrêmes (de Park Chan-wook, Takashi Miike et Fruit Chan), ce collectif de différentes histoires montre à la fois le travail de talentueux réalisateurs dont on devrait reparler à l’avenir et surtout provoque une multitude de sensations fortes chez le spectateur qui va beaucoup sursauter. On y voit un livreur qui va traumatiser deux enfants seuls dans un appartement, un assassin dans un avion qui va tuer presque tout l’équipage, une femme qui convoite le futur mari de sa sœur à s’en mordre les doigts, un médecin et son assistante qui devront décider dans une ambulance sur une route infestée de zombies si la femme sur le brancard risque de les contaminer…

Dans un genre tout à fait différent de la homme_futurcomédie familiale, il faut saluer le Brésilien Claudio Torres qui a écrit et réalisé O Homem do futuro (l’homme du futur), avec Wagner Moura (Tropa de Elite) et Alinne Moraes (vedette de la télé). Le thème du voyage dans le temps à été maintes fois exploré au cinéma avec la même constante : modifier le passé en mieux peut aussi ensuite modifier le futur en pire. Ici il s’agit d’un prof de physique un peu terne qui ne s’est toujours pas remis de l’humiliation subie quand il était étudiant à cause de la belle fille de ses rêves, et en travaillant à une énergie alternative avec un accélérateur de particules il va se retrouver dans le passé, en 1991, justement à ce moment de sa jeunesse. Cette fois, il va faire en sorte que la belle l’aime, lui…

Le film revisite tous les clichés du voyage temporel avec à la fois une rigueur scénaristique presque scientifique (chaque évènement aura pour cause ou effet un autre évènement à une autre époque, et pour plusieurs personnes) et aussi beaucoup d’humour (à un moment la belle fille verra en face d’elle trois versions de son prétendant à différents âges). Claudio Torres réussit là un film qui se rapproche de l’univers Edgar Wright/Simon Pegg/Nick Frost, O Homem do futuro a d’ailleurs eu un grand succès au Brésil. Avant d'être reconnu en France ?

http://www.youtube.com/watch?v=2SYpV1reefA

Astérix à la conquête de la Chine ?

Posté par vincy, le 5 avril 2013

Aussi étonnant que ce soit, Astérix est inconnu en Chine. La BD est traduite en 107 langues mais pas en mandarin ni en cantonais. Un peu de japonais, de vietnamien et de coréen. mais point de chinois.

A Berlin, c'était l’un de ces gros deals qui n’intéressent pas grand monde. Et pourtant l’impact financier n’est pas mineur. Astérix part à la conquête du marché chinois, le 2e marché le plus important au monde pour la fréquentation en salles.

Les trois premiers films seraient ainsi disponibles en VOD dans l’Empire du Milieu. Les huit films d’animation sont également proposés dans le contrat. Ce serait un bon moyen de faire connaître le héros gaulois...

Astérix et les Jeux Olympiques était bien sorti en salles, mais il n’a pas trouvé son public.

Les producteurs prévoient de lancer le dernier Astérix, Au service secret de sa majesté, à l’assaut des multiplexes du pays. Pour l'instant le film a attiré 3,7 millions de spectateurs dans le monde, à peu près autant qu'en France. Le film est sorti dans une trentaine de pays.

Les sorties cinéma du 3 avril 2013

Posté par MpM, le 3 avril 2013

Ill Manors- Ill manors **** de Ben Drew (Royaume Uni / Israël, 2h01) avec Riz Ahmed, Ed Skrein, Natalie Press. Prix du meilleur scénario et prix Coup de coeur au Festival de Dinard 2012.

- Amour et turbulences *** de Alexandre Castagnetti (France, 01H36) avec Ludivine Sagnier, Nicolas Bedos.

- Berberian Sound Studio *** de Peter Strickland (Royaume Uni, 01H32) avec Toby Jones, Cosimo Fusco. Meilleur réalisateur, meilleur acteur, meilleure production et meilleure collaboration artistique aux British independent awards.

- Dead man down ** de Niels Arden Oplev (USA, 01H57) avec Colin Farrell, Noomi Rapace, Isabelle Huppert.

- Effets secondaires ** de Steven Soderbergh (USA, 01H46) avec Rooney Mara, Catherine Zeta-Jones, Jude Law, Channing Tatum. Présenté par le cinéaste lui-même comme son avant-dernier film.

- Perfect mothers de Anne Fontaine (France, 01H51) avec Naomi Watts, Robin Wright. Adaptation d'un roman de Doris Lessing, Les grand-mères.

- Quartet **  de Dustin Hoffman avec Maggie Smith, Tom Courtenay (USA, 01H38). Le premier long métrage de Dustin Hoffman en tant que réalisateur.

Et aussi :

- 11.6 de Philippe Godeau (France, 01H42) avec François Cluzet, Bouli Lanners. Inspiré de témoignages et du livre de la journaliste Alice Géraud-Arfi paru en janvier 2011, Toni 11,6 : Histoire du convoyeur aux Editions Stock.

- Inch'Allah de Anaïs Barbeau-Lavalette (Canada-France, 01H41) avec Evelyne Brochu, Sabrina Ouazani.

- Free Angela de Shola Lynch (France-USA, 01H37). Documentaire.

- La maison de la radio de Nicolas Philibert (France, 01H43). Documentaire.

- Kinshasa kids de Marc-Henri Wajnberg (France-Belgique, 01H25) avec Emmanuel Fakoko, Gabi Bolenge .

- Jaurès de Vincent Dieutre avec Eva Truffaut, Vincent Dieutre (France, 01H22). Documentaire.

- Men on the bridge de Asli Ozge (Turquie/Allemagne/Pays-Bas, 1H27) avec Fikret Portakal.

- Une jeunesse amoureuse de François Caillat (France, 1H45). Documentaire.

- La venta del paraíso de Emilio Ruiz Barrachina (Espagne, 1H42) avec Ana Claudia Talancon, William Miller, Juanjo Puigcorbé.

Une suite à Hope and Glory pour Cannes 2014 ?

Posté par redaction, le 2 avril 2013

John Boorman a beau avoir fêté ses 80 ans le 18 janvier dernier, il est loin d'avoir renoncé non seulement au cinéma, mais également aux joies (et au stress !) de la compétition et du tapis rouge. En effet, le réalisateur britannique, déjà lauréat d'un double prix de la mise en scène à Cannes pour Leo the last (1970) et The general (1998) aimerait séduire à nouveau la croisette avec une suite à Hope and glory, qui s'inspirait de ses souvenirs de jeune Londonien pendant la seconde guerre mondiale.

"J'ai réalisé Hope and glory en 1987 et j'ai toujours eu l'intention de continuer l'histoire. Mais je n'ai jamais eu le temps de passer à l'acte, parce que d'autres projets ont pris le dessus", confiait-il  lors du festival Premiers plan d'Angers où il faisait l'objet d'une rétrospective intégrale. "Le tournage aura lieu en Angleterre, à partir du 2 avril, avec un petit budget. Normalement, je le terminerai à la fin de l'année et j'espère le proposer à Cannes !"

Le film tourne autour de ses souvenirs d'adolescence. "J'ai 18 ans et je suis parti pour faire mes deux ans de service militaire. Le film parle de cette période. C'est avoir 18 ans, l'âge où l'on sait tout, où l'on tombe amoureux de la mauvaise fille, tout ça..."

Mais quelle que soit l'histoire, rien ne pourrait nous faire plus plaisir que de retrouver le cinéaste et son double de cinéma sur les célèbres marches et surtout sur le grand écran du Palais des festivals...

Mon petit MK2 : même les jeunes parents ont le droit d’aller au ciné !

Posté par MpM, le 2 avril 2013

Mon petit mk2MK2 a eu pitié des couples qui voient leur fréquentation des salles obscures chuter drastiquement avec l'arrivée de leur(s) premier(s) enfant(s). Depuis le 30 mars, le réseau parisien inaugure en effet une nouvelle formule permettant aux parents cinéphiles de confier leurs charmants bambins à des équipes pédagogiques le temps de se faire une toile.

C'est au MK2 Bibliothèque (Paris 13), les matinées des week-ends et des jours fériés, que sera d'abord expérimentée cette nouvelle opération. Les enfants de 3 à 10 ans seront pris en charge pour des "activités intelligentes" moyennant une réservation obligatoire et 25 euros par enfant (pour 4 h d'atelier). Lors du week-end d'ouverture, les enfants présents ont ainsi pu jouer autour de films de Charlie Chaplin. Des activités de construction de marionnettes, déguisement ou explication des 24 images/seconde du cinéma sont par ailleurs prévues.

Si le succès est au rendez-vous, Mon petit MK2 pourrait être étendu à d'autres salles et d'autres jours de la semaine.

On ne peut que se réjouir d'une telle initiative, qui a le mérite de s'adresser à une cible demandeuse. Toutefois, le prix global de l'opération (malgré le "tarif réduit" de 4,90€ par place de cinéma achetée) risque d'être rapidement rédhibitoire, surtout pour les familles nombreuses. Par ailleurs, les jeunes parents ont envie de retrouver le chemin des salles bien avant que leur précieuse progéniture n'atteigne l'âge de trois ans... On attend donc avec impatience "mon bébé MK2" qui accueillerait les enfants dès la naissance et permettrait aux nouveaux parents de ne pas se couper totalement de toute vie culturelle (voire d'une vie tout court).

L’instant Court : Coming out, avec Dave

Posté par kristofy, le 31 mars 2013

Comme à Ecran Noir on aime vous faire partager nos découvertes, alors après Que fabriques-tu Sophie Letourneur ?, une discussion avec la réalisatrice de Les Coquillettes, voici l’instant Court n° 107.

La famille du cœur est à l’honneur cette semaine avec la belle surprise de Stories we tell de Sarah Polley, et aussi la comédie Une chanson pour ma mère (avec une idée proche du film Le grand rôle de Steve Suissa) avec le chanteur Dave. Celui-ci n’hésite pas à malmener son image, il avait par ailleurs déjà joué son propre rôle dans L'Esprit de famille de Jean-Pierre Lang. Il est aussi devenu animateur de diverses émissions de télévision.

Le groupe Les Fatals Picards continue de faire des chansons joyeusement foutraques (ils sont d’ailleurs passé par l’Eurovision, comme Dave). Pour le clip de l’une d’elles ont été réunies deux personnalités d’émission de télé-crochet, dont justement Dave dans un rôle étonnant : le chanteur qui ne cache pas partager la vie d’un homme joue ici à contre-emploi un père de famille plutôt homophobe...

Voici donc Coming out, un clip de Julien Bloch pour Les Fatals Picards avec déjà Dave qui fait l'acteur. Cette chanson date de 2011, soit un an avant l'élection présidentielle et bien avant les diverses manifestations à propos du mariage pour tous…

Crédit photo : image modifiée, d’après un extrait de Coming out

La bouche de Jean-Pierre de Lucile Hadzihalilovic enfin en DVD

Posté par MpM, le 30 mars 2013

la bouche de jean-pierre dvdEn 1996, Lucile Hadzihalilovic achève son moyen métrage La bouche de Jean-Pierre après bien des difficultés financières. Quelques semaines plus tard, le film est présenté à Cannes, en section Un certain regard. Salué de toute part, il bénéficie d'une sortie en salles l'année suivante, reçoit le prix "très spécial" et devient surtout une référence pour toute une génération de cinéphiles et de jeunes cinéastes.

Aujourd'hui encore, on peut comprendre pourquoi cette œuvre intrigante et déroutante aux choix esthétiques affirmés (avec Gaspard Noé à la direction artistique, cela n'étonnera personne) a tant marqué les esprits. La bouche de Jean-Pierre se veut en effet un film "d'horreur sociale" où le climat anxiogène et menaçant prend le pas sur l'intrigue. A travers le regard de la petite héroïne, on découvre un monde oppressant où, sous des dehors souriants et polis, se côtoient la xénophobie, la malveillance et la médiocrité les plus communes.

Isolée dans cet univers très rapidement hostile (où chaque chose a une place, sauf elle), Mimi doit subir les manies et autres lubies de sa tante et de son petit ami. La petite fille, trop jeune pour se rebeller franchement, et sans nulle part où se réfugier, est comme prise dans un piège paradoxal, menacée par ceux-là mêmes qui prétendent la protéger.

Malgré le sujet presque naturaliste, le film a des accents fantastiques, renforcés par une mise en scène elliptique qui mêle gros plans très découpés et séquences à la limite de la fantasmagorie. Une maîtrise formelle et scénaristique qui annonçait dès 1996 les films à l'univers très personnel réalisés depuis par Lucile Hadzihalilovic et Gaspard Noé. Et qui donne aujourd'hui au film un relief supplémentaire.

Par chance, grâce à Badlands, tout jeune éditeur indépendant, La bouche de Jean-Pierre existe depuis peu en DVD, permettant à ceux qui ne le connaissent pas de le découvrir, et aux autres de le revoir dans une version de qualité. Badlands, qui se décline également sous la forme d'une société de production audiovisuelle dont les membres sont issus du webzine 1kult, a en effet bien fait les choses en proposant un DVD complet, supervisé par la réalisatrice elle-même, et comportant plusieurs bonus de nature à ravir les fans.

En plus du film, restauré à partir des éléments négatifs originaux, on trouve ainsi Les souvenirs de Jean-Pierre, qui réunit une partie de l'équipe du film plus de quinze ans après le tournage, Les amis de Jean-Pierre, documentaire passionnant sur l'influence qu'a eu La bouche de Jean-Pierre sur le travail de réalisateurs comme Christophe Gans, Nicolas Boukhrief ou Fabrice du Welz, le court métrage Good boys use condoms de Lucile Hadzihalilovic et un livret contenant le scénario original.

Un (bel) objet à recommander d'urgence à tous les amateurs de cinéma singulier et intelligent.